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Moya, le nouveau robot chinois légèrement dérangeant

Entre des robots qui laissent tomber des assiettes et des androïdes incapables d’ouvrir un frigo sans réfléchir pendant dix minutes, la robotique humanoïde n’a pas toujours brillé par son naturel. La start-up DroidUp pense avoir trouvé une autre voie avec Moya, un robot à l’apparence résolument humaine, conçu moins pour impressionner par sa force que pour instaurer un vrai face-à-face avec les humains. Quitte à mettre légèrement mal à l’aise.

Moya a été dévoilée à Zhangjiang Robotics Valley, un quartier de Shanghai devenu l’un des centres chinois de la robotique. DroidUp, également connue sous le nom Zhuoyide, y a présenté ce qu’elle décrit comme « un robot bionique expressif et élégamment conçu », censé rompre avec l’image froide et métallique des humanoïdes classiques. Une promesse rapidement devenue virale, vidéos à l’appui.

Un robot qui soigne son apparence

Ce qui frappe d’abord chez Moya, c’est son look. Là où beaucoup de robots humanoïdes arborent une esthétique industrielle ou vaguement cartoonesque, celui-ci joue la carte du réalisme assumé. Sa tête est hautement modulaire, personnalisable selon différents traits et même selon le genre. La version féminine mise en avant lors des démonstrations se veut « élégante et amicale », tandis qu’un modèle masculin, encore discret, évoquerait une « force posée ».

Sous la peau, DroidUp pousse le mimétisme assez loin. Moya est dotée d’une structure interne imitant muscles, tissus adipeux et même une cage thoracique. Sa peau est souple, et surtout… chaude. Mais vraiment : le robot maintient une température corporelle comprise entre 32 et 36 °C, un détail pensé pour rendre les interactions plus naturelles. « Un robot qui sert réellement la vie humaine doit être chaleureux, presque comme un être vivant », résume Li Qingdu, fondateur de DroidUp.

Côté gabarit, Moya mesure environ 1,68 mètre pour un poids d’un peu plus de 30 kilos. Sa démarche est annoncée comme « humaine à 92 % ». Les 8 % manquants restent visibles avec une démarche encore un peu rigide, mais DroidUp relativise : l’essentiel ne se joue pas dans la façon de marcher, mais dans la manière de communiquer.

C’est là que Moya entend marquer des points. Grâce à une caméra dissimulée derrière ses yeux et à des modèles d’intelligence artificielle dédiés, l’humanoïde est capable de soutenir le regard, de sourire, d’acquiescer et de produire de fines micro-expressions faciales. Des réactions subtiles que les humains perçoivent instinctivement, et qui donnent à l’interaction un air étonnamment fluide, enfin, si on se sent d’humeur charitable.

Sans surprise, ce réalisme provoque aussi des réactions pour le moins partagées. Sur les réseaux sociaux chinois, certains saluent une prouesse technique impressionnante, quand d’autres confessent un certain malaise. Comparaisons avec des androïdes de Westworld, blagues sur un « fantôme qui marche » ou des commentaires nettement plus nerveux ont fleuri. La fameuse « vallée de l’étrange » n’est jamais bien loin. Pour le grand public, la question est vite réglée : Moya n’est pas vraiment un achat d’impulsion. Son prix tournerait autour de 173.000 $, et les premières destinations devraient être des établissements spécialisés plutôt que des salons particuliers.

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Source : New Atlas

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