La musique de jeu vidéo méritait un écrin à la hauteur de son importance culturelle. C’est désormais chose faite avec l’exposition Video Games & Music, ouverte depuis aujourd’hui au Musée de la musique de la Philharmonie de Paris. L’exposition ne se visite pas de façon linéaire : elle se déploie comme un monde ouvert, avec des chemins détournés à débusquer, des easter eggs planqués un peu partout, et une scénographie découpée en cinq « biomes » aux ambiances radicalement différentes. Les dunes infinies, la métropole nocturne, la canopée tropicale, le volcan électrique : chaque zone a son identité visuelle et sonore propre.
Plutôt que de coller le visiteur dans un couloir chronologique, l’expo lui fait confiance pour explorer, bifurquer, revenir sur ses pas. Les codes du jeu vidéo sont respectés jusque dans la conception de l’espace.
Un parcours qui joue le jeu
C’est là que l’expo brille le plus. Pas question de rester derrière des vitres à contempler des reliques. Ici, tout a été fait pour qu’on puisse mettre les mains dans le cambouis. Vingt-neuf jeux jouables sont disséminés sur tout le parcours, et le système de rotation est bien pensé, avec des timers qui permettent à tout le monde de participer sans bloquer une borne pendant vingt minutes.
Guitar Hero est évidemment de la partie. Mais la pièce maîtresse côté interactivité un peu délirante, c’est sans doute la GameBoy géante, une version monumentale sur laquelle on peut jouer à Tetris.
Les grandes licences sont là, de Mario à Zelda en passant par Sonic, mais les jeux indépendants qui ont marqué l’histoire par leurs bandes-son ont aussi leur place. Journey, Furi, Clair Obscur Expedition 33… L’expo ne snobe pas la scène indé, et leur apport à l’histoire de la musique dans le JV.
Koji Kondo et les autres enfin reconnus à leur juste valeur

Le fond du propos est aussi réussi que la forme. Video Games & Music assume pleinement son postulat. La musique de jeu vidéo est un pan majeur du patrimoine culturel contemporain, et ses compositeurs méritent d’être célébrés au même titre que n’importe quel grand nom de la musique classique ou du jazz.
Koji Kondo, évidemment, est traité avec les honneurs qui lui sont dus. Ses thèmes pour Super Mario Bros. (1985) et The Legend of Zelda (1986) restent parmi les mélodies les plus reconnaissables de l’histoire de la musique. Nobuo Uematsu et sa vision orchestrale de Final Fantasy, Masato Nakamura qui a composé la bande-son de Sonic… L’expo retrace avec soin l’évolution d’un médium qui est passé des bips rudimentaires de Pong à des partitions dignes des plus grandes salles de concert.
La section dédiée aux artworks est particulièrement intéressante pour qui s’intéresse à la création. On y découvre comment les dessins préparatoires guident la musique avant même qu’une note soit écrite, avec notamment les croquis originaux du niveau dédié à la musique de Rayman premier du nom.
Ce qu’il faut savoir avant d’y aller

L’exposition est ouverte du 2 avril au 1er novembre 2026 au Musée de la musique, 221 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e (Métro ligne 5, Porte de Pantin).
C’est ouvert du mardi au jeudi de 12h à 19h, le vendredi de 12h à 21h, samedi et dimanche de 10h à 1 h. Pour les tarifs, on part sur 15 € pour les adultes, 11 € pour les 18-28 ans, 9 € pour les moins de 18 ans, 6 € pour les moins de 12 ans et gratuit pour les moins de 6 ans.
Video Games & Music est l’une des expositions les plus réussies sur le sujet qu’on ait visité. Elle parle aux gamers sans exclure les néophytes, elle fait vivre la musique plutôt que de la muséifier, et elle prouve que la Philharmonie a bien saisi ce qui fait la force de ce médium. Allez-y, et prenez le temps de chercher les passages secrets.
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