Moscou intensifie sa lutte contre les VPN depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Fin mars, le ministre russe du Numérique Maksut Shadayev a annoncé une nouvelle initiative qui visait à réduire l’usage des VPN, sans pour autant préciser les modalités concrètes de cette offensive. L’annonce avait été diffusée via Max qui est l’application officielle russe censée centraliser la vie numérique des citoyens sous l’œil du Kremlin.
WhatsApp et Telegram ont été de facto exclus du réseau national russe en février, les coupures d’internet mobile se sont multipliées à Moscou et plus de 400 VPN auraient déjà été bloqués à la mi-janvier selon le journal Kommersant. Le Kremlin justifie ces mesures par des impératifs de sécurité, notamment face aux attaques de drones ukrainiens et par le non-respect de la législation par certaines plateformes étrangères.
Dans ce contexte, Apple a également cédé aux pressions de Moscou en supprimant de son App Store russe les dernières applications VPN encore disponibles dont Streisand, V2Box ou encore Happ Proxy Utility. Les grands éditeurs de VPN comme NordVPN ou ExpressVPN ont eux aussi déjà été retirées dès 2024. Pour les locaux qui ont déjà installé ces applications sur leur smartphone, elles restent les plus efficaces pour contourner la censure locale.
Un contrôle qui se retourne contre lui-même
Malgré cette pression croissante du gouvernement, l’efficacité de la politique resterait partielle selon nos confrères de Reuters. C’est un véritable jeu du chat et de la souris qui s’est installé : chaque service bloqué est rapidement remplacé et de nombreux jeunes Russes changent quotidiennement de VPN pour maintenir leur accès à un internet non filtré. Selon Bloomberg, ce sont près de 50 millions d’utilisateurs qui continuent d’accéder à Telegram chaque jour via ces outils.
Pire encore, la dernière offensive a provoqué des effets collatéraux inattendus : Bloomberg affirme que des applications bancaires ont été sérieusement perturbées, probablement en raison d’une surcharge des systèmes de filtrage de l’autorité de régulation des communications. Ces dispositifs ont été conçus pour bloquer le trafic indésirable mais il auraient fini par désorganiser une partie des infrastructures numériques du pays.
Le fondateur de Telegram et fervent opposant à la censure russe (et aux lois française), Pavel Durov, a dénoncé une stratégie contre-productive et affirme que cette crise bancaire temporaire a contraint les Russes à se rabattre sur l’argent liquide, les paiements numériques étant devenus inopérants. Les autorités russes n’ont pas commenté l’incident mais certains experts alertent sur un risque réel pour la stabilité globale du réseau.
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