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Un robot humanoïde accusé d’agression sexuelle sur une adolescente

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À Cologne, la police enquête sur une affaire particulièrement gênante.

Après le succès de Boston Dynamics, le fabricant chinois Unitree est devenu la nouvelle coqueluche des amateurs de robots. Rien qu’en 2025, le fabricant a expédié plus de 5 500 robots humanoïdes à travers le monde. Son modèle le plus accessible, le R1, mesure 1,21 m, pèse 25 kg et se commande désormais chez la plupart des revendeurs en ligne. Sur le papier, le R1 s’adresse aux développeurs et aux laboratoires, mais dans les faits, la machine a trouvé un public bien plus large. Il n’est d’ailleurs plus rare de voir des streamers promener leurs jouets XXL en ville. Pourtant, ce week-end, à Cologne, la mise en scène a franchi une ligne rouge. La police allemande se retrouve désormais avec un dossier qu’elle n’avait jamais vu passer.

Un robot accusé d’agression sexuelle

Les faits remontent à la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre. D’après le communiqué de la police de Cologne, une adolescente de 16 ans se trouvait avec deux amies, âgées de 17 et 18 ans, devant un fast-food, quand un robot humanoïde d’environ 1,20 m, peint en rouge et or façon Iron Man, se serait approché d’elle par-derrière, lui aurait touché les fesses, puis aurait mimé des actes sexuels dans sa direction.

L’enquête n’a pas eu besoin de chercher très loin : le robot appartient à un adolescent de 16 ans originaire de Wegberg, qui aurait filmé la scène avant de la diffuser en direct sur les réseaux sociaux. Les policiers ont retrouvé le duo quelques rues plus loin, alors que le robot dormait dans le coffre d’une Volkswagen, où son propriétaire l’avait rangé. Il a été saisi, tout comme les smartphones des deux suspects.

Pour l’heure, les deux jeunes hommes ne sont pas inculpés mais restent considérés comme suspects, a précisé à l’agence AP Christoph Bermel, porte-parole de la police de Cologne. Il reconnaît au passage que ses services n’avaient jamais eu affaire à ce type d’incident. Car le dossier est épineux : en cas d’agression sexuelle par un robot, qui est considéré comme responsable ?

Côté défense, la ligne est déjà toute trouvée. Dans plusieurs vidéos publiées sur TikTok, le streamer assure que son robot a simplement heurté la jeune fille par accident en essayant de la contourner. Une version qui résiste mal aux images. Selon la Stuttgarter Zeitung, des vidéos plus longues montrent le robot enchaîner des gestes à caractère sexuel juste après la collision. La chaîne publique ZDF relève aussi que ses précédentes sorties, toujours visibles en ligne, le montrent multiplier les mouvements obscènes devant de jeunes femmes.

Reste la question technique, qui conditionne tout le reste : qui pilotait ? La police n’a pas confirmé le modèle, mais la presse allemande évoque un Unitree R1. Le constructeur met en avant l’autonomie de sa machine, ce qui arrange évidemment la défense. Ralf Beck, spécialiste des systèmes de commande et d’automatisation à la Hochschule Düsseldorf, n’y croit pas. Interrogé par ZDF, il estime que ce robot est incapable d’exécuter seul la séquence visible dans la vidéo. Son propriétaire peut lui apprendre des enchaînements de mouvements, explique-t-il, mais leur déclenchement passe normalement par une application ou une télécommande. Autrement dit, quelqu’un a appuyé sur un bouton.

Toucher par robot interposé

C’est là que l’affaire devient intéressante. La police n’enquête pas pour harcèlement sexuel, mais pour « injure à caractère sexuel », une infraction relevant de l’article 185 du Code pénal allemand et passible de deux ans de prison au maximum. Comme le rappelle le site spécialisé All-AI, la Cour fédérale de justice exige en principe, pour caractériser le harcèlement sexuel au sens de l’article 184i, un contact physique direct entre l’auteur et la victime. Un attouchement réalisé par une machine ne cocherait donc pas la case.

Tous les juristes ne partagent pas cette lecture. Pour certains juristes, si le robot a été programmé, il n’est qu’un instrument entre les mains d’un humain. Reste que l’hypothèse d’un robot autonome complique sérieusement le dossier, et que la loi n’a tout simplement pas été pensée pour ce cas de figure. Pour lui, l’affaire de Cologne devrait justement pousser le droit à évoluer.

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