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La mémoire se fait de plus en plus rare, et ça ne va pas s’arranger

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Micron et Samsung préviennent : la pénurie de mémoire ne va pas se régler tout de suite. L’IA et les serveurs absorbent une part croissante de la production, ce qui laisse moins de place pour les PC, smartphones, consoles et autres appareils du quotidien.

La mémoire (RAM et SSD) va rester sous pression pendant encore un bon moment. Cette semaine, Micron et Samsung ont tous deux expliqué que la demande restait beaucoup trop forte par rapport aux capacités disponibles. Sanjay Mehrotra, le patron de Micron, s’attend à ce que les besoins dépassent l’offre du groupe pendant au moins les deux prochaines années.

L’IA coupe la file

Micron ne parle pas ici de barrettes de RAM vendues aux particuliers : l’entreprise a arrêté ce marché avec sa marque Crucial. Le cœur du sujet, ce sont les ventes aux entreprises, notamment la mémoire HBM utilisée pour l’intelligence artificielle, ainsi que la DRAM destinée aux serveurs. Mais les particuliers ne sont pas épargnés pour autant. Quand les usines donnent la priorité aux composants pour l’IA et les centres de données, il reste moins de mémoire pour les appareils grand public.

« L’environnement offre-demande ne fait que se resserrer », a résumé Sanjay Mehrotra. Micron prévoit bien d’ouvrir de nouvelles salles blanches en 2028 pour fabriquer davantage de mémoire. Mais il ne faut pas s’attendre à un bouton magique. Une usine ne sort pas immédiatement des volumes massifs de puces une fois les portes ouvertes. La production monte progressivement, et les nouvelles générations de mémoire HBM compliquent encore le calendrier.

Le groupe indique déjà que 75 % de sa production mémoire prévue pour 2027 est attribuée. En clair, une bonne partie de ce qui sortira des lignes dans deux ans a déjà trouvé preneur. Et pour la HBM, Micron discute surtout de 2028, avec des prix 2027 annoncés comme bien plus élevés que ceux de 2026.

Samsung fait le même constat. Kim Taewoo, vice-président exécutif du groupe, a indiqué que la HBM devrait représenter près de 30 % de la capacité des fabricants de DRAM en 2027, contre 20 % cette année. Cette montée en puissance laisse forcément moins de place à la mémoire utilisée dans les appareils grand public.

Pour Micron, il est difficile de dire quand l’offre finira par rattraper la demande. Les modèles d’IA deviennent plus gros, les contextes s’allongent, les usages simultanés se multiplient et les agents s’installent peu à peu dans les entreprises comme chez les particuliers. Tout cela réclame davantage de mémoire, et surtout une mémoire plus rapide.

Les consommateurs et leurs portefeuilles souffrent déjà énormément de cette pénurie. Les PC coûtent plus cher, parfois avec moins de RAM qu’avant. Les fabricants ajustent les configurations, les prix remontent, et tout coûte plus cher : les smartphones, les boîtiers de streaming et les consoles de jeu.

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