Tout va très vite pour Anthropic, peut-être même un peu trop. Portée par l’engouement autour de ses outils de programmation IA, la société engrange des revenus annualisés se montant à 19 milliards de dollars si on prend en compte les deux premiers mois de l’année. Une progression impressionnante, qui lui permet de se rapprocher d’OpenAI. Le moteur de cette bonne fortune est bien identifié : les développeurs et les entreprises adoptent massivement les produits Claude pour gagner du temps sur le code. Résultat, la demande explose, mas les capacités ont du mal à suivre.
Une popularité qui dépasse les capacités
Car derrière les bons chiffres, la mécanique commence à grincer. Les serveurs ne suivent pas toujours, et la disponibilité des services s’en ressent. Pour éviter la saturation, Anthropic a même dû limiter l’accès à certains utilisateurs de Claude Code pendant les heures de pointe. Une décision difficile à faire passer. Des développeurs ont exprimé leur mécontentement, surtout dans un contexte où la concurrence, elle, en profite pour dérouler le tapis rouge. OpenAI a ainsi rapidement annoncé un doublement temporaire des limites d’usage de son outil concurrent.
En coulisses, Anthropic est bien consciente du problème. Dans un billet publié un peu trop tôt sur le blog de l’entreprise (et retiré depuis), l’entreprise reconnaît que son futur modèle pas encore annoncé, Claude Mythos, est « très coûteux à exploiter » — et donc potentiellement cher pour les clients. Le cœur du sujet reste le même : faire tourner ces modèles nécessite énormément de puissance de calcul. Et pour répondre à la demande, il faut louer des serveurs supplémentaires, souvent à prix élevé.
Jusqu’ici, Anthropic avait choisi une approche mesurée, avec des accords passés notamment avec Google, Microsoft et Nvidia. L’entreprise a aussi lancé un partenariat avec Fluidstack pour construire ses propres centres de données aux États-Unis. Son patron, Dario Amodei, parle d’un « cône d’incertitude » : trop investir trop tôt peut coûter très cher, mais ne pas investir assez expose à des pénuries. Aujourd’hui, il semble que la balance ait penché du mauvais côté.
La conséquence est simple : les coûts liés aux serveurs pèsent déjà sur les marges. Et cela tombe mal, alors que l’entreprise se prépare à une possible introduction en Bourse dans les prochains mois. Des renforts pourraient arriver. Google serait en discussion pour financer un centre de données de plusieurs milliards de dollars destiné à Anthropic. Mais il faudra patienter : cette nouvelle capacité ne devrait pas être disponible avant la fin de l’année.
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