Depuis le 1er janvier 2026, 297 communes de l’Isère sont concernées par des restrictions sur les appareils de chauffage au bois les plus polluants, en application d’un arrêté préfectoral du 21 juillet 2023 lié au plan de protection de l’atmosphère de Grenoble. Le département n’est plus seul : l’agglomération lyonnaise est passée à l’interdiction totale des foyers ouverts en avril, et les 95 communes de la métropole de Lille suivront. Il ne s’agit pourtant pas d’une interdiction nationale du chauffage au bois, et seuls les appareils les plus polluants sont visés.
Ce qui change en Isère depuis le 1er janvier 2026
Les 297 communes se répartissent en deux groupes qui n’ont pas les mêmes règles. Dans les 123 communes de Grenoble Alpes Métropole, du Pays Voironnais et du Grésivaudan, les foyers ouverts sont interdits depuis octobre 2024. Depuis le 1er janvier 2026, les poêles et inserts installés avant 2002 le sont aussi. Les 174 autres communes dépendent de cinq intercommunalités, dont Bièvre Est, le Trièves et les Vals du Dauphiné (liste complète plus bas). Pour elles, c’est l’interdiction des foyers ouverts qui est entrée en vigueur à cette date. Les appareils fermés d’avant 2002 y suivront entre 2026 et 2030 selon les communes.
Une exception existe : un foyer ouvert équipé d’un dispositif dont le fabricant garantit au moins 45 % de rendement et des rejets plafonnés reste autorisé, et installer un insert dans la cheminée permet aussi de se mettre en règle.
Le choix de l’Isère s’explique par la qualité de l’air. Selon Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, le chauffage au bois représente près de 70 % des émissions annuelles de particules fines PM2,5 du département. Un foyer ouvert ne dépasse pas 10 à 15 % de rendement, contre 70 à 80 % pour un appareil fermé moderne.
Lyon et Lille prennent le relais
La Métropole de Lyon interdit les foyers ouverts depuis avril 2023 et la vallée de l’Arve depuis janvier 2022. L’interdiction s’étend depuis le 1er avril 2026 à toutes les communes du plan de protection de l’atmosphère de l’agglomération lyonnaise, soit 166 communes réparties entre le Rhône, l’Isère et l’Ain. Les appareils d’avant 2002 y seront visés en 2028.
Plus au nord, la préfecture a annoncé que les cheminées à foyer ouvert ne pourront plus servir à partir du 1er novembre 2026 dans les 95 communes de la métropole européenne de Lille, en chauffage principal comme d’appoint. Les poêles, les inserts et les foyers fermés ne sont pas concernés. La préfecture rappelle que près de 70 % des émissions de particules fines PM2,5 de la métropole viennent de la combustion du bois pour le chauffage.
Sanctions : des montants qui varient selon les sources
Utiliser un appareil interdit expose à une sanction pour violation de l’arrêté préfectoral, mais les montants avancés diffèrent. Plusieurs guides citent 135 euros, avec jusqu’à 450 euros en cas de récidive, tandis que 1 500 euros sont évoqués pour la métropole lilloise. Faute de texte officiel clair sur ce point dans les sources que nous avons consultées, mieux vaut interroger sa préfecture ou sa mairie.
Des aides pour remplacer son appareil
Les collectivités isèroises proposent une Prime Air Bois, cofinancée par l’ADEME, pour remplacer un ancien appareil par un modèle labellisé Flamme Verte 7 étoiles ou équivalent. Selon l’ADEME, elle atteint 1 600 ou 2 000 euros à Grenoble Alpes Métropole selon les ressources du foyer. Elle monte à 1 600 ou 2 400 euros dans le Grésivaudan, contre 800 euros annoncés fin 2025, et à 1 100 ou 1 500 euros dans le Pays Voironnais. Dans le Trièves, le dispositif Prim’Poêle va de 500 à 2 000 euros, et la prime est cumulable sous conditions avec MaPrimeRénov’.
La métropole de Lille propose aussi une aide au remplacement, dont le montant (jusqu’à 2 500 euros selon un installateur) reste à confirmer auprès de ses services.
Pas d’interdiction nationale, pas de rupture totale
Le chauffage au bois n’est pas interdit en France : ces mesures reposent sur des arrêtés préfectoraux pris dans les zones couvertes par un plan de protection de l’atmosphère, et visent d’abord les foyers ouverts puis les vieux appareils. La norme européenne Ecodesign attendue en 2027 ne concernera, selon l’UFC-Que Choisir, que les appareils neufs et non les installations existantes. Les modèles récents labellisés Flamme Verte restent donc utilisables.
