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Pourquoi ces piquets lumineux débarquent sur les routes françaises ?

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Sur les routes françaises, principalement en campagne, de nouvelles installations attirent l’attention : des piquets lumineux, discrets mais nombreux, plantés en bordure des chaussées.

  • Des piquets lumineux apparaissent sur les routes françaises, surtout en milieu rural.
  • Ces installations visent à améliorer la sécurité routière.
  • Ils sont conçus pour être discrets tout en étant visibles aux conducteurs.

De plus en plus répandus, ces piquets innovants visent à résoudre une problématique récurrente et dangereuse pour la sécurité des automobilistes : les collisions entre véhicules et animaux sauvages. En utilisant une technologie simple mais efficace, ces piquets réflecteurs sont en passe de devenir un outil clé pour rendre les routes rurales plus sûres.

Le problème des collisions avec la faune sauvage

En France, les collisions entre véhicules et animaux sauvages sont un problème récurrent. Chaque année, environ 30 000 collisions avec des animaux sauvages sont enregistrées. La majorité est causée par les sangliers, puis par les cerfs et les chevreuils. Ces collisions entraînent en moyenne entre 7 et 11 décès humains et entre 150 et 190 blessés chaque année, et des dommages estimés à plusieurs millions d’euros.

Les accidents surviennent surtout en zones forestières ou rurales, avec une augmentation notable durant la période de chasse où les déplacements des animaux sont plus fréquents. En plus des accidents corporels, plus d’un million d’animaux sauvages sont tués chaque année sur les routes françaises, ce qui a un impact écologique important.

La solution ingénieuse des piquets lumineux

En plus d’être économiques, les piquets lumineux sont particulièrement efficaces. Leur principe est très simple : ils captent la lumière des phares des véhicules qui passent et la font réfléchir vers le bas-côté. Leur lumière réfléchissante, souvent bleue ou blanche, est perçue comme inhabituelle pour les animaux sauvages, ce qui les incite à rester éloignés de la chaussée. Les piquets ont une hauteur d’environ 80 cm à 1 m et sont implantés tous les 20 mètres, afin de former une sorte de barrière lumineuse sur chaque côté de la route lors du passage des véhicules.

D’un point de vue économique, les piquets lumineux représentent une solution très accessible. Leur installation nécessite un investissement limité (environ 15 euros par piquet) comparé aux alternatives coûteuses comme les écoducs ou les clôtures, qui nécessitent des travaux plus conséquents. Pour les piquets lumineux, l’installation est bien plus rapide et la manutention quasi inexistante.

Du point de vue de la sécurité, les piquets sont une solution bénéfique pour les animaux, mais aussi pour les conducteurs. En effet, la présence visible des piquets augmente la vigilance en signalant une zone à risque et incite à la prudence. Les éventuelles collisions avec les piquets sont aussi bénignes à la fois pour les animaux et les voitures. Les piquets sont aussi respectueux de l’environnement, puisqu’ils s’insèrent dans le paysage rural sans impact majeur sur les habitats sauvages et sans pollution visuelle.

Où trouve-t-on ces dispositifs en France ?

Les piquets lumineux sont de plus en plus présents sur nos routes de campagne. Dans la Haute-Vienne, une expérimentation est menée depuis 2024 pour juger de l’efficacité du dispositif sur des tronçons spécifiques. Ces tronçons sont soigneusement choisis en concertation avec les associations de chasseurs, qui sont capables d’identifier avec précision les secteurs les plus empruntés par les animaux.

Le Conseil Départemental de la Drôme expérimente lui aussi l’utilisation des piquets réflecteurs sur plusieurs tronçons du sud du département : entre Valaurie et Allan sur la RD 133 sur environ 2 km, entre Valaurie et Grignan sur la RD 541 sur environ 820 m et entre Donzère et Les Granges-Gontardes sur la RD 541 sur 650 m. Ces tronçons ont été choisis en raison de la fréquence des collisions entre automobilistes et animaux sauvages ces dernières années. Là aussi, le test est effectué en partenariat avec la Fédération départementale des chasseurs.

D’autres tests sont en cours dans plusieurs départements, notamment l’Indre, la Haute-Savoie, la Drôme, la Haute-Garonne ou encore le Maine-et-Loire. Ces zones regroupent des portions de routes rurales et périurbaines identifiées comme accidentogènes du fait du passage fréquent d’animaux sauvages. Dans le Maine-et-Loire, les piquets ont été installés le long de la RD323. Une phase de test va s’étendre sur un an, et d’autres piquets pourraient être installés sur la RD766 en bordure de la forêt domaniale de Chandelais, si les tests sont concluants.

Le dispositif semble efficace

Les tests effectués dans différentes régions françaises montrent des résultats encourageants. Les piquets réfléchissants ont permis de réduire significativement les collisions avec la faune sauvage, avec des diminutions observées pouvant aller de 60% à 90% selon les régions.

Par exemple, dans le Puy-de-Dôme, une baisse de 80% des accidents liés à la faune sauvage a été enregistrée après l’installation des piquets réfléchissants, et certains tronçons accidentogènes n’ont recensé aucun accident après la pose des piquets.

Alors que les tests se poursuivent, leur généralisation pourrait bientôt transformer nos routes rurales et périurbaines et rendre nos déplacements plus sûrs, ainsi que ceux de la faune locale. Un dispositif pas cher, à priori efficace et surtout bénéfique à la fois pour l’homme et pour l’animal.

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