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RER : bonne nouvelle, la SNCF ne pourra plus supprimer ses trains au dernier moment

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Le nouveau contrat signé avec Île-de-France Mobilités referme une faille bien commode pour l’opérateur, beaucoup moins pour les voyageurs.

Jusqu’à présent, la SNCF avait une parade toute trouvée pour éviter de plomber ses statistiques en matière de ponctualité. Faute de conducteur ou de rame disponible, il suffisait au groupe d’annoncer la suppression avant 17h la veille pour que le train sorte purement et simplement de l’équation. Ce petit tour de passe-passe comptable vient de prendre fin.

Les suppressions de la veille comptent dans le calcul

Île-de-France Mobilités et SNCF Voyageurs ont voté ce 15 octobre, lors de leurs conseils d’administration respectifs, le nouveau contrat qui les lie pour la période 2026-2030. Les suppressions effectuées la veille avant 17h seront désormais prises en compte dans les objectifs de ponctualité, lorsqu’elles sont liées à un manque de conducteurs ou à des problèmes de matériel.

Le détail a son importance. En Île-de-France, la ponctualité des lignes SNCF se mesure côté voyageurs : est considéré comme ponctuel tout passager qui arrive à destination avec moins de 5 minutes de retard. Un train qui disparaît du calcul ne fait donc pas baisser l’indicateur, même s’il relève directement d’une mauvaise gestion de l’opérateur.

Des objectifs en hausse, mais pas partout

Sur le papier, les objectifs de ponctualité sont « plus exigeants ». Dans les faits, tout dépend de la ligne. Le RER B, éternel mauvais élève du réseau, devra atteindre 89 % de ponctualité en 2026, puis grimper progressivement jusqu’à 91 % en 2030, avec l’arrivée des nouvelles rames MI20. Or, selon le bilan publié par Île-de-France Mobilités en février dernier, le RER B affichait déjà… 89 % en 2025. L’objectif 2026 n’est donc pas un énorme challenge.

Le RER C, à 88 % en 2025, devra en revanche gagner deux points dès 2026 pour atteindre 90 % de ponctualité. Le RER E, à 90,5 % l’an dernier, vise 95 % en 2030, mais seulement une fois le prolongement vers Mantes-la-Jolie entièrement en service. Quant au RER D, jugé « encore en souffrance » par Île-de-France Mobilités dans son dernier bilan, ses objectifs ne sont relevés qu’à partir de 2029, à 90,5 %, puis 91 % en 2030. Le RER A, lui, conserve son objectif de 95 %.

Côté Transilien, la ligne K devra atteindre 94,5 % dès 2026, les lignes N et V 95 %. Les lignes P et U suivront en 2030, à respectivement 92 % et 95 %.

Un malus qui reste raisonnable

Pour faire respecter ces objectifs, le contrat prévoit une enveloppe de bonus et de malus de 43 millions d’euros par an sur la ponctualité, et 36 millions d’euros par an sur la qualité de service. Les indicateurs, en revanche, s’élargissent. Le contrat intègre désormais l’accompagnement des voyageurs en cas d’interruption du trafic, le bon fonctionnement des automates de vente, l’état des équipements ou encore le délai de réponse aux réclamations. Le sentiment de sécurité en gare et à bord entre aussi dans le calcul.

Autre évolution, plus discrète : l’intéressement de SNCF Voyageurs ne dépendra plus des recettes, mais du nombre de validations de titres de transport, assorti d’un objectif de lutte contre la fraude. Autrement dit, l’opérateur a désormais tout intérêt à ce que chaque voyageur passe son passe Navigo devant le valideur.

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