Netflix aimerait bien que ses abonnés passent un peu moins de temps ailleurs. Selon le Wall Street Journal, Ted Sarandos, co-directeur général du groupe, s’inquiète depuis plusieurs mois du recul du temps de visionnage aux États-Unis et du manque de nouveaux succès comparables à Stranger Things ou Squid Game. Pendant ce temps, YouTube et TikTok continuent d’attirer les spectateurs.
Moins de jeux, davantage de films et de séries
La direction a donc procédé à un sérieux remaniement. Elle a ainsi annoncé 1.000 suppressions de postes, soit 6 % des effectifs. Dans la foulée, Bela Bajaria, responsable des contenus, apprenait son départ. Elle avait pourtant participé à la préparation des licenciements.
Pour la remplacer, Netflix a choisi Peter Rice, ancien dirigeant de Disney et de Fox. Il supervisera quelque 20 milliards de dollars de dépenses consacrées aux séries, aux films et aux événements en direct, sport compris. Il récupère aussi temporairement la direction du cinéma après le départ, annoncé en début de semaine, de Dan Lin, producteur connu pour La Grande Aventure Lego et Ça.
Côté abonnements, les données recueillies par Antenna donnent matière à réflexion : Netflix n’aurait enregistré aucun mois de croissance nette aux États-Unis entre janvier et septembre. Ces estimations excluent toutefois certaines offres groupées, et Netflix conteste les chiffres. Le groupe conserve aussi de solides arguments. Aux États-Unis, le taux de résiliation restait le plus faible du secteur en septembre, à 2,1 %. Une note interne indique également que les objectifs annuels restent à portée : 13 à 14 % de croissance du chiffre d’affaires et une marge opérationnelle de 31,5 %.
Toutes les nouveautés n’ont pas trouvé leur public. Selon une note interne, seuls 3,5 % des abonnés jouent chaque mois aux jeux Netflix. Cette activité accuse environ 10 % de retard sur ses objectifs de portée et d’engagement pour 2026. D’après le quotidien, Netflix a récemment réduit la promotion des jeux et des podcasts pour remettre les films et les séries en avant. La diffusion hebdomadaire fait aussi débat en interne, mais Ted Sarandos reste attaché aux saisons disponibles intégralement dès leur sortie.
Autre évolution : certains films auront davantage de temps au cinéma avant de rejoindre le catalogue. Charlie vs. the Chocolate Factory et Narnia: le neveu du magicien bénéficieront ainsi d’une sortie mondiale en salles au moins 45 jours avant leur disponibilité sur Netflix (ce sera bien plus long en France, chronologie des médias oblige).