La NASA vient d’ouvrir le coffre aux trésors d’Artemis II, et il est bien rempli. L’agence spatiale a publié plus de 800 Go de données scientifiques collectées pendant la mission, désormais accessibles dans son Planetary Data System, la grande archive publique de ses missions planétaires.
Retour massif de données autour de la Lune
On y trouve plus de 11.000 images et vidéos en pleine résolution, prises avec les appareils de l’équipage et les caméras du vaisseau Orion. Il y a aussi 8,5 heures d’audio, avec les observations parlées des astronautes, des transcriptions, des notes et des photos annotées par l’équipage.
La NASA présente cette montagne d’informations comme le premier gros paquet de données de science planétaire recueilli principalement par des humains au-delà de la Terre depuis plus d’un demi-siècle. Le souvenir d’Apollo n’est donc jamais très loin. Mais cette fois, pas de bottes dans la poussière lunaire : Artemis II a tourné autour de la Lune, avec quatre astronautes à bord d’Orion.
Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen de l’Agence spatiale canadienne, n’ont pas seulement regardé par le hublot. Ils avaient été formés à la géographie lunaire, à la géologie et aux meilleures méthodes d’observation. Leurs commentaires, leurs choix de cadrage, leurs descriptions de couleurs, de reliefs et de changements de lumière donnent aux données un côté très humain. On n’a pas seulement des fichiers : on a aussi des regards, des hésitations, des priorités prises en direct.
Pour accompagner cette masse d’informations, la NASA publie trois documents : l’Artemis II Preliminary Lunar Science Report, l’Artemis II Lunar Science Operations Report et l’Artemis II Lunar Science Data User Guide. De quoi aider les chercheurs à s’y retrouver dans cette bibliothèque lunaire.
L’un des éléments les plus marquants concerne cinq petits impacts observés à la surface de la Lune pendant une éclipse de 54 minutes. L’équipage d’Orion a vu des flashes lumineux sur la partie sombre de notre satellite. Ces éclairs pourraient compter parmi les plus faibles jamais repérés directement à l’œil humain.
Au-delà du spectacle, ces observations sont utiles. Elles aideront à mieux estimer la fréquence des impacts de petits fragments sur la Lune. Une donnée importante pour préparer les futures bases, les véhicules et les sorties d’astronautes.
Les images montrent aussi des différences de couleur, de brillance et de texture entre plusieurs régions lunaires. Les photos prises près du terminateur, la frontière entre le jour et la nuit, montrent à quel point le relief change quand le Soleil est très bas. C’est précisément le type de lumière que rencontreront les prochaines missions Artemis près du pôle Sud.