Il aura fallu 15 ans. Depuis la toute première Kindle Fire en 2011, les tablettes d’Amazon tournaient sous Fire OS, une version d’Android tellement remaniée qu’elle en avait perdu son Google Play Store. Pas de Gmail, pas d’application YouTube officielle, une boutique maison franchement limitée et des utilisateurs très moyennement convaincus. En 2026, Amazon change de cap, et revoit ses ambitions à la hausse.
Amazon cède au Play Store
Le géant américain a dévoilé aujourd’hui une gamme entièrement repensée, qui abandonne au passage le nom Fire. Au programme : une Alexa Tablet 12 Pro haut de gamme, une Alexa Tablet 11 et une Alexa Tablet 8, ces deux dernières étant aussi déclinées en version enfant. Au programme : un design premium, une expérience Android complète avec accès au Google Play Store, et une intégration native d’Alexa+, la version maison de son assistant dopé à l’IA générative.
La vitrine de cette nouvelle ère, c’est l’Alexa Tablet 12 Pro. Son écran de 12 pouces en définition 2,8K adopte un format 3:2, plus haut que le 16:9 habituel, qui offre environ 20 % de surface d’affichage en plus. Un choix clairement pensé pour le travail (documents, navigation, prise de notes), avec quatre haut-parleurs Dolby Atmos pour assurer les visioconférences improvisées. La dalle grimpe à 120 Hz, dans un châssis monocoque en aluminium aux tranches droites de 6,5 mm d’épaisseur.
Petite surprise, il ne s’agit pas d’un écran OLED mais d’un LCD. Un choix qu’Amazon assume ouvertement, affirmant une meilleure compatibilité avec son revêtement Nanomatte, proposé en option. Malgré une dalle mate, Amazon promet des noirs plus denses, une vraie sensation de stylo sur papier et 82 % du contraste conservé dans une pièce lumineuse, pour une luminosité correcte de 500 nits.
Sous le capot, Amazon a misé sur une puce MediaTek gravée en 4 nm, épaulée par jusqu’à 16 Go de RAM LPDDR5X et 128 ou 256 Go de stockage. Rien de révolutionnaire, mais de quoi faire tourner confortablement le multitâche et les jeux gourmands. La tablette gère aussi plusieurs bureaux virtuels (pratique pour séparer vie pro et vie perso) et accueille deux accessoires vendus séparément : un clavier détachable pleine taille avec pavé tactile, et un stylet qui revendique 4 096 niveaux de pression couplé à une recharge sans fil.
Amazon le reconnaît lui-même : cette tablette se veut un complément à l’ordinateur portable plutôt qu’un remplaçant. Comptez tout de même 499,99 € pour la version 128 Go à écran brillant, 559,99 € avec Nanomatte et 669,99 € en 256 Go. Ajoutez le clavier (139 €) et le stylet (84,99 €), et l’on atteint 723,98 € pour la configuration d’entrée, près de 894 € pour la plus haut de gamme.
En dessous, les deux autres modèles jouent une partition plus classique. L’Alexa Tablet 11 embarque un écran de 11 pouces en 2,5K (276 pixels par pouce), au format 16:10 plus adapté à la vidéo, rafraîchi à 90 Hz. Elle s’appuie sur un processeur huit cœurs et 8 Go de RAM, pour 329,99 € en 64 Go et 379,99 € en 128 Go. L’Alexa Tablet 8 mise sur la compacité avec un écran de 8,7 pouces dans un châssis tout aluminium, un processeur huit cœurs et seulement 4 Go de RAM, à partir de 229,99 € (279,99 € en 128 Go).

Alexa voit tout, les parents aussi
Si Amazon a cédé sur le système, il n’a évidemment pas renoncé à son écosystème maison. L’interface reste truffée de ses services, de Prime Video à Kindle en passant par Shopping. L’écran d’accueil intègre un « Dynamic Tab », sorte de widget piloté par Alexa qui fait remonter photos, livres en cours ou suggestions de sorties. Le mode Kindle, lui, coupe les notifications, active un filtre de lumière bleue et propose un rendu façon papier, avec la possibilité d’annoter les marges au stylet. Sur la 12 Pro équipée de Nanomatte, l’idée prend tout son sens.
Aussi, Alexa+ peut désormais comprendre ce qui s’affiche à l’écran, un peu à la manière du Circle to Search de Google : résumer une page web, enregistrer une recette repérée en ligne pour la retrouver ensuite sur un Echo Show, ou recommander un parc pour courir en croisant votre localisation et votre emploi du temps… Un halo bleu signale que l’assistant « regarde » l’écran, toujours avec l’autorisation de l’utilisateur précise Amazon.
Des modèles pour les enfants
Reste le volet familial, historiquement le point fort des tablettes d’Amazon. Les Alexa Kids Tablet 8 et 11 reprennent le matériel des modèles classiques, livrés avec une coque renforcée et une interface dédiée aux enfants. L’achat inclut 12 mois d’Amazon Kids+, l’abonnement maison qui donne accès à des centaines d’applications, de vidéos et de livres adaptés à l’âge, sans publicité ni achats intégrés. Nouveauté majeure, le Play Store est aussi de la partie, mais uniquement sur autorisation parentale : Minecraft, Disney+ ou Google Classroom pourront ainsi être validés au cas par cas.
Le tout se pilote depuis une application Parent, qui permet de gérer plusieurs profils, de fixer des limites quotidiennes différentes pour les jours d’école et les week-ends ou de bloquer certains contenus. Les versions Kids, uniquement en 64 Go, sont vendues au même prix que les modèles standards, soit 229,99 € pour la 8 pouces et 329,99 € pour la 11 pouces.
Les commandes ouvriront cette semaine, pour des livraisons prévues avant la fin du mois d’octobre. Reste à savoir si le public qui achetait une Fire pour son prix dérisoire suivra une gamme qui démarre désormais à 229,99 €.