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La NASA dévoile les données scientifiques d’Artemis II : un pactole impressionnant de 996 images et de plus de 800 Go de données

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Avec les images impressionnantes qu’ils ont capturées depuis la capsule Orion, les quatre astronautes de l’équipage d’Artemis II n’ont pas fait le voyage pour rien. Mais ce n’est qu’une petite partie du pactole, que la NASA a mis en accès libre.

En avril dernier, Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote), Christina Koch (spécialiste de mission), tous les trois de la NASA et Jeremy Hansen (spécialiste de mission) de l’Agence spatiale canadienne, bouclaient le premier survol habité de la Lune depuis la fin du programme Apollo en décembre 1972. Un délai de 54 ans s’était écoulé entre Artemis II et Apollo 17, marquant la fin de la plus longue parenthèse de l’histoire des vols habités au-delà de la magnétosphère.

L’émotion du vol retombée, restait l’une des parties les plus précieuses de l’aventure : le traitement scientifique de tout ce que l’équipage avait observé, photographié, annoté et enregistré à bord de la capsule Orion. Si les astronautes nous avaient déjà dévoilé de splendides clichés juste après la mission, ce n’était qu’un amuse-bouche comparativement à ce que la NASA préparait. Il y a un peu plus d’une semaine, le 7 octobre, l’agence américaine a officiellement ouvert les archives scientifiques de la mission en publiant le tout premier lot de données publiques d’Artemis II.

Tenez-vous bien : 996 images inédites, 814 Go de données d’observation et 521 minutes d’enregistrements audio de l’équipage, dont une partie a été compilée dans un rapport préliminaire en accès libre. « C’est désormais au tour de la communauté scientifique de prendre ces données et d’en faire quelque chose d’extraordinaire », a déclaré David Hollibaugh Baker, membre de l’équipe scientifique lunaire d’Artemis II, lors de la conférence de presse du 7 octobre. En toute franchise, même pour le grand public que nous sommes, il est possible d’y perdre quelques heures de notre temps libre tant le spectacle (même virtuel) est unique.

Photo Artemis Ii (1)
Victor Glover (en bas) et Christina Kock (en haut), le regard plongé à travers le hublot de la capsule Orion lors du sixième jour de la mission. © NASA

La Lune comme vous ne l’avez jamais vue

Lors du survol, l’équipage a pu observer cinq éclairs lumineux à la surface de la Lune, produits par des impacts de micrométéorites qui se sont vaporisées en percutant le régolithe. « Mec, c’est pas possible ! », s’est exclamé Reid Wiseman dans les enregistrements audio, que vous pouvez tous télecharger sur cette page dédiée. Jeremy Hansen les a décrits comme de brèves bulles de lumière (des « bloop », pour reprendre ses termes) surgissant à la surface de la Lune avant de s’éteindre en une fraction de seconde.

Bien trop rapides pour qu’un déclencheur d’appareil photo puisse les saisir, ces flashs n’ont pas été photographiés : l’équipage a donc pris soin de les documenter manuellement, en pointant leur position sur une carte lunaire affichée sur tablette et en annotant chaque observation avec l’heure, l’intensité perçue et la durée estimée.

En contact radio avec Houston, Wiseman a immédiatement écarté toute ambiguïté sur l’origine de ces manifestations lumineuses : « Ce n’était pas un reflet solaire sur une particule provenant des propulseurs ou des réservoirs de purge. C’étaient bien des flashs d’impact sur la Lune. » Le Centre de contrôle de lui a immédiatement répondu : « Excellente nouvelle. Je viens de jeter un coup d’œil du côté de la SER [la salle d’évaluation scientifique], et ils étaient vraiment en train de sauter de joie, littéralement. »

Les astronautes ont également été émerveillés par l’incroyable palette de couleurs de la Lune lors de leur survol. Lorsqu’on l’observe depuis la Terre, elle est blanche ou grisâtre, selon les conditions atmosphériques ou la phase de son cycle, mais à 130 km au-dessus de sa surface, c’est un tout autre visage qu’elle leur a montré : du brun, du vert, du bleu, du jaune, du blanc et du noir, une mosaïque de teintes différentes liée à la nature des roches et des minéraux présents en surface (voir photo ci-dessous).

Ariel Deutsch, autre membre de l’équipe scientifique du programme, a pris l’exemple du plateau d’Aristarque, un des nombreux cratères de la face visible de notre satellite. Elle a expliqué que les nuances vertes et jaunâtres observées par l’équipage correspondaient à des vestiges d’activité volcanique issus de plusieurs épisodes volcaniques, étalés sur des centaines de millions d’années.

Photo Artemis Ii (2)
Sur cette capture d’écran d’une tablette de l’équipage (6 avril 2026), les astronautes ont annoté à la main une vue de la face visible de la Lune pour signaler des nuances de couleurs inédites : les teintes brunes révèlent des variations en fer, tandis que les teintes vertes traduisent la présence de verre formé par d’anciennes éruptions volcaniques ou des impacts d’astéroïdes. © NASA

En contournant la Lune, l’équipage a également survolé une portion de la face cachée sous un angle d’éclairage inédit, que les missions Apollo n’avait jamais permis. Les images les plus spectaculaires ont été capturées à la frontière entre la face éclairée et la face plongée dans le noir, lorsque la lumière du Soleil frappe la surface sous un angle extrêmement rasant (voir photo ci-dessous). Une ligne fictive que l’on appelle le « terminateur » où les ombres s’étirent sur des dizaines de kilomètres et font ressortir tous les reliefs de notre satellite.

Koch, en tant qu’astronaute chevronnée, sait évidemment très bien sur le plan théorique que la Lune est couverte de reliefs et de montagnes. Mais cela ne l’a pas empêchée de lâcher : « C’est pas possible. On voit carrément des montagnes. » C’est une chose de s’être plongé pendant de longues années dans des cartes topographiques et des rapports géologiques (parfois barbants à souhait), mais une fois qu’on se retrouve nez à nez avec, on a vite fait d’oublier la théorie.

Photo Artemis Ii (3)
Photo du terminateur, capturée le 6 avril : une scène complètement surréaliste. © NASA

Nous n’allons évidemment pas éplucher en détail le rapport dans son intégralité (ce serait encore plus barbant que d’étudier une carte topographique lunaire), mais si vous voulez plonger vous-même dans les données, il est possible de vous rendre sur la page de vulgarisation du site de la NASA qui le résume. Pour les plus courageux d’entre vous, le rapport est également disponible en version complète sur cette page. Toutefois, lors de nos différentes tentatives de charger le PDF, aucune n’a réussi et elles se sont toutes soldées par le message « impossible de charger le PDF ». Peut-être est-ce un bug passager qui sera résolu dans les heures qui suivent pour que vous puissiez très vite mettre la main sur ce trésor.

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