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L’impression 3D permet de fabriquer des missiles plus vite et moins cher, et ça plaît beaucoup à Trump

Cette entreprise américaine fabrique des missiles en 71 jours grâce à l’impression 3D, et le Pentagone adore ça

Fabriquer des armes plus vite et moins cher que tout le monde, c’est la nouvelle vocation de cette entreprise américaine. Il y a dix ans, Divergent était une petite entreprise de la banlieue de Los Angeles connue des amateurs d’automobiles. À l’époque, la marque s’était faite connaître en fabriquant l’hypercar hybride Czinger 21C, un bolide de course imprimé en 3D. Depuis, elle a – littéralement – changé son fusil d’épaule, en devenant l’un des fournisseurs d’armement les plus courtisés du Pentagone. Dans un contexte géopolitique où les États-Unis viennent de déclarer une guerre à l’Iran, le timing ne pouvait pas être mieux choisi.

De la voiture au missile, il n’y a qu’un boîtier d’impression 3D

L’entreprise fondée en 2014 par Lukas Czinger a opéré un pivot stratégique à partir de 2022, élargissant progressivement son activité aux avions, aux drones et aux structures de missiles. Le point commun entre ces domaines et la voiture de sport qui a fait sa renommée : l’impression 3D couche par couche, par dépôt de filament. Cette technologie lui permet non seulement de produire des pièces complexes, mais surtout de le faire à une vitesse que l’industrie traditionnelle ne pourrait jamais égaler.

Plus concrètement, Divergent est capable de livrer un missile de croisière en 71 jours. Pour un coût oscillant entre 184 000 et 460 000€. À titre de comparaison, un missile standard coûte en moyenne 5,52 millions d’euros, pour un délais plus de dix fois supérieur. Une rupture totale avec le modèle traditionnel de l’armement, qui repose sur des contrats à long terme, des chaînes d’approvisionnement complexes et des coûts élevés.

La prouesse ne repose pas uniquement sur l’impression 3D. C’est la combinaison de la fabrication additive et de l’IA dans la conception des pièces qui permet d’optimiser chaque composant pour réduire le poids, améliorer les performances structurelles et minimiser les rebuts. General Atomics, géant américain de la défense et fabricant des drones militaires MQ-9 Reaper, s’est déjà positionné comme client, afin d’accélérer sa propre chaîne de production.

Un “Arsenal de liberté”

Le Pentagone semble déjà avoir adoubé l’entreprise, puisque Divergent figure désormais parmi les sociétés qualifiées d’Arsenal de la liberté, une référence directe aux efforts industriels américains de la Seconde Guerre mondiale. La comparaison est flatteuse, et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s’y est investi personnellement lors d’une visite officielle à l’usine californienne. Il a décrit Divergent comme une ressource indispensable, en indiquant que le succès ou l’échec de l’entreprise conditionnerait directement celui des soldats américains sur le front. De quoi faire exploser la cote du fabricant. En septembre 2025, Divergent annonçait que son chiffre d’affaires avait été multiplié par cinq. Après des années de guerre en Ukraine qui ont révélé l’épuisement des stocks occidentaux, l’idée d’une production rapide, modulaire et peu coûteuse fait figure de réponse industrielle directe à une vulnérabilité stratégique bien identifiée.

Il restera à voir si ce modèle tient la distance à l’échelle. L’impression 3D en fabrication de défense n’est pas une nouveauté absolue : des pièces non critiques sont produites sur ce modèle depuis plusieurs années. Mais s’y risquer sur des composants aussi sensibles qu’une structure de missile, c’est un autre défi. Le Pentagone semble avoir décidé que le jeu en valait la chandelle. La question est de savoir si Divergent sera toujours à la hauteur quand les commandes se compteront en centaines plutôt qu’en dizaines.

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