Rien qu’en 2025, Amazon dénombrait 720 milliards de pages lues sur Kindle. Dans un monde saturé de notifications, la lecture se porte bien. Tellement bien, que le géant du web a décidé de la facturer plus cher.
Un Kindle qui joue les objets de luxe
Amazon a dévoilé ce jeudi 1er octobre une gamme Kindle entièrement repensée : le Kindle de base, le Kindle Paperwhite et le Kindle Colorsoft, chacun décliné en version standard et en version haut de gamme. Le fil rouge de cette nouvelle génération tient en une disparition discrète : le flush-front, petit rebord surélevé qui encadrait l’écran de toutes les liseuses de la marque depuis des années disparaît. La dalle affleure désormais la façade pour un rendu beaucoup plus haut de gamme.
Pour y parvenir, Amazon a revu l’empilement des couches de l’écran (affichage, éclairage frontal et dalle tactile), en inversant leur ordre d’assemblage. Le constructeur présente cette architecture comme une première sur le marché des liseuses, avec un résultat plus fin, plus léger, qui permet surtout de mettre en valeur les nouveaux coloris de l’appareil : violet « Ube », bleu « Alpine Sky », vert « Seaglass », graphite et violet « Figue ».
Un nouveau Kindle plus compact
Le Kindle de 6 pouces devient le plus compact jamais produit par la marque. Il embarque 16 Go de stockage, promet jusqu’à six semaines d’autonomie et une ouverture des livres 30 % plus rapide que la génération précédente. Grande nouveauté, il se décline pour la première fois avec un dos en aluminium (recyclé à 80 %) et 32 Go de stockage. Amazon assume d’ailleurs la cible : une finition premium à laquelle les jeunes lecteurs seraient habitués sur smartphone.
Le Paperwhite s’affine à son tour, reste étanche, conserve son éclairage chaud réglable et annonce jusqu’à 12 semaines d’autonomie. Amazon parle du plus grand écran de Paperwhite jamais conçu, avec le meilleur taux de contraste de sa lignée grâce à une nouvelle électronique de pilotage. La version Signature ajoute elle aussi un châssis en aluminium, 32 Go, un éclairage qui s’ajuste seul, la recharge sur socle et le double tapotement pour tourner les pages. La déclinaison Colorsoft, enfin, revoit son éclairage avec des LED au nitrure et des micro-déflecteurs censés uniformiser la lumière, un point souvent reproché à la première génération.
45 € de plus pour le modèle abordable
En France, cette nouvelle génération de Kindle démarrera à 154,99 € avec publicités sur l’écran de veille, et 174,99 € sans. La version aluminium grimpe à 194,99 €. Le Paperwhite passe à 209,99 € (229,99 € sans publicités), sa version Signature à 259,99 €. Le Colorsoft s’affiche à 299,99 €, et 329,99 € en Signature.
Mis bout à bout, le constat est sans appel. Le Kindle d’entrée de gamme coûte 45 € de plus que le modèle 2024 à son lancement (109,99 €). Le Paperwhite prend 40 € par rapport aux 169,99 € de la génération précédente. Le Colorsoft gagne 30 € face aux 269,99 € demandés pour la version 16 Go sortie en 2025. La liseuse « accessible » franchit donc la barre des 150 €. Un moyen sans doute à peine masqué pour l’entreprise, d’écouler les stocks de ses anciens modèles, en attendant le remplacement complet de son catalogue. Avec les Prime Big Deal Days programmés les 6 et 7 octobre, la tentation de faire l’impasse sur la nouveauté risque d’être forte.
La batterie remplaçable, cadeau de Bruxelles
Une nouveauté passe presque inaperçue dans la communication d’Amazon, alors qu’elle pèse directement sur la durée de vie des appareils. Tous les nouveaux Kindle disposent désormais d’une batterie remplaçable par l’utilisateur. Le communiqué américain n’en fait pas un argument, et pour cause : ce choix découle de la législation européenne. Le règlement sur les batteries adopté par l’Union impose que les batteries des appareils portables puissent être retirées et remplacées par leurs propriétaires à partir de février 2027. Amazon a simplement pris les devants.

Pour une liseuse, l’enjeu est loin d’être anecdotique. Ces appareils vivent longtemps, souvent bien plus qu’un smartphone, et c’est généralement la batterie qui lâche la première. Amazon vient d’ailleurs de rappeler les limites de cette longévité : depuis le 20 mai 2026, les Kindle sortis en 2012 ou avant ne peuvent plus accéder à la boutique ni télécharger de nouveaux livres.
Le nouveau Kindle de base est disponible dès maintenant en France. Le Paperwhite et le Colorsoft sont proposés en précommande, avec des expéditions attendues vers la fin octobre. Pour Amazon, le pari est clair : faire du Kindle un produit haut de gamme qu’on montre sur les réseaux sociaux, et plus seulement un outil qu’on utilise. Un sacré argument, là om la concurrence a plutôt fait le choix de l’utilitarisme.