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Capturer un astéroïde avec un sac géant : une idée folle pas si bête

Une entreprise californienne veut attraper un astéroïde comme on cueille un fruit… puis le ramener près de la Terre. Derrière cette idée un peu folle, TransAstra veut poser les bases d’une industrie spatiale capable de produire directement en orbite.

L’image est simple : un vaisseau spatial, un gros sac, et un astéroïde à enfermer à l’intérieur. C’est, en substance, le concept imaginé par TransAstra pour sa mission « New Moon ». La start-up basée à Los Angeles assure avoir déjà trouvé un client prêt à financer une étude de faisabilité. L’idée est d’aller chercher un petit astéroïde proche de la Terre, d’une vingtaine de mètres de diamètre, à peu près la taille d’une maison, et d’environ 100 tonnes.

Attraper un astéroïde au filet

Une fois sur place, un engin robotisé déploierait un sac gonflable pour envelopper l’astéroïde, avant de le remorquer vers une zone stable, située à bonne distance de la Terre. Derrière ce scénario digne d’un film de Michael Bay, l’entreprise voit surtout une opportunité industrielle. « Nous imaginons en faire une base pour la recherche robotique et le développement de procédés de transformation des matériaux », explique le CEO Joel Sercel.

Plutôt que fabriquer des équipements sur Terre et les envoyer dans l’espace, pourquoi ne pas utiliser directement les ressources disponibles là-haut ? TransAstra estime qu’il existe environ 250 astéroïdes accessibles dans les dix prochaines années avec des engins réutilisables. L’entreprise envisage même d’en accumuler plusieurs dizaines, puis des centaines, dans une sorte de centre de traitement situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

Ces cailloux spatiaux ne sont pas que des curiosités : certaines contiennent de l’eau, d’autres des métaux exploitables pour fabriquer des structures ou des panneaux solaires. Le cœur du projet repose sur une technologie assez littérale : le « capture bag ». Un sac gonflable, conçu avec des matériaux comme le Kapton, capable d’encercler un astéroïde.

Cela peut prêter à sourire, mais les premiers tests sont déjà là. En septembre dernier, un prototype d’un mètre a été envoyé vers la Station spatiale internationale. Il a été déployé dans le vide, puis refermé sans encombre. Si tout se déroule comme prévu, un premier rendez-vous avec un astéroïde pourrait avoir lieu dès 2028 ou 2029. Il faut encore choisir le vaisseau spatial, qui sera fourni par un partenaire externe.

Le projet tranche avec ce qui existe aujourd’hui. En 2023, la mission OSIRIS-REx de la NASA a rapporté sur Terre… 121 grammes d’échantillons de l’astéroïde Bennu, pour un coût supérieur à un milliard de dollars. TransAstra vise beaucoup plus grand (et moins cher) : rapatrier un objet entier, pour un budget estimé à quelques centaines de millions de dollars.

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