Il y a deux ans, Disney injectait 1,5 milliard de dollars dans Epic Games avec la promesse de construire ensemble un univers gaming et divertissement capable de réunir Marvel, Star Wars, Pixar, Avatar et tout le catalogue Disney sous un même toit. Un projet titanesque, vendu comme une sorte de Disneyland virtuel nouvelle génération. Depuis, le silence à propos de ce projet est plutôt assourdissant hormis quelques feats sur Fortnite. Un rapport que Bloomberg a publié est cependant venu tout déballer, et pas forcément de la meilleure des façons pour Epic.
Un extraction shooter Disney pour novembre 2026
Le premier jeu concret issu de ce partenariat serait donc un extraction shooter à la Arc Raiders. Selon Bloomberg, qui cite quatre employés actuels et anciens d’Epic, le titre mettrait en scène des personnages Disney qui combattent des ennemis avant d’atteindre un point d’extraction, classique donc. Une sortie en novembre 2026 serait visée. Autant dire que si l’on a pour l’instant rien vu du jeu et qu’en plus, cette date correspond à l’arrivée du mastodonte GTA 6, cela semble bien irréaliste.
Sur le papier, le pitch est intrigant. Epic a déjà les accords avec toutes les grandes franchises Disney, ce qui laisse imaginer un roster potentiellement énorme. Sauf que Bloomberg douche un peu l’enthousiasme qu’on pourrait avoir sur le sujet. Des testeurs internes auraient fait remonter que les mécaniques de jeu ne sont « pas très originales ». Ce jeu serait pourtant le plus avancé des trois en développement dans le cadre du deal Disney, ce qui en dit long sur l’état des deux autres.
Le deuxième projet aurait reçu des retours internes mitigés, et des ressources auraient été retirées du troisième après que Disney aurait exprimé sa déception face au rythme de développement global. Des employés travaillant sur ces projets auraient confié à Bloomberg leur inquiétude face à un calendrier jugé « irréaliste », et pointent une tendance chez Epic à sortir des jeux avant qu’ils soient vraiment prêts, citant Ballistic, le mode Counter-Strike-like de Fortnite, comme exemple récent d’un projet qui aurait mérité plus de temps.
Epic se défend, mais ne nie pas grand-chose
Face à ces révélations, Epic n’a pas vraiment sorti l’artillerie lourde. Liz Markman, directrice des communications globales du studio, a répondu que le rapport Bloomberg n’était « pas représentatif des ambitions de la collaboration », avant d’ajouter qu’Epic construit « un nouvel univers de jeux et de divertissement autour de Disney ». Elle a également précisé que les équipes sont réparties selon les priorités de sortie, avec des groupes plus réduits qui travaillent sur des prototypes en parallèle.
Disney de son côté a simplement indiqué rester « concentré sur sa collaboration à long terme avec Epic ». Deux démentis de façade, en somme, qui ne contredisent aucun des faits avancés par Bloomberg. Le jeu existe, les tensions existent, le calendrier serré existe.
Ce n’est pas la première fois qu’Epic doit gérer ce genre de situation. En août 2025, le Wall Street Journal avait déjà sorti un article similaire, affirmant que des cadres d’Epic étaient frustrés par la lenteur des validations côté Disney. À l’époque, Tim Sweeney était monté au créneau sur X pour qualifier la citation anonyme de « conneries » et affirmer que la collaboration avançait « dix fois plus vite que la vitesse habituelle des deals entre entreprises ». Pour le moment, le CEO d’Epic est resté silencieux sur le rapport de Bloomberg.
Et si Disney rachetait carrément Epic ?
C’est la rumeur qui circule en parallèle, et elle a de quoi surprendre. Fin mars 2026, le journaliste Alex Heath de The Verge affirmait savoir « avec certitude » que des cadres supérieurs de Disney souhaitent racheter Epic Games, et qu’ils attendent simplement le bon moment. Il précisait toutefois dans la foulée que d’autres personnes proches du sommet de l’entreprise pensent que c’est une mauvaise idée. Pas un deal en cours, donc, mais un vrai débat interne chez Disney.
La logique derrière cette rumeur tient la route. Disney a déjà 1,5 milliard dans la boîte, une dépendance croissante à Unreal Engine pour ses productions film et série et un intérêt stratégique évident à contrôler l’une des plateformes gaming les plus influentes de la planète. Racheter Epic, ce serait mettre la main sur Fortnite, l’Unreal Engine et l’Epic Games Store d’un coup.
Sauf qu’il y a un obstacle de taille en la personne de Tim Sweeney. Epic n’est pas cotée en bourse, et son fondateur détient l’intégralité des droits de vote. Autrement dit, aucune acquisition ne peut se faire sans son accord explicite. Or Sweeney a bâti toute son identité publique autour de l’indépendance d’Epic face aux grandes plateformes. Vendre à Disney serait une contradiction totale avec ce positionnement.
Pour résumer la situation actuelle, on a ici un partenariat sous tension, un premier jeu qui suscite autant de curiosité que de doutes et une rumeur de rachat qui dit beaucoup sur la façon dont Disney perçoit désormais le gaming. à voir maintenant si la date de novembre 2026 nous livrera plus de détail sur le sujet.
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