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Ce concurrent de la SNCF pourrait bien révolutionner le marché

Velvet, la première compagnie de TGV indépendante en France, détaille sa stratégie pour 2028. Son objectif n’est pas de voler des clients à la SNCF, mais de convaincre les 85 % de Français qui prennent encore la voiture sur la longue distance.

200 millions d’euros de péages ferroviaires à payer d’ici 2028, douze rames commandées chez Alstom, un milliard d’euros levé, et un chiffre d’affaires qui explose. Faute de service suffisant, 15 % des voyageurs qui souhaitent monter dans un TGV restent aujourd’hui à quai. Entre les prix qui explosent, la ponctualité très relative de la SNCF et les nombreuses déconvenues auxquelles sont confrontés chaque jours les voyageurs et les voyageuses, un nouvel acteur du ferroviaire a l’ambition de redistribuer les cartes.

Ce pari, c’est celui de Velvet, la première compagnie ferroviaire indépendante française, qui doit faire rouler ses trains à grande vitesse dès 2028 sur trois lignes reliant Paris à Bordeaux, Rennes, et Angers-Nantes.

Aller chercher les automobilistes plutôt que les clients SNCF

« Notre objectif n’est pas d’aller prendre des clients à la SNCF, mais plutôt d’aller chercher les voyageurs qui prennent leur voiture », résume Rachel Picard, lors d’un entretien accordé au JDD. Il faut dire que la voiture représente aujourd’hui près de 85 % de part de marché sur la longue distance en France, largement devant le train. Avec dix millions de places proposées par an, contre 130 millions de passagers annuels pour la SNCF sur les liaisons domestiques, Velvet se positionne davantage comme un complément qu’un rival frontal.

L’argument principal s’appuie sur un précédent italien. Sur la ligne Paris-Lyon, l’arrivée de l’opérateur Trenitalia aurait entraîné une hausse du trafic de 20 %, accompagnée d’une baisse des prix de 10 %, selon un rapport de l’Autorité de régulation des transports cité par la dirigeante. L’idée derrière Velvet est donc moins de se partager un gâteau existant que d’en faire grossir la taille, histoire de permettre à tout le monde d’en sortir gagnant.

Reste que l’entrée sur le marché ferroviaire français n’a rien d’un long fleuve tranquille. Pour ses trois lignes, Velvet devra s’acquitter de près de 200 millions d’euros de péages d’ici 2028, un montant qui pèse directement sur la structure de ses prix.

Oubliez les billets à 20 €

Sur la question sensible du prix, la cofondatrice de Velvet coupe court à tout fantasme de low-cost façon Ouigo. Sur un Paris-Bordeaux à 500 voyageurs, environ 50 € par billet partent uniquement dans le financement du péage. La stratégie tarifaire de Velvet reposera donc davantage sur le remplissage massif de rames à deux étages que sur des prix cassés à l’entrée.

Cette approche s’accompagne d’un choix d’expérience de voyage différenciant, sans qu’aucun détail précis ne filtre encore sur l’aménagement intérieur des rames.

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Source : JDD

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