Les communes de l’Isère concernées par l’interdiction des foyers ouverts
Voici les communes visées depuis le 1er janvier 2026, par intercommunalité.
Bièvre Est : Apprieu, Beaucroissant, Bévenais, Bizonnes, Burcin, Châbons, Colombe, Eydoche, Flachères, Le Grand-Lemps, Izeaux, Oyeu, Renage, Saint-Didier-de-Bizonnes.
Bièvre Isère Communauté : Artas, Beaufort, Beauvoir-de-Marc, Bossieu, Bressieux, Brézins, Brion, Champier, Châtenay, Châtonnay, La Côte-Saint-André, Culin, Faramans, La Forteresse, La Frette, Gillonnay, Lentiol, Lieudieu, Longechenal, Marcilloles, Marcollin, Marnans, Meyrieu-les-Etangs, Montfalcon, Le Mottier, Ornacieux-Balbins, Pajay, Penol, Plan, Porte de Bonnevaux, Royas, Roybon, Saint-Agnin-sur-Bion, Saint-Clair-sur-Galaure, Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Saint-Geoirs, Saint-Hilaire-de-la-Côte, Saint-Jean-de-Bournay, Saint-Michel-de-Saint-Geoirs, Saint-Paul-d’Izeaux, Saint-Pierre-de-Bressieux, Saint-Siméon-de-Bressieux, Sainte-Anne-sur-Gervonde, Sardieu, Savas-Mépin, Sillans, Thodure, Tramolé, Villeneuve-de-Marc, Viriville.
Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté : L’Albenc, Auberives-en-Royans, Beaulieu, Beauvoir-en-Royans, Bessins, Chantesse, Chasselay, Châtelus, Chatte, Chevrières, Choranche, Cognin-les-Gorges, Cras, Izeron, Malleval-en-Vercors, Montagne, Montaud, Morette, Murinais, Notre-Dame-de-l’Osier, Poliénas, Pont-en-Royans, Presles, Quincieu, Rencurel, La Rivière, Rovon, Saint-André-en-Royans, Saint-Antoine-l’Abbaye, Saint-Appolinard, Saint-Bonnet-de-Chavagne, Saint-Gervais, Saint-Hilaire-du-Rosier, Saint-Just-de-Claix, Saint-Lattier, Saint-Marcellin, Saint-Pierre-de-Chérennes, Saint-Quentin-sur-Isère, Saint-Romans, Saint-Sauveur, Saint-Vérand, Serre-Nerpol, La Sône, Têche, Varacieux, Vatilieu, Vinay.
Trièves : Avignonet, Château-Bernard, Châtel-en-Trièves, Chichilianne, Clelles, Cornillon-en-Trièves, Gresse-en-Vercors, Lalley, Lavars, Mens, Monestier-de-Clermont, Le Monestier-du-Percy, Le Percy, Prébois, Roissard, Saint-Andéol, Saint-Baudille-et-Pipet, Saint-Guillaume, Saint-Jean-d’Hérans, Saint-Martin-de-Clelles, Saint-Martin-de-la-Cluze, Saint-Maurice-en-Trièves, Saint-Michel-les-Portes, Saint-Paul-lès-Monestier, Sinard, Treffort, Tréminis.
Vals du Dauphiné : Les Abrets-en-Dauphiné, Aoste, La Bâtie-Montgascon, Belmont, Biol, Blandin, Cessieu, La Chapelle-de-la-Tour, Chélieu, Chimilin, Doissin, Dolomieu, Faverges-de-la-Tour, Granieu, Montagnieu, Montrevel, Le Passage, Le Pont-de-Beauvoisin, Pressins, Rochetoirin, Romagnieu, Saint-Albin-de-Vaulserre, Saint-André-le-Gaz, Saint-Clair-de-la-Tour, Saint-Didier-de-la-Tour, Saint-Jean-d’Avelanne, Saint-Jean-de-Soudain, Saint-Martin-de-Vaulserre, Saint-Ondras, Saint-Victor-de-Cessieu, Sainte-Blandine, Torchefelon, La Tour-du-Pin, Val de Virieu, Valencogne.
Un hiver test pour ces interdictions
Cet hiver sera le premier où ces règles s’appliquent de bout en bout en Isère et dans l’agglomération lyonnaise, et le premier à Lille pour les foyers ouverts. Reste à voir comment elles seront contrôlées, et si les aides suffiront pour les ménages qui n’ont que le bois pour se chauffer, un point sensible dans les territoires ruraux.