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Un crash d’avion, des requins affamés, que vaut vraiment le film d’horreur Deep Water ?

Deep Water a débarqué sur Canal+ avec ce petit goût de “croque-moi, je sais que t’aimes ça”. Parce que oui, des requins, un crash d’avion, on en salive déjà. Alors qu’en, cerise sur le gâteau, le machin est le nouveau bébé du papa de Peur Bleue, on bave carrément.

Tout avait si bien commencé. Nous étions vendredi, fin de semaine, il faisait beau et nous étions repus de notre déjeuner. Le moment idéal pour s’offrir un petit dessert. Puisque chaque semaine on sélectionne un film de plateforme pour vous donner envie de vous jeter dessus ou nous empêcher de nous pendre, on a décidé de plonger à corps perdu dans nos deux passions : le film catastrophe et le film de requin. Hasard du calendrier, Deep Water vient d’arriver sur Canal+.

Bon, il faut l’avouer, on avait une autre raison de lancer la lecture de la bête. Elle est signée Renny Harlin. Oui, le papa de La Légende d’Hercule avec Dwayne Johnson. Mais le gars est également amateur d’un cinéma généreux qui part systématiquement en cacahuètes. Profession Profiler, Cliffhanger, Au revoir à jamais, L’Île aux pirates, que des classiques dans le bon comme le mauvais sens du terme. Et puis il y a notre chouchou, celui qui a fait naître notre amour pour le film de squale débridé : Peur Bleue. Petite pépite de série B de 1999 devenue un classique (OUI) en faisant n’importe quoi, mais en le faisant avec classe. Regardez Peur Bleue. Tout ça pour dire que Harlin replongeant dans la flotte pleine de dents, on signait le chèque en blanc.

Le synopsis de Deep Water

Afin de fuir des problèmes personnels, Ben (Aaron Eckhart), pilote de ligne en second, s’engage sur un vol en partance pour Shangaï en compagnie du commandant Rich (Ben Kingsley) et de plus de deux cents passagers. Alors qu’ils survolent l’océan, un incendie oblige l’avion à atterrir en catastrophe au beau milieu des eaux. Alors que les survivants cherchent un moyen de prévenir les secours, ils doivent faire face à une menace bien plus urgente : le sang a attiré des dizaines de requins affamés.

Coulez-le !

Si vous êtes amateurs de ce genre de cinéma, le synopsis ne sera peut-être pas sans vous rappeler un autre film de 2024, No Way Up. Exactement la même histoire, à quelques détails près et un casting bien moins clinquant. On n’a pas envie d’accuser Deep Water, d’autant qu’entre le développement du projet, le tournage et la sortie, il y a un monde où les deux s’ignoraient, mais disons que si le scénariste de No Way Up a envie de faire un procès à la troupe responsable de Deep Water, on est prêt à faire partie du jury.

Un crash d'avion, des requins affamés, que vaut vraiment le film d'horreur Deep Water ?
© Nostromo Pictures

La troupe, oui. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit quand on voit les noms alignés au script de Deep Water. La troupe, et une question : lesquels étaient des emplois fictifs ? Là comme ça, en sortir de visionnage, on aurait bien envie de ne pas choisir et faire une accusation groupée. Tout est bon dans le cochon, tout est mauvais dans le requin. De toute façon ces derniers n’arrivent qu’à la moitié du film et ils seront soit invisibles, soit numériquement très laids à regarder.

Les personnages sonnent creux, les apitoiements du héros sont uniquement là pour gonfler le récit, le gars sans valeur n’a vraiment aucune valeur, des gens disparaissent de l’écran parce qu’il n’y a pas la place, reviendront plus tard, Ben Kingsley, comme à son habitude, prend son petit billet et on accentue la partie chinoise pour tenter de vendre le film sur le marché local. Comment avoir de la peine pour un protagoniste alors qu’il n’existait pas 5 minutes avant et que le scénario décide soudain que c’est la personne la plus importante du récit avant de le supprimer ? Le pire, c’est que le film prend son temps, au point où on filerait bien un petit dessous-de-table au requin pour qu’il mâche plus vite.

Un crash d'avion, des requins affamés, que vaut vraiment le film d'horreur Deep Water ?
© Nostromo Pictures

Si encore Harlin pouvait nous emballer ça convenablement. Tout sonne faux à la caméra. Le crash, le paysage, le requin, l’eau, les gens. De temps en temps, il nous ressort un plan identique à Peur Bleue, sans passion. Pire, Deep Water n’a même pas la générosité propre au bonhomme. Quelques gouttes de sang ici, un membre arraché mal fichu là, et c’est tout. Même pas un brin de cracra. Le crash n’a aucun impact visuel, les attaques non plus et on compte régulièrement sur nos doigts en laissant défiler les minutes parce que rien de palpitant ne se passe. On le précise au cas où, ce temps suspendu n’est évidemment pas là pour approfondir les personnages.

Si, au sein du long-métrage, les passagers luttent pour leur survie, devant l’écran on lutte pour aller au bout du film. Un machin tout mou qui n’a même pas la décence de se prendre un peu au second degré histoire qu’on rigole un peu. Une catastrophe qui s’imagine peut-être être en train de faire du cinéma, alors que même un bon vieux nanar à la Asylum (Sharknado) le surclasse. Sa seule réussite est de ne pas faire pire que son “modèle”, puisque No Way Up se posait déjà là comme bon gros navet. Bon, il ne fait pas spécialement mieux. À ranger aux côtés de Nature Prédatrice sur Netflix.

Un crash d'avion, des requins affamés, que vaut vraiment le film d'horreur Deep Water ?
© Nostromo Pictures

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