Vous n’êtes certainement pas sans savoir que l’année 2025 s’est terminée sur un revirement de situation sans pareil pour l’industrie du cinéma. En pleine crise et à l’approche d’une scission de Warner Bros et Discovery Global, le géant du divertissement a fini par étudier les nombreuses offres de ses rivaux, pour finalement jeter son dévolu sur Netflix. Le N rouge a gagné la guerre des enchères, et cette décision n’a pas tardé à enflammer l’industrie du cinéma, et plus largement toute l’industrie culturelle.
Outre-Atlantique, la sénatrice démocrate Elizatbeth Warren avançait alors le risque que cette fusion puisse créer “un géant des médias contrôlant près de la moitié du marché du streaming, menaçant d’imposer aux Américains des abonnements plus chers et un choix plus restreint quant à ce qu’ils regardent et comment, tout en mettant en danger les travailleurs américains”.
Toutefois, la présence quasi exclusivement dématérialisée de Netflix (à l’exception de rares projections exclusives) inquiétait également les exploitants de cinémas. Malheureusement, les dernières informations partagées par le média américain Deadline ne font que renforcer ces craintes.
Deux petites semaines et puis s’en vont
Des sources internes ont confié à Deadline que Netflix envisage une diffusion exclusive de 17 jours dans les cinémas avant que les films ne soient accessibles via son catalogue en streaming. Avec une période aussi courte, il n’y a nul doute que la majorité des abonnés préféreront attendre la sortie sur Netflix plutôt que de dépenser pour une sortie ciné en plus d’un abonnement qui ne cesse déjà d’augmenter. Les chaînes de cinéma américaines ont déjà exprimé leur réticence face à cette éventuelle décision, avançant qu’une fenêtre de 45 jours est un minimum pour maintenir leur activité dans un état stable.
Sauf qu’une fois le rachat acté, personne ne pourra empêcher Netflix de prendre cette décision. Aux États-Unis, aucune loi de chronologie des médias ne régit la durée minimale avant la sortie en streaming ou en digital d’un long-métrage suite à sa diffusion en salles. En 2025, les films diffusés entre janvier et avril sont arrivés sur des plateformes en moyenne 30 jours après leur passage au cinéma.
Cela ne représente que 15 moins de moins que la recommandation des exploitants, alors que se passera-t-il lorsque Netflix instaurera son nouveau standard de 17 jours ? Si tous les conglomérats médiatiques finissent par suivre, le cinéma finira par couler. Notons toutefois que rien n’est encore joué, puisque le rachat de Warner Bros par Netflix doit passer par de nombreuses étapes avant d’être validé, et les réticences du gouvernement américain ne semblent pas en faveur d’une acceptation. Affaire à suivre donc.
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