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Grâce à Claude Code, cet internaute affirme avoir trouvé « une planète dont personne ne soupçonnait l’existence » : l’enquête dans les archives de la NASA qui a secoué Reddit

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Un chercheur indépendant affirme avoir identifié, grâce au puissant agent IA d’Anthropic, une exoplanète candidate dans des données publiques de la NASA. Fait suffisamment rare pour être souligné : la NASA a accepté de lui consacrer un créneau d’observation sur son télescope TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) entre fin octobre et fin novembre pour vérifier si la découverte s’avère réelle.

Le 7 octobre, un certain Pavel Rabtsevich a publié sur Reddit (sur le subreddit r/ClaudeAI), un post au titre accrocheur : « Je pense que j’ai trouvé une planète dont personne ne soupçonnait l’existence. J’ai utilisé Claude Code pour la trouver ». Le post a suscité un engouement débordant de la part de la communauté et au moment de la rédaction de cet article, il a déjà décroché 5 800 likes et plus de 690 commentaires, des chiffres impressionnants pour la plateforme. Le chercheur indépendant, basé à Tarragone en Espagne et sans affiliation universitaire, y détaille comment il a repéré, dans les archives publiques de TESS, le télescope spatial de la NASA dédié à la chasse aux exoplanètes, une étoile dont la luminosité diminuait légèrement à intervalles réguliers.

Un phénomène qui peut trahir le passage d’une planète devant son disque, mais qui peut aussi s’expliquer de dizaines autres manières. C’est pourquoi il a passé les deux semaines suivantes à chercher le moindre faux positif qui pourrait invalider cette hypothèse.

L’astre en question s’appelle TIC 4206066, une étoile naine de type K située à environ 116 années-lumière de la Terre. TESS surveille en continu la luminosité de milliers d’étoiles en balayant le ciel, secteur par secteur, et c’est dans les données du Secteur 98, collectées fin 2025, que Rabtsevich a remarqué que sa luminosité faiblissait. Tous les 3,18 jours, pendant environ deux heures : une périodicité si régulière qu’elle évoque immédiatement un transit, un phénomène qui se produit lorsqu’une planète en orbite s’interpose entre son étoile et notre point d’observation, masquant à chaque passage une infime partie de sa lumière. Rabtsevich est-il vraiment tombé sur un pactole ? Si c’était le cas, ce serait bien la première fois qu’une exoplanète est détectée grâce à l’IA par un amateur passionné d’espace.

Pour celles et ceux qui ne sont pas vraiment familiers avec l’IA, Claude Code est un agent de programmation autonome, devenu le chouchou des développeurs depuis sa sortie, en février 2025. Contrairement à un chatbot classique comme ChatGPT ou Gemini, il peut écrire, exécuter et corriger du code de manière itérative, télécharger des données, lancer des analyses et enchaîner des centaines de scripts sans intervention humaine : ses applications sont virtuellement infinies. Rabtsevich l’a utilisé, en tandem avec Codex d’OpenAI, pour automatiser toutes les étapes de son investigation.

Bannir l’erreur d’interprétation à tout prix : une enquête millémétrée

Si la planète détectée par Rabtsevich existe réellement, elle ferait environ 1,4 fois le rayon de la Terre : une super-Terre vraisemblablement rocheuse, en orbite si serrée autour de son étoile qu’elle en fait le tour en à peine 3,18 jours. Elle recevrait donc 70 fois plus de lumière que la Terre, ce qui porterait sa surface à environ 530 °C.

Voilà pour le portrait de cette exoplanète, mais Rabtsevich, avant de crier victoire trop vite, a essayé de chercher toutes les raisons pour lesquelles elle pourrait ne pas en être une.

Assisté de Claude Code, il a mené 74 analyses distinctes et produit plus de 1 000 scripts pour vérifier méthodiquement toutes les hypothèses alternatives : artefact instrumental, contamination lumineuse d’une étoile voisine, binaire à éclipses en arrière-plan, vérification de la localisation exacte du signal sur les pixels du détecteur de TESS… Il a ratissé 36 catalogues et bases de données astronomiques, ainsi que 340 505 alertes automatiques générées par le logiciel de détection de planètes de TESS, pour vérifier si ce signal lumineux avait déjà été repéré par le passé.

Pour s’assurer que ses propres scripts n’introduisaient pas de biais, il a tout recommencé de zéro : nouveau code, données retéléchargées, 364 valeurs recalculées une par une. Le résultat est resté identique.

Son test le plus solide : comme TESS avait déjà observé cette étoile à trois reprises, en 2018, 2020 et 2025, il s’est servi de ces données comme d’un test de prédiction à l’aveugle. Il a pris les données de deux de ces années, calculé l’orbite supposée de la planète à partir d’elles seules, puis prédit les instants précis où l’étoile devait faiblir dans la troisième, celle qu’il s’interdisait de consulter. Si une planète passe réellement devant cette étoile tous les 3,18 jours, les baisses de luminosité doivent apparaître au bon moment dans les données cachées. Si c’est un artefact, elles n’ont aucune raison de s’y trouver.

Premier essai : il a masqué 2018, déduit l’orbite à partir de 2020 et 2025, et calculé les moments où l’étoile devait s’assombrir en 2018. En dévoilant les données cachées, les baisses de luminosité correspondaient. Il a refait l’exercice en masquant 2020, puis 2025 et a obtenu le même résultat à chaque fois.

Pourquoi ce n’est pas (encore) une planète

Même si le titre racoleur de son post Reddit l’affirmait, Rabtsevich admet : « Rien de tout cela [NDLR : les analyses qu’il a menées jusque-là] ne le confirme encore. Si l’étoile faiblit au bon moment en novembre, les choses deviendront beaucoup plus sérieuses ». On appréciera son honnêteté, puisque comme expliqué précédemment, de nombreux autres phénomènes peuvent être à l’origine du vacillement lumineux de TIC 4206066.

Il a donc soumis une demande formelle à la NASA pour pouvoir braquer TESS sur l’étoile, et elle a été acceptée. Entre le le 31 octobre et le 26 novembre, le télescope enregistrera la luminosité de TIC 4206066 toutes les deux minutes, et pour ne pas être accusé d’avoir changé ses conclusions après coup, Rabtsevich a publié le 6 octobre, un article sur la plateforme Zenodo. Il y a indiqué les instants précis auxquels la luminosité de TIC 4206066 devrait faiblir : malin, le bougre. S’il s’avère qu’il s’agit bien d’une exoplanète, Rabtsevich sera le premier chercheur indépendant de l’histoire à en découvrir une en déléguant l’essentiel du travail à un agent IA. Dans le cas contraire, il n’aura rien perdu d’autre que deux semaines de sommeil et quelques milliers de lignes de code, mais son protocole pourrait bien inspirer d’autres amateurs à se frotter aux mêmes données, voire à pousser les astrophysiciens de carrière à se demander ce qu’ils pourraient accomplir avec les mêmes outils et vingt ans d’expertise en plus.

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