Une petite application sans histoire pendant les contrôles d’Apple, un outil de « déshabillage » après son arrivée sur l’App Store : certains développeurs ont une conception très personnelle de la transparence. Apple a actualisé ses consignes de validation pour mieux encadrer ces pratiques.
Les applications de « déshabillage » expressément visées
Au programme : des obligations plus précises concernant les contenus générés par les utilisateurs, une interdiction détaillée des fonctions cachées et la possibilité de perdre son compte développeur. De quoi rappeler qu’une validation ne donne pas tous les droits.
La section consacrée aux contenus produits par les utilisateurs mentionne désormais les images intimes non consenties (deepfakes), aux côtés des atteintes à la propriété intellectuelle et du harcèlement anonyme. Les applications permettant de créer, générer ou partager du contenu doivent prévoir des protections adaptées. Apple ajoute que les développeurs qui négligent ces protections, ou ne corrigent pas les infractions après un avertissement, pourront être considérés comme contrevenant à son code de conduite.
Ces précisions arrivent après plusieurs enquêtes peu flatteuses pour la boutique. En janvier, le Tech Transparency Project avait repéré 47 applications conçues pour générer des images de personnes dénudées ou presque à partir de leurs photos. En avril, l’organisation pointait aussi les suggestions de recherche et les publicités de l’App Store, qui orientaient les utilisateurs vers ces logiciels.
Apple a également confirmé avoir averti en privé xAI que Grok pourrait être retiré si l’entreprise ne réglait pas les problèmes signalés concernant la génération d’images sexualisées sans consentement. Autre ajout : une section interdit explicitement les fonctions cachées, dormantes ou non documentées. Le fonctionnement d’une application doit être clair pour les utilisateurs comme pour les équipes de validation.
Cacher des capacités dans le code, notamment en le rendant volontairement difficile à analyser, peut entraîner le retrait de l’application et la fermeture du compte développeur. L’interdiction figurait déjà ailleurs dans les consignes ; Apple détaille désormais les méthodes concernées et les conséquences.
Les outils de déshabillage ne sont pas seuls visés. Une enquête de 9to5Mac avait découvert des dizaines d’applications dissimulant des plateformes de paris derrière des jeux ou des utilitaires. Consultées hors du Brésil, elles se comportaient normalement. Depuis une adresse IP brésilienne, elles révélaient leurs fonctions de paris. Beaucoup étaient accessibles aux enfants. Enfin, Apple précise que les applications facilitant la traite des êtres humains ou l’exploitation des enfants seront retirées et interdites de distribution alternative. Les règles sont plus explicites, mais leur application reste le travail le plus difficile.