+5,6 % en septembre, +6,3 % en octobre, +6,6 % en novembre. Trois hausses consécutives ont été enregistrées pour le gaz, pile au moment où les radiateurs se rallument. La facture annuelle a grimpé de plusieurs centaines d’euros depuis le début de l’année, et va se répéter en novembre. Le pire, c’est que l’hiver n’a même pas encore commencé.
Ce qui change au 1er novembre
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a confirmé la hausse du prix repère du gaz au 1er novembre. Ce prix de référence, publié chaque mois depuis la fin des tarifs réglementés en juillet 2023, sert de base à de nombreuses offres indexées. Il passe en moyenne de 182,88 à 194,90 € le mégawattheure TTC, soit une augmentation de 6,6 %.
Seule la part « fourniture » bouge : abonnement, frais de réseau et taxes restent identiques. Pour un logement chauffé au gaz, le prix du kilowattheure passe de 0,14557 à 0,15760 € TTC, soit 8,3 % de plus. L’abonnement annuel reste fixé à 360,79 €. Concrètement, la facture annuelle grimpe d’environ 120 € pour une consommation de 10 000 kWh, et d’environ 135 € pour 11 200 kWh. De plus, tout le monde n’est pas concerné. Seuls les contrats indexés sur le prix repère suivent la hausse. Ceux qui ont souscrit une offre à prix fixe sont protégés pendant toute la durée de leur contrat. Fin 2025, ils représentaient environ 40 % des clients résidentiels, selon la CRE.
Le prix fixe, un pari sur l’avenir
C’est là que les forfaits à prix bloqués deviennent les plus intéressants. Selon un relevé de Selectra effectué le 12 octobre, les offres à prix fixe les moins chères du marché permettent d’économiser entre 250 et 260 € par an pour une consommation de 10 000 kWh, et jusqu’à 280 € environ pour 11 200 kWh, par rapport au prix repère de novembre. Parmi elles figurent des offres d’EDF, de Gaz de Bordeaux ou d’Engie, avec un prix bloqué pendant deux à trois ans.
Dans un contexte de plus en plus tendu, on peut se demander comment ces offres arrivent à être moins chères alors que les prix flambent ? Tout tient à la manière dont le gaz se négocie. Le prix repère est calculé à partir du prix du gaz livré cet hiver, la période la plus chère de l’année. Les offres à prix fixe, elles, lissent leur tarif sur deux ou trois ans, en intégrant le gaz qui sera livré en 2027 et 2028. En souscrivant un prix fixe, on paie donc un tarif moyen, plus élevé que les prix attendus en 2028, mais nettement plus bas que ceux de cet hiver.
Changer de fournisseur pour payer moins cher
Bonne nouvelle, changer d’offre est simple et gratuit si celle à laquelle vous avez souscrit ne vous convient plus. Il suffit de prendre contact avec un nouveau fournisseur, qui se charge de résilier l’ancien contrat. Il n’y a ni coupure, ni changement de compteur, ni frais de résiliation. Mieux vaut toutefois ne pas trop traîner. Les tarifs des offres à prix fixe dépendent des marchés de gros et peuvent être revus à tout moment. Le prix retenu pour les offres bloquées est celui du jour de la souscription.