Des modèles d’IA, des appareils grand public et maintenant un humanoïde : OpenAI continue d’allonger sa liste de projets. Interrogé par le podcast Sources sur la fabrication d’un robot humanoïde, Sam Altman a répondu sans détour : « Nous le ferons ».
Ressembler à un humain ne suffit pas
Pourquoi une forme humaine pour ce robot ? Parce que notre environnement est conçu pour les humains, explique-t-il. Portes, outils et claviers sont adaptés à notre corps. Une machine censée utiliser les mêmes équipements aurait donc intérêt à présenter une morphologie comparable. En surface, le raisonnement se tient ; la réalisation sera une autre affaire.
Sam Altman accorde davantage d’importance à l’intelligence nécessaire au fonctionnement du robot qu’aux détails de son apparence. Deux bras et deux jambes ne suffiront effectivement pas à rendre la machine utile. Encore faut-il que le robot comprenne une consigne, interprète les informations de ses capteurs et coordonne ses mouvements. Une opération aussi banale que saisir un objet suppose de déterminer sa position, d’ajuster la prise et de corriger le geste si nécessaire. Les ingénieurs ont de quoi s’occuper.
Les recrutements d’OpenAI donnent en tout cas une idée du travail engagé : une offre d’emploi consacrée aux systèmes de contrôle mentionne le pilotage des mouvements, l’estimation de l’état du robot et le fonctionnement de l’ensemble de la machine. L’entreprise a déjà travaillé sur ces questions. Dès 2018 (quatre ans avant ChatGPT), elle présentait Dactyl, un système entraîné en simulation à manipuler des objets avec une main robotisée. En 2019, OpenAI montrait une main capable de résoudre un Rubik’s Cube. Un résultat réel, mais encore éloigné d’un robot polyvalent.
Le matériel exige lui aussi beaucoup de travail. Les offres d’emploi évoquent des actionneurs sur mesure, ces dispositifs qui produisent les mouvements, avec leurs moteurs, transmissions, capteurs et contraintes thermiques. D’autres postes concernent la fabrication et les approvisionnements. OpenAI envisagerait d’abord des robots capables d’aider des travailleurs qualifiés à construire des infrastructures. L’assistant personnel destiné à accomplir des tâches variées relève d’une ambition à plus long terme.
Côté calendrier, Sam Altman avait indiqué à Fortune qu’il pensait pouvoir présenter une démonstration dès 2027. Il estime toutefois qu’il faudra quelques années supplémentaires avant de voir des robots circuler dans les rues. À ce stade, ni l’apparence précise de l’humanoïde, ni son prix, ni sa date de commercialisation ne sont annoncés. Une démonstration permettra d’évaluer ses capacités, mais elle ne permettra pas forcément de passer commande.