Ne dites plus Paramount Skydance et Warner Bros, dites simplement Skydance Media. Maintenant que la fusion entre les deux géants du divertissement est actée, que les derniers barrages ont sauté, David Ellison célèbre le début d’une nouvelle ère pour l’industrie culturelle. Dès le 6 octobre prochain, les deux studios historiques fusionneront tous leurs actifs pour devenir Skydance Media, un conglomérat capable de rivaliser avec les plus grands, Disney en premier lieu.
Sur X, le nouveau patron d’Harry Potter, Frodon et Superman se réjouit. “Ce qui était autrefois le sommet n’est plus aujourd’hui que le début. Paramount et Warner Bros ont façonné plus d’un siècle de culture. En les combinant, nous ne réécrivons pas l’histoire, nous équipons ces studios emblématiques d’un moteur puissant. Ensemble, nous sommes Skydance : un foyer créatif en priorité pour un récit audacieux et de qualité”.
La fin d’une longue saga ?
La concrétisation de ce rapprochement marque la fin d’une longue bataille menée par David Ellison pour s’emparer de Warner Bros et ses licences emblématiques. Après avoir tenu tête à Netflix, qui avait obtenu la préférence de David Zaslav en décembre 2025, le chef d’entreprise a dû se confronter aux régulateurs américains et mondiaux. Il lui fallait montrer patte blanche, surtout lors du procès anti-trust initié par 12 États. Les deux parties sont parvenues à un accord le 30 septembre dernier, laissant à Paramount Skydance tout le loisir de gober son ancienne rivale.
Des gros poissons dans les filets de Paramount
Si Paramount Pictures pouvait déjà se réjouir d’avoir de belles propriétés intellectuelles dans sa manche, de Transformers à Star Trek en passant Mission : Impossible, le rachat de Warner Bros lui offre quantité de monstres de cinéma et de télévision à exploiter. Elles sont d’ailleurs au cœur de la vidéo accompagnant la révélation du nouveau nom de l’entreprise.
Avec ce rachat, Paramount met la main sur Le Seigneur des anneaux, Harry Potter mais aussi le DCU de James Gunn. Du côté du petit écran, Paramount s’offre le mastodonte du streaming par abonnement HBO Max. D’ailleurs, David Ellison veut à terme fusionner les deux services de streaming pour rivaliser avec les actuels géants : Netflix et Disney+. Une stratégie qui ne devrait en revanche pas entrainer un effacement d’une marque au profit d’une autre. Dans sa note d’intention, l’homme d’affaires explique :
“Nous respecterons ce qui fait la singularité de Paramount et Warner Bros : donner aux deux studios l’opportunité de se développer, de raconter davantage d’histoires captivantes, de les faire découvrir à un public encore plus large à travers le monde, grâce à la puissance et aux capacités de Skydance”.
Les inquiétudes demeurent
Des déclarations qui pourraient ne pas suffire à convaincre les nombreux détracteurs de cette fusion. De nombreux acteurs et actrices avaient signé une tribune en avril, s’inquiétant de l’impact que la transaction pourrait avoir sur l’industrie cinématographique déjà fragilisée. À titre d’exemple, la fusion de Disney et la Fox avait conduit à la suppression de 3000 à 4000 postes. Gerry Cardinale, membre du conseil d’administration de Paramount, a promis aux investisseurs 6 milliards de dollars d’économies. Il a néanmoins ajouté que la majeure partie de ces coûts ne serait pas liée à la masse salariale.
Se pose aussi la question du nombre de projets financés par ce nouveau conglomérat, même si Paramount Skydance assure vouloir proposer entre 30 et 32 films par année, contre 8 à 12 par studio à l’heure actuelle. L’histoire de Skydance Media commence à s’écrire, et la fusion n’a sans doute pas fini de faire couler de l’encre.