À 0 h 59 (heure de Paris) dans la nuit de jeudi à vendredi, un astéroïde de 16 mètres de diamètre est passé à 250 000 kilomètres de la Terre, soit environ 65 % de la distance qui nous sépare de la Lune. Avec un tel gabarit, il est classé parmi les petits astéroïdes selon l’Agence spatiale européenne (ESA), équivalent plus ou moins à la taille d’une belle maison. Son nom de code : 2026 GD. Découvert le 6 avril, c’est un visiteur suprise, et bien que cela ne soit pas nécessairement rassurant sur notre capacité à anticiper ce genre d’évènement, dans ce cas précis, il n’y avait pas de quoi sonner l’alerte générale.
Quelques heures plus tard, à 02 h 12 du matin, l’astéroïde s’est approché de manière plus serrée de la Lune, à seulement 163 750 kilomètres de sa surface. Là encore, aucun danger pour notre satellite naturel, ou pour les quatre membres d’équipage de la mission Artemis II, sur le point d’effectuer leur rentrée atmosphérique dans quelques heures. S’il ne représente aucune menace, pourquoi garde-t-on un œil sur lui et sur sa trajectoire ?
Un astéroïde innocent, trop petit pour s’affoler, mais trop proche pour être ignoré
Oui, 2026 GD figure bien sur la NEO Risk List de l’Agence spatiale européenne ; un un catalogue recensant les objets géocroiseurs dont la probabilité d’impact avec la Terre n’est pas strictement nulle. Si le nom peut faire peur elle est simplement une liste de surveillance qui sert à opérer un tri statistique pour projeter les risques d’impacts sur le long terme.
En l’occurrence, la probabilité d’impact entre 2026 GD et notre planète était extrêmement faible, puisque, selon les estimations de l’ESA elle a été estimée à 1 sur 124 378. Et encore, uniquement lors de ses futurs passages qui auront lieu entre 2082 et 2124 : un calcul de probabilités cumulatives, sur plusieurs passages simulées.
Effectivement, cet astéroïde reviendra nous faire petit un coucou après le frôlement de cette nuit, car il poursuit une orbite elliptique de 644 jours qui l’emmène au-delà de Mars avant de le ramener vers le Soleil. C’est pour cela qu’il croise périodiquement le voisinage de la Terre : il est prisonnier de la gravité solaire, qui le force à boucler la même orbite. Sa prochaine rencontre notable ne sera d’ailleurs même pas avec nous : ce sera Vénus, en juillet 2031, et il frôlera d’encore plus loin (environ 9,6 millions de kilomètres).
Néanmoins, les astéroîdes comme 2026 GD, même s’il en existe une quantité invraisemblable, sont toujours dignes d’intérêt pour différentes raisons. Premièrement, parce que les détections tardives comme celle-ci permet de tester la réactivité de nos protocoles d’alerte mondiale. Dans une moindre mesure, ils sont également un excellent moyen de valider nos modèles de prédiction orbitale en comparant la position réelle de l’astéroïde avec les éphémérides initiales issues des premières données d’observation. Dès qu’un objet de ce type passe dans notre voisinage, il enrichit les bases de données dont dépendront, un jour, l’efficacité de la défense planétaire si un astéroïde un peu plus menaçant venait à venir titiller de trop près notre orbite. En attendant le prochain, nous avons d’autres sujets sur lesquels vraiment nous inquiéter ici-bas, qui ne concernent en rien les astéroïdes.
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