Sur le terrain, lutter contre les drones d’attaque de type Shahed ne relève pas seulement de la technologie. C’est aussi une question de budget. Aujourd’hui, la France utilise notamment des missiles MICA pour neutraliser ces appareils. Mais le calcul est loin d’être idéal : un missile coûte 700.000 euros, contre 70.000 euros pour un drone Shahed… Autrement dit, chaque interception revient dix fois plus cher que la menace elle-même. Une situation difficile à tenir sur la durée et pour le budget.
La guerre des coûts
C’est précisément là qu’Egide veut intervenir. Fondée en septembre dernier par deux anciens de MBDA, Simon Calonne et Florian Audigier, la jeune pousse développe un intercepteur baptisé Arges. L’idée est simple : proposer une solution plus abordable, capable de rééquilibrer la balance. Selon les premières estimations, Arges pourrait être produit entre 50.000 et 60.000 euros à partir de 2027. Et le coût pourrait encore baisser si la production monte en cadence. De quoi, enfin, rapprocher le prix de la riposte de celui de l’attaque.
Les investisseurs ont visiblement été convaincus. Egide a bouclé une première levée de fonds de huit millions d’euros auprès de fonds européens comme Eurazeo, Heartcore Capital et Expeditions. Un signal important pour une entreprise qui n’a que quelques mois d’existence. Et tout va très vite. Le premier modèle, Arges — un nom inspiré d’un cyclope de la mythologie grecque — repose sur une propulsion électrique et combine de l’intelligence artificielle embarquée et au sol.
Le système doit être capable de détecter, suivre et neutraliser un drone de manière autonome ou semi-autonome. Une première série de dix unités doit être produite d’ici la fin de l’année. Ces prototypes seront testés en conditions quasi réelles dans le cadre d’un exercice piloté par l’Agence de l’innovation de défense. « On va pouvoir tester la performance complète du système », explique Simon Calonne à La Tribune.
En parallèle, la startup prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre une vingtaine de salariés d’ici la fin de l’année. Une montée en puissance rapide, à l’image des besoins. Si les essais sont concluants, Egide espère décrocher un contrat avec l’État français pour lancer une production à grande échelle. Et si Paris tarde à se positionner, l’entreprise regarde déjà du côté de l’Europe. La suite est déjà dans les cartons : une nouvelle levée de fonds est envisagée à l’horizon 2027, avec un objectif allant jusqu’à 50 millions d’euros. L’idée est de financer un site de production industrielle en Europe, idéalement en France.
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