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Xiaomi sort son robot humanoïde de Chine et expose une hypercar à l’IFA

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Xiaomi ne vient pas à Berlin pour simplement montrer quelques nouveaux smartphones. Pour sa première participation à l’IFA, le groupe chinois déploie un stand de plus de 3 300 m² et y rassemble près de 400 produits.

Mais deux démonstrations ont particulièrement attirées notre attention : le robot humanoïde CyberOne, présenté pour la première fois hors de Chine, et une étonnante hypercar électrique conçue pour l’univers de Gran Turismo. Deux projets qui illustrent surtout la manière dont Xiaomi cherche désormais à relier automobile, robotique, intelligence artificielle et maison connectée.

L’entreprise présente à Berlin son écosystème “Human × Car × Home”, qui constitue désormais l’un des axes majeurs de sa stratégie internationale. Xiaomi explique vouloir faire communiquer ses smartphones, ses voitures et ses équipements domestiques grâce à HyperOS et à ses technologies d’intelligence artificielle.

CyberOne quitte enfin la Chine

C’est probablement l’un des symboles les plus intéressants de cette première participation de Xiaomi à l’IFA. Le CyberOne, robot humanoïde présenté à l’origine en 2022, fait pour la première fois son apparition sur un salon international. Et cette nouvelle version est assez différente du prototype d’origine.

La deuxième génération du robot avait été dévoilée le 19 août 2026 lors de la World Robot Conference, après quatre mois d’expérimentation dans une usine automobile Xiaomi. Selon les informations communiquées lors de cette présentation, le CyberOne mesure environ 1,70 mètre pour 66 kg et dispose de 66 degrés de liberté, dont 33 au niveau des mains. Sa conception beaucoup plus sobre, avec un corps gris clair et une tête évoquant un casque métallique, traduit surtout une évolution vers un usage industriel.

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© Xiaomi

C’est justement dans les usines que Xiaomi cherche désormais à faire ses preuves. Le robot a notamment été entraîné sur une opération de pose d’écrous autotaraudeurs. Son taux de réussite serait passé de 90,2 % à 98 % après quatre mois de travail. Un opérateur humain expérimenté atteint environ 99 % sur cette tâche, selon les données communiquées autour de cette expérimentation.

Le chiffre de 98 % mérite toutefois d’être regardé pour ce qu’il est, c’est à dire un taux de réussite sur une tâche précise, et non la preuve qu’un robot est désormais capable de remplacer un ouvrier sur une chaîne entière. CyberOne a également commencé à s’attaquer à des opérations plus complexes, notamment le tri de pièces flexibles destinées à la console centrale d’une voiture et le pliage de bacs. Ces tâches afficheraient pour l’instant un taux de réussite proche de 90 %.

À l’IFA, l’ambiance est évidemment beaucoup moins industrielle. CyberOne accueille les visiteurs, effectue des gestes en temps réel, forme des cœurs avec ses doigts ou lève les pouces. Xiaomi précise néanmoins que le robot continue d’être testé dans son usine automobile, utilisée comme terrain d’expérimentation pour améliorer sa perception, son contrôle et son aptitude à effectuer des tâches concrètes.

Autrement dit, derrière le robot qui fait coucou aux visiteurs de Berlin, Xiaomi teste surtout une idée beaucoup plus ambitieuse : utiliser ses propres usines pour apprendre à ses humanoïdes à travailler dans le monde réel.

Une hypercar qui n’existe que dans Gran Turismo

L’autre vedette du stand est nettement plus spectaculaire. Xiaomi expose sa Vision Gran Turismo, une hypercar électrique conçue spécifiquement pour l’univers du célèbre jeu de course.

Le projet avait été présenté une première fois en février 2026 et fait partie du programme Vision Gran Turismo. Xiaomi est la 36e marque à rejoindre cette collection de voitures imaginées pour la franchise, mais surtout la première marque chinoise et la première entreprise technologique invitée à participer au programme.

