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Décollage réussi pour Artemis II, premier vol lunaire habité depuis 50 ans (vidéo)

Plus de 50 ans d’attente, mais nous y voilà enfin : Artemis 2 redonne enfin à l’humanité le goût du grand large. Le décollage du SLS (Space Launch System) s’est déroulé comme prévu, et l’équipage est en direction de la Lune !

Après un mois de février quelque peu mouvementé, ponctué de divers problèmes techniques, la NASA avait été obligée de reporter Artemis 2. Ce n’est désormais plus qu’un mauvais souvenir, puisque le SLS a bien décollé du pas de tir 39B du centre spatial Kennedy. Le lancement a eu lieu alors que le Soleil se couchait en Floride ; il était donc 00 h 35 très précisément chez nous lorsque le SLS a propulsé les quatre astronautes hors de l’orbite terrestre.

Le lanceur super-lourd a craché ses 3 900 tonnes de poussée, arrachant la capsule Orion du sol dans un déluge de flammes et de poussière. Une scène épique pour quiconque porte dans son cœur tout ce qui touche à l’espace, et l’aboutissement d’une attente interminable, supplantée par l’éclat des propulseurs. Si vous avez manqué le décollage, voici l’essentiel à retenir.

Artemis II : rendez-vous avec la face cachée de la Lune

À bord d’Orion se trouvent quatre astronautes, partis pour une durée de 10 jours : le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover, et les spécialistes de mission Christina Koch et Jeremy Hansen (le premier Canadien à s’éloigner autant de la Terre). Ce quatuor de pionniers se prépare pour le point d’orgue du voyage, fixé au 6 avril 2026.

Ce jour-là, ils survoleront la face cachée de la Lune, plus de 50 ans après les missions Apollo, à une distance comprise entre 6 400 et 9 700 km, la distance exacte dépendant encore des derniers ajustements de trajectoire opérés par les ingénieurs de la NASA. Jamais des êtres humains ne se seront aventurés aussi loin de la Terre, plus loin que n’importe quelle mission habitée depuis le programme Apollo à la fin des années 1960‑1970.

En attendant, ils ne chômeront pas, car leur planning sera très chargé. Durant les premières 24 heures de vol, l’équipage restera en orbite terrestre haute pour une phase cruciale de vérification des systèmes de proximité (Proximity Operations). Après séparation de l’étage supérieur ICPS, les astronautes effectueront une série de manœuvres de précision, pilotant manuellement la capsule pour s’en approcher, s’en éloigner et tester son comportement en conditions réelles.

Un test vital : il doit prouver que l’équipage peut manoeuvrer Orion avec une grande précision en cas de défaillance des systèmes automatiques lors des futures missions vers la station Gateway ou le module lunaire de SpaceX.

Parallèlement, à l’intérieur même de la capsule, ils devront également surveiller de près le système ECLSS (Environmental Control and Life Support System). Ce dispositif de contrôle environnemental et de support de vie doit recycler l’oxygène et l’eau pour quatre personnes en circuit quasi fermé. C’est son baptême du feu et les astronautes effecturont aussi des relevés pour s’assurer que les filtres et les blindages d’Orion atténuent efficacement l’exposition aux radiations.

Le 11 avril, Orion bouclera son périple après avoir utilisé la Lune comme une fronde. Au lieu de freiner pour s’arrêter en orbite lunaire, Orion profitera de la force gravitationnelle de la Lune pour faire demi-tour. En frôlant notre satellite, la capsule est « aspirée » par son champ de gravité, puis catapultée vers la Terre. Une trajectoire dite de « retour libre », un gage de sécurité qui garantit à l’équipage de retrouver le plancher des vaches, même en cas d’avarie mécanique.

Artemis 2 (2)
Une vue nette du SLS, lors de l’allumage, flanqués des deux tours paratonnerres principales du pas de tir LC-39B. © NASA

La rentrée atmosphérique : ça va secouer !

Après huit jours passés en apesanteur, Orion devra affronter l’étape la plus périlleuse de son voyage : son retour. Après s’être séparée du module de service européen (ESM), la capsule frappera les couches denses de l’atmosphère terrestre à une vitesse de 40 000 km/h. À cette allure, le frottement de l’air est tel qu’un plasma brûlant l’enveloppera, et son bouclier thermique devra alors encaisser des températures avoisinant les 2 800° C.

Pendant ces minutes critiques, les communications avec l’extérieur seront impossibles ou fortement perturbées par le plasma. L’équipage subira d’intenses vibrations et une accélération phénoménale allant jusqu’à 6 ou 7 G ; un rappel particulièrement violent de la gravité terrestre après dix jours de légèreté absolue.

Si le bouclier remplit son rôle, une série de parachutes se déploiera pour stabiliser et freiner la chute d’Orion jusqu’à une vitesse d’amerrissage de 30 km/h dans l’océan Pacifique, au large de San Diego.

Orion
© NASA

La NASA a pensé aux spatiophiles et a ouvert un portail interactif dédié où il est possible de suivre en direct le voyage des quatre atronautes. Vous pouvez voir la capsule en 3D, sa trajectoire et toutes les données télémétriques : vitesse, distance par rapport à la Lune ou à la Terre et temps écoulé depuis le décollage (voir ci-dessus). Profitez de cet outil pour vivre l’odyssée au plus près, même si l’interface rame un peu, on ne va pas s’en plaindre. Bonne chance à nos quatre astronautes, la Terre entière vous attend pour célébrer votre retour dans neuf jours !

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