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Malgré son succès, pourquoi Hungry mérite d’être oublié au plus vite sur Netflix

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On est de retour pour que Netflix nous joue un mauvais tour : celui de nous avoir piégés avec une belle idée avant de nous chopper par le col et de nous noyer sous le poids mort Hungry.

Parfois, il faut savoir relativiser. Les lycées brûlent, le prix de l’essence flambe et une certaine personne est malheureusement encore dans Koh Lanta. Alors à côté, qu’est-ce qu’un mauvais film ? Voilà pour le verre à moitié plein. Pour la moitié vide, on peut également dire que justement, parce que la vie n’est pas toujours rose, l’humanité mérite mieux, quand elle rentre chez elle, que l’actuel top 3 de Netflix. Et pour les collègues qui me disent que je n’aime jamais rien : Hungry a une jolie note de 2,1/5 sur Letterboxd, 1,5 sur Allociné, et 35% sur Rotten Tomatoes. Alors pour une fois, ce n’est pas QUE moi ! Flûte à la fin.

Bref, tout ça pour dire qu’après un million de films où le touriste se fait grapiller la gibole par des requins ou des crocos/alligators/autre machin naturellement effrayant, on se faisait une joie de découvrir Hungry qui a le mérite de s’attaquer à un autre type de prédateur. Le gentil et tout mignon hippopotame. Mais faut-il savoir quoi en faire.

Malgré son succès, pourquoi Hungry mérite d'être oublié au plus vite sur Netflix
© Netflix

L’histoire de Hungry

Deux jeunes femmes en gueule de bois, une mère loin de ses enfants, une famille de trois générations et un guide touristique qui fait aussi chauffeur et séducteur. Tout ce petit monde est réuni pour visiter les marécages de Louisiane à la recherche du plus gros croco. Quitte à sortir du parcours touristique. Sauf que le croco s’est fait croquer par bien plus gros et dangereux que lui et que ce prédateur n’entend pas laisser nos sept personnages en ressortir vivants.

Hippo Gloucon

On le répète, mais sur le papier, faire de l’hippopotame le boogeybeast du film est une magnifique idée. Quand on y pense, on a tendance à considérer l’animal comme un modèle de douceur uniquement parce qu’il est herbivore, qu’il a une tête rigolote et que la pop culture ne l’a jamais considéré autrement que comme un modèle de pacifisme. Pourtant, la bestiole pèse entre 3 et 4 tonnes, court malgré tout jusqu’à 35 km/h sur terre, est amphibien, possède une gueule s’ouvrant à 180 degrés avec des canines allant jusqu’à 60 centimètres. À titre de comparaison, sa mâchoire est trois fois plus puissante qu’un lion. Pour couronner le tout, il est connu pour être territorial et imprévisible. Chaque année, il tue largement plus d’hommes que le lion ou le croco. À part l’homme, il n’a aucun prédateur naturel. Au niveau de la chaîne alimentaire, il est sur le podium et certainement pas troisième.

Malgré son succès, pourquoi Hungry mérite d'être oublié au plus vite sur Netflix
© Netflix

À partir de là, on se dit que James Nunn, qui a déjà fait dans le requin, tient quelque chose de potentiellement incroyable. Imaginez s’il se sert de la bête pour s’amuser de mille façons de mettre à mort un membre du casting au lieu de l’éternel “je choppe, je croque” ? Dans le multivers, cette version doit bien exister. Car dans notre Hungry, on n’aura pas le droit au bonheur. Le film se contente d’être programmatique avec le minimum d’effort, à commencer par son prologue. Parce qu’avant que l’hippo rentre en scène, il faut déjà se farcir un amas de clichés ambulants qui se font appeler “personnages”. L’héroïne, le beau gosse, le chasseur, le vieux sage, l’ado, l’égoïste tête à claques… on les connaît par cœur dès leur première ligne de texte tant le film répète un simple schéma d’écriture du genre. Alors, certes, on peut être “un peu” surpris par l’ordre des cadavres, mais vraiment à la marge.

Malgré son succès, pourquoi Hungry mérite d'être oublié au plus vite sur Netflix
© Netflix

Puis arrive la menace sous-marine. Oui, sous-marine. Tu as une créature amphibie de 3 tonnes et tu fais tout pour la cacher le plus possible tout au long du second acte (quand bien même les survivants ont identifié la menace) en la faisant agir comme le requin ou le croco de base. Ça se cache et ça choppe tout en restant invisible. Ne pas se servir de sa seule bonne idée à bon escient alors que les possibilités de mise en scène sont décuplées par la nature de la bestiole, c’est criminel à ce stade. Pire, lorsque l’hippo se montre enfin, il est visuellement loin d’être laid. Alors pourquoi s’en priver ?! Le dernier acte est évidemment tout aussi cousu de fils blancs, mais il a le mérite de nous montrer ENFIN que l’hippo glouton peut épurer le casting autrement qu’en jouant de sa belle gueule. Dommage que ce soit tardif et mal filmé.

Hungry n’est même pas frustrant, il ressemble davantage à un immense doigt tendu envers un spectateur apparemment jugé prêt à tout gober si on en croit le résultat à l’écran. Un long-métrage qui remplit une case vide conçu par une équipe qui s’en fiche, bien trop satisfaite d’avoir eu son idée d’origine. On gardera juste Madison Davenport (la série Une Nuit en Enfer) qui tente d’incarner au minimum son rôle. Le reste ne fait que passer de toute façon.

On ne mate absolument pas.

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