Et comme il s’agit d’une voiture virtuelle, les designers de Xiaomi ont pu se débarrasser d’une bonne partie des contraintes habituelles de l’automobile. La Vision GT adopte une silhouette extrêmement basse et travaillée autour de l’aérodynamique, avec un cockpit en forme de goutte d’eau et un système baptisé Active Wake Control. Celui-ci utilise des milliers de micro-ouvertures pour modifier les flux d’air autour de la voiture en fonction de sa vitesse et de son comportement.

L’habitacle joue lui aussi la carte de la démesure. Xiaomi parle de “Sofa Racer”, avec un intérieur conçu comme une sorte de cocon autour du conducteur. L’entreprise y ajoute Xiaomi Pulse, un assistant prenant la forme d’une bague capable d’interagir avec le conducteur.

La Vision GT n’est donc pas une future voiture que l’on croisera prochainement sur les routes européennes. C’est avant tout un laboratoire de design numérique et une vitrine technologique. Elle permet néanmoins à Xiaomi de pousser beaucoup plus loin son ambition automobile, alors que la marque prépare justement son arrivée sur le marché européen.

La SU7 Ultra rappelle que Xiaomi ne joue plus seulement dans le virtuel

Pour montrer que cette stratégie ne se limite pas aux concepts numériques, Xiaomi expose également les SU7 Max et SU7 Ultra.

La première représente la vision plus quotidienne de la voiture électrique selon Xiaomi, avec une intégration poussée de la voiture dans l’écosystème HyperOS. La seconde est son modèle le plus sportif. Elle a notamment marqué les esprits au Nürburgring en avril 2025 avec un chrono de 7 minutes et 4,957 secondes sur la Nordschleife, établissant alors un record dans la catégorie des voitures électriques de luxe.

Ce record n’est cependant plus d’actualité car en avril 2026, une Porsche Taycan Turbo GT équipée du kit Manthey a réalisé 6 minutes et 55,533 secondes sur la même piste et dans la même catégorie.

Cela n’enlève pas grand-chose à la performance réalisée par Xiaomi, surtout pour un constructeur automobile aussi jeune. Les premières livraisons de la SU7 ont commencé en mars 2024 et Xiaomi affirme avoir déjà livré plus de 700 000 véhicules en Chine continentale. L’entreprise prévoit désormais une arrivée de Xiaomi Auto en Europe, notamment en Allemagne, à partir de 2027.

Xiaomi veut surtout connecter la voiture à toute la maison

C’est finalement le fil conducteur de cette démonstration berlinoise. La voiture et le robot ne sont pas présentés comme deux projets isolés, mais comme des briques d’un même écosystème.

Le stand Xiaomi est organisé autour de plusieurs espaces montrant comment l’intelligence artificielle pourrait coordonner les appareils personnels, la voiture et les équipements domestiques. Une commande donnée au smartphone pourrait par exemple déclencher plusieurs actions dans la maison. Xiaomi imagine également une habitation capable d’adapter automatiquement l’éclairage ou la climatisation en fonction de l’heure, de la météo et de la localisation de l’utilisateur.

Cette stratégie passe aussi par Mijia, la marque maison connectée de Xiaomi. Le groupe annonce son déploiement à grande échelle en Europe avec un catalogue qui compte déjà plus de 2 000 produits répartis dans 130 catégories. L’objectif est de réunir progressivement ces appareils au sein de Xiaomi Home plutôt que de multiplier les objets connectés fonctionnant chacun dans leur coin.

Le groupe met enfin beaucoup d’argent derrière cette stratégie. Xiaomi prévoit plus de 24 milliards d’euros d’investissements mondiaux en R&D entre 2026 et 2030, notamment dans l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les véhicules intelligents, la robotique et la fabrication intelligente.

L’IFA 2026 ressemble donc moins à une simple vitrine de produits Xiaomi qu’à une démonstration de force. Un robot qui apprend à travailler sur une chaîne automobile, une voiture virtuelle imaginée pour Gran Turismo, des voitures électriques bien réelles et une maison bardée d’objets connectés : tout cela répond au même projet.

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