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Renault a 10 milliards d’euros à investir en France, mais il y a un « si »

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Renault prévoit d’investir plus de 10 milliards d’euros en France au cours des cinq prochaines années, notamment pour développer ses voitures électriques et les rendre plus abordables. Une belle enveloppe, assortie toutefois d’un gros « si » : le constructeur veut un contexte politique et social suffisamment stable.

Renault est prêt à remettre quelques milliards dans la machine française. Invité de France Inter ce week-end, François Provost a annoncé que le constructeur comptait investir plus de 10 milliards d’euros dans l’Hexagone au cours des cinq prochaines années.

Renault va produire beaucoup plus en France

L’argent servira principalement à poursuivre l’électrification de la gamme, mais aussi à faire baisser le prix des voitures. « Ces cinq dernières années, on a investi 13 milliards d’euros en France pour transformer entièrement notre outil industriel, pour miser sur l’électrique », rappelle le directeur général. Pour la suite, Renault est prêt à investir plus de 10 milliards d’euros, « si le contexte social et politique en France le permet ».

Ce « si » a son importance. En juillet, François Provost évoquait encore 13 milliards d’euros supplémentaires investis « à moyen terme », dans le cadre du plan futuREady. Les périodes concernées ne sont pas nécessairement identiques, mais le patron de Renault se montre désormais nettement plus prudent.

En attendant de voir ce que réserve la politique française, les usines du constructeur vont avoir du travail. Renault a produit environ 500.000 voitures en France en 2025 et prévoit une hausse d’au moins 25 % cette année. Cela représente plus de 625.000 véhicules. Cette progression doit beaucoup à la montée en puissance de l’électrique. Le pôle ElectriCity, dans le nord de la France, produit notamment les Renault 5 E-Tech, Mégane E-Tech et Scénic E-Tech, ainsi que l’Alpine A290.

Le constructeur prépare également la suite avec futuREady. Renault prévoit 22 nouveaux modèles en Europe d’ici 2030, dont 16 entièrement électriques, ainsi qu’une nouvelle plateforme 800 volts baptisée RGEV Medium 2.0. La France n’aura cependant pas tout le gâteau : 600 millions d’euros vont également être investis dans les usines espagnoles de Valladolid et Palencia.

Pourquoi tant de précautions ? Parce que la France reste particulièrement importante pour Renault. Elle représente 20 % de son activité et 40 % de ses effectifs. L’État français possède par ailleurs 15 % du constructeur. François Provost se dit donc inquiet de l’instabilité politique, mais aussi de la dette publique et de l’augmentation de son coût de financement. « On a vraiment misé sur la France, et on continue à miser sur la France », assure-t-il.

Renault ne précise toutefois pas ce qui constituerait un contexte politique et social suffisamment favorable pour débloquer ces investissements. Pas plus qu’il ne détaille, pour le moment, où iront exactement ces 10 milliards d’euros. La promesse est donc sur la table, mais avec des conditions en petits caractères.

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