La proposition de loi relative à la modernisation de la radio a été déposée le 16 juin 2026 par Laurent Lafon, sénateur Union centriste du Val-de-Marne et président de la commission de la culture du Sénat, qui en est aussi le rapporteur. Elle a été examinée en commission le 7 octobre, puis adoptée en séance le 13 octobre. Laurent Lafon explique que le texte doit “permettre à la radio de poursuivre sa modernisation et de desserrer les contraintes qui la fragilisent”. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a de son côté parlé de “renforcer un média de référence pour tous les Français”.
Un récepteur FM et DAB+ dans les véhicules neufs
L’article 2 du texte impose un récepteur compatible FM et DAB+ dans tous les véhicules neufs de transport de personnes, et le Sénat a étendu cette obligation aux véhicules de transport de marchandises, en mettant en avant la sécurité publique. Il faut préciser qu’une directive européenne de 2018 oblige déjà les autoradios installés dans les voitures neuves à capter le DAB+, mais elle n’oblige pas les constructeurs à installer un autoradio. Certains constructeurs, américains et chinois selon Économie Matin, vendent donc des modèles avec un écran connecté qui donne accès à la radio par internet, sans récepteur hertzien. En septembre, Radio France et les radios privées avaient d’ailleurs demandé qu’un récepteur hertzien soit installé dans chaque voiture neuve.
Le texte fixe aussi un calendrier pour les autres récepteurs radio. Deux ans après la promulgation de la loi, les postes vendus par les fabricants aux distributeurs devront capter la radio numérique, et après trois ans, l’obligation s’appliquera à tous les postes vendus aux particuliers. La version initiale prévoyait trois et quatre ans. Laurent Lafon justifie ce changement en expliquant que “des postes d’entrée de gamme incompatibles continuent en effet d’être vendus, retardant le renouvellement du parc”.
35 % de l’écoute radio se fait en voiture
Selon Médiamétrie, environ 35 % de l’écoute de la radio se fait en voiture. La radio compte encore 38 millions d’auditeurs chaque jour en France, mais son audience a baissé de 18 % entre 2015 et 2025, et ses recettes publicitaires sont tombées à 710 millions d’euros en 2025, soit 2,5 % de moins qu’en 2024. Quant au DAB+, il couvrait fin mars les deux tiers de la population à l’intérieur des habitations et 80 % des automobilistes, mais seuls 35 % des Français de 13 ans et plus possèdent un récepteur compatible, et le DAB+ ne représente que 7,8 % de l’écoute en direct. TDF a mis en service 26 nouveaux émetteurs DAB+ cet été, et l’Arcom vise un passage au tout-numérique en 2033.
Moins de mentions légales dans les publicités radio
La loi contient un autre volet, attendu par les radios. Son article 1 permet à une station de ne plus lire certaines mentions légales dans les publicités, à condition de diffuser des campagnes ou des programmes sur les mêmes thèmes, avec “un niveau d’information du public au moins équivalent”. Le texte initial portait sur neuf mentions, mais la commission l’a étendu aux mentions fixées par décret ou par arrêté, qui représentent 87 % des mentions selon le rapporteur. Les mentions issues du droit européen ne sont pas concernées. Sylvie Robert, sénatrice socialiste d’Ille-et-Vilaine, a jugé “bienvenu d’alléger les contraintes”, alors que l’écologiste Mathilde Ollivier estime qu’une campagne diffusée à un autre moment laisse le message de prévention “déconnecté de la publicité elle-même”.
Le texte doit maintenant être examiné par l’Assemblée nationale, et Laurent Lafon a demandé qu’il soit inscrit rapidement à l’ordre du jour, pour que les députés l’examinent avant la fin de la session.