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Coup d’envoi du nouveau leasing social sur les pompes à chaleur : qui y a droit et comment l’obtenir ?

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Sur le papier, le nouveau leasing social se veut très séduisant. Dans le détail, il y a quelques conditions.

Le chauffage est redevenu un sujet qui fâche. Depuis la guerre dans le Golfe, les prix du gaz et du fioul se sont envolés. Il fallait s’y attendre, la facture de gaz repart encore à la hausse au mois d’octobre. Pendant ce temps, l’État s’est fixé un objectif vertigineux : installer un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030. L’an dernier, il s’en est vendu environ 180 000 rapportait le syndicat professionnel Uniclima. Pour combler l’écart, le gouvernement ressort une recette qui a déjà fait ses preuves, et espère qu’elle s’appliquera aussi bien au modèle énergétique.

Après la voiture électrique, la chaudière

Depuis le jeudi 1er octobre, les ménages éligibles peuvent précommander une pompe à chaleur via l’offre intégrée PAC. L’inspiration est assumée : le leasing social automobile a déjà permis de financer 100 000 véhicules électriques depuis 2024, et une troisième saison a ouvert en juillet pour 50 000 nouveaux bénéficiaires. Cette fois, il s’agit plutôt d’équiper les foyers en énergie propre.

Le 30 septembre, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a dévoilé les six consortiums retenus. On y croise CapConfort (Hellio, Homyos, Akéa Énergies, Winter, Alpiq et Cofidis), IZI by EDF associé à Domofinance, Le PAC’TE français (Alterna énergie, Saunier Duval et Cofidis), le duo Octopus x Effy, RÉFLEX (Hello Watt et Engie) et enfin Sonepar, épaulé par Ecair, Ace Énergie et TotalEnergies. Ensemble, ils s’engagent à poser 55 000 pompes à chaleur. Les premières installations sont attendues en novembre, et de nouveaux candidats pourront rejoindre la boucle dès le 1er janvier 2027. Les offres , quant à elles, restent valables pour des contrats signés jusqu’au 31 décembre 2028.

L’idée se veut simple sur le papier : tout est compris. Chaque offre réunit une pompe à chaleur air/eau dimensionnée après une étude du logement, la pose par des professionnels qualifiés, un contrat de maintenance d’au moins trois ans, la gestion des dossiers d’aides et le financement du reste à charge. Les groupements proposent aussi un pilotage intelligent, qui fait tourner l’appareil quand l’électricité coûte le moins cher, et une offre d’électricité à prix fixe pendant trois ans, que le ménage est libre de refuser.

Côté financement, l’État met le paquet. L’aide atteint 9 800 € en moyenne par ménage, pour une enveloppe globale de 540 millions d’euros. Encore faut-il entrer dans les cases. L’offre est réservée aux propriétaires d’une maison individuelle, occupée en résidence principale et chauffée au gaz, au fioul ou au charbon, dont les revenus relèvent des catégories « modestes » ou « très modestes » selon le barème de l’Anah (l’Agence nationale de l’habitat). Concrètement, un foyer de 3 personnes doit afficher un revenu fiscal de référence inférieur à 39 148 € (51 564 € en Île-de-France). Pour une personne seule, cela correspond à environ 1 855 € par mois. Restent sur le carreau les locataires, les habitants d’appartements, les revenus intermédiaires et les maisons déjà chauffées à l’électricité ou au bois.

Un leasing qui n’en est pas vraiment un

Contrairement à la voiture électrique, que l’on loue, le ménage est propriétaire de sa pompe à chaleur dès le premier jour. Le reste à charge est financé par un crédit ou par un éco-prêt à taux zéro. De son côté, le plafond est calculé dans des conditions d’usage et de température dites conventionnelles, avec les prix de l’énergie du jour de la signature ou une moyenne des années passées.

Reste la question de l’échelle. L’installation de 55 000 pompes à chaleur ressemble davantage à un test grandeur nature qu’à une révolution. Face à l’objectif d’un million d’installations par an, le dispositif fait figure de banc d’essai, dont le succès dépendra autant de la confiance des ménages que de la capacité des installateurs à suivre la cadence.

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