Et si l’avenir de la sextech n’était plus dans les sextoys ultra perfectionnés, mais dans l’intelligence artificielle ? Dans un sondage Ifop pour le site de rencontre extraconjugal Gleeden, on apprend que 46% des utilisateurs d’IA ayant eu des interactions érotiques avec un chatbot se sont déjà masturbés avec leur intelligence artificielle plutôt que de faire l’amour avec leur partenaire. Cette tendance, plus marquée chez les hommes (45%) que les femmes (47%), sonne comme un basculement notable : fini les quelques originaux qui entretiennent des relations avec une intelligence artificielle. La tendance s’est largement démocratisée, au point de toucher près d’un Français sur deux aujourd’hui, et que 22% assument avoir régulièrement ce type de pratiques.
Coucher avec une IA, plutôt qu’un partenaire
C’est peut-être la question centrale de cette étude, aux ambitions presque philosophiques. À l’heure des compagnons IA et des chatbots, peut-on encore considérer les assistants virtuels comme de simples outils, ou comme des amants virtuels, avec qui il est possible d’entretenir des relations ? Tout dépend de là où l’on place le curseur de l’infidélité. Si l’utilisation d’un sextoy ou d’un support pornographique n’est pas considérée comme une tromperie, comment expliquer la distinction qui est faite avec l’intelligence artificielle ? Les premiers éléments de réponse sont peut-être à chercher du côté de l’engagement émotionnel.
Tout dépend de là où l’on place le curseur de l’infidélité. Et visiblement, les Français ne sont pas tous d’accord. 49% considèrent que des messages ambigus échangés avec une IA constituent une tromperie, et 23% y voient carrément un motif de rupture. Le critère différenciateur n’est probablement pas la mécanique de l’acte (se masturber devant un écran n’est pas nouveau) mais l’engagement émotionnel que l’IA est désormais capable de simuler, voire de provoquer. Une vidéo pornographique ne vous répond pas. Un chatbot, si. Il apprend vos préférences, vous relance, vous manque quand vous n’êtes pas là. C’est une autre affaire.
À moitié dans ton lit, mais entièrement dans ta tête
Ce chiffre ne sort évidemment pas de nulle part. Il s’inscrit dans une montée en puissance globale des usages sexuels de l’IA : 27% des Français ont déjà eu des conversations érotiques ou reçu des images pornographiques générées par IA, et 11% échangent régulièrement avec un chatbot romantique. Sans grande surprise, les hommes dominent largement ces usages, et les 25-34 ans sont la tranche la plus concernée : 22% d’entre eux déclarent avoir eu des échanges sexuels avec une IA, contre seulement 7% des femmes du même âge. Le profil type ? Célibataire, parisien, en recherche de quelque chose que le réel ne semble plus tout à fait lui offrir.
Les plateformes d’IA ont bien compris cette nouvelle appétence pour les compagnons virtuels. Les applications comme Candy et Replika proposent déjà des services dédiés, moyennant quelques euros par mois, avec échanges érotiques et petites attentions quotidiennes à la clé. Le tout entièrement personnalisable, de la voix jusqu’à l’apparence, en passant par la personnalité. Le phénomène promet de se démocratiser encore davantage à l’avenir : actuellement 38% des personnes interrogées se disent prêtes à l’utiliser l’IA pour un usage sexuel (51% des hommes contre 29% des femmes), tandis que 46% envisagent une relation émotionnelle en prime.
Un marché qui ne demande qu’à exploser
Les plateformes ont bien compris l’appétit grandissant des internautes pour cet usage. Des applications comme Candy ou Replika proposent déjà des services entièrement dédiés à la relation virtuelle, avec échanges érotiques, petites attentions quotidiennes… le tout via un avatar entièrement personnalisé. Pour quelques euros par mois, il est possible de créer son “amant” idéal. Le modèle économique est rodé, l’offre se professionnalise, et le marché adressable est colossal.
Les chiffres prospectifs du sondage confirment la trajectoire : 38% des personnes interrogées se disent prêtes à utiliser l’IA pour un usage sexuel (51% des hommes, 29% des femmes), et 46% envisagent même d’y ajouter une dimension émotionnelle, au-delà du simple sexe virtuel. L’IA ne remplacera peut-être pas le couple. Mais elle est déjà en train de redéfinir ce qu’on lui demande.
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