Pour Mia Heller, l’histoire débute dans sa ville de Warrenton, en Virginie. Adolescente, elle lit dans le journal local que l’eau distribuée dans son quartier contient des PFAS et des microplastiques. Cerise sur le gâteau : aucune aide publique n’est prévue pour financer des systèmes de filtration. « C’était aux habitants de se débrouiller », résume-t-elle.
Du garage familial à un prototype prometteur
Ses parents investissent alors dans un système de filtration performant. Efficace, certes, mais exigeant : les membranes doivent être remplacées régulièrement, ce qui représente du temps et de l’argent. À force de voir sa mère s’occuper de l’entretien, Mia Heller se pose une question simple : est-il possible de filtrer l’eau autrement ?
Mia Heller commence sérieusement à travailler sur son projet durant l’été 2025. Après plusieurs mois d’essais dans sa cuisine et son garage, elle obtient un premier prototype fonctionnel. Son approche se distingue des filtres traditionnels. Au lieu d’utiliser une membrane, elle s’appuie sur un ferrofluide, une huile magnétique capable de se fixer aux particules de microplastiques. Une fois cette liaison réalisée, un champ magnétique attire l’ensemble et sépare les contaminants de l’eau.
Les premiers résultats sont encourageants, mais un problème demeure : le ferrofluide doit être régulièrement remplacé. Pour rendre le système réellement pratique, il faut parvenir à le récupérer automatiquement. Après plusieurs versions successives — cinq selon ses estimations — la jeune inventrice trouve enfin la bonne formule.
Son prototype actuel tient dans un volume comparable à celui d’un sac de farine. Il comprend trois modules : un réservoir d’eau contaminée, un compartiment contenant le ferrofluide et une chambre de séparation magnétique où se déroule l’essentiel du travail. Le ferrofluide est ensuite récupéré puis réutilisé dans une boucle fermée.
Pour vérifier les performances de son système, Mia Heller développe également son propre capteur de turbidité afin de mesurer précisément la quantité de particules présentes dans l’eau. Les résultats sont plus qu’honorables : selon ses essais, le dispositif élimine 95,52 % des microplastiques et récupère 87,15 % du ferrofluide utilisé. À titre de comparaison, les installations classiques de traitement de l’eau retirent généralement entre 70 % et un peu plus de 90 % des microplastiques.
« Le résultat est un système de filtration abordable, produisant peu de déchets et ne nécessitant pas de membrane solide », explique-t-elle. Avant de songer à la commercialisation, la jeune inventrice veut surtout faire valider ses résultats par des laboratoires indépendants. Une étape raisonnable. Après tout, il n’est pas fréquent qu’une idée née entre une cuisine et un garage affiche déjà des performances capables d’attirer l’attention de scientifiques professionnels.
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