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Pokémon : on a monté le set LEGO Pikachu qui fait peur à tout le monde

Il y a des jouets qui font l’unanimité dès qu’on les déballe. Et il y a ce nouveau set Lego Pikachu à 200€.

La collaboration entre LEGO et The Pokémon Company en fin d’année dernière, sonnait clairement comme l’annonce de l’année, celle qui promettait de faire briller les yeux des fans et des amateurs de petites briques. C’était sans compter le détails des trois sets dévoilés il y a quelques mois. En plus de leur prix stratosphérique (650€ pour le diorama mettant en scène Florizarre, Dracaufeu et Tortank), nombre d’impatients se sont aussi interrogés sur le physique pour le moins particulier des deux sets plus abordables, à savoir un Évoli à 60€, et un Pikachu à 200€.

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Lego Pikachu Pokemon (10)
© JDG

On avait dit pas le physique

Sur le papier, l’enthousiasme était là. LEGO a prouvé sa capacité à sublimer des licences cultes, avec des sets d’architecture grandioses, des œuvres murales à couper le souffle, et des collaborations avec les plus grands noms de la pop culture. La marque danoise sait faire, et bien faire. Forcément, voir Pikachu débarquer en grand format avec plus de 2000 pièces nous a fait baver d’envie.

Comme tout bon amateurs de LEGO que nous somme, construire ce Pikachu, s’est imposé comme une expérience globalement plaisante. Pendant plus de six heures, il a fallu retrousser nos manches pour donner vie à la célèbre souris électrique. Si le jaune domine, on ne s’ennuie jamais vraiment. La structure interne multiplie les couleurs afin de rendre la progression plus intuitive et éviter l’effet tunnel que certains gros sets infligent parfois. Le montage du Pokémon vous occupera pendant plusieurs heures, auxquelles s’ajouteront ensuite une Pokéball et un socle en forme d’éclair.

Lego Pikachu Pokemon (5)
© JDG

Le concept de départ est franchement réussi. Pikachu sort de sa Pokéball à toute vitesse, entouré d’éclairs. Les petites pattes du Pokémon sont adorables, la queue peut être personnalisée, la Pokéball ouverte ou fermée au gré de ses envie… De loin, l’illusion est parfaite.

Mais voilà. Il y a ce visage. Pikachu, c’est une identité visuelle tout en rondeur. Des joues rebondies, une frimousse toute douce et un air toujours naïf. C’est précisément ce que ce LEGO rate avec ce set. Les joues sont étranges, les volumes faciaux anguleux… l’annonce du set présageait déjà un personnage au faciès particulier. La réalité est sans appel. Difficile de contredire le consensus général. Pikachu semble prêt à aspirer notre âme. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans ce visage qui concentre pourtant tous les efforts du set.

Lego Pikachu Pokemon
© JDG

Une limite que LEGO n’a pas su contourner

Ce n’est pas une question de mauvaise volonté des designers, mais plutôt une problématique structurelle. LEGO travaille avec des pièces majoritairement rectangulaires et modulaires. À vouloir pousser trop loin les détails, à grossir l’échelle pour aller chercher la ressemblance, le nouveau set de la marque nous plonge dans une vallée de l’étrange qui dérange. Peut-être à cause de sa taille : le set Évoli, beaucoup plus modeste en taille, est moins sujet au problème. Même chose pour l’imposant diorama mettant en scène les starters, qui élargit son échelle et semble bien plus réussi. Sur un Pikachu de cette envergure, chaque décision de design est scrutée, jugée, ressentie. Et certaines ne passent pas.

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© JDG

La comparaison fait d’autant plus mal que Mattel, sous sa marque Mega Bloks avait déjà commercialisé une collaboration avec Pokémon. Sur un créneau très similaire, le fabricant s’est imposé depuis 2017 comme le partenaire historique de The Pokémon Company, avec des sets plus ou moins réussis, mais quelques éditions particulièrement belles. Certes, le public visé n’est pas tout à fait le même. Certes, la version LEGO de Pikachu est plus imposante. Mais le résultat aurait pu être mieux, surtout venant d’une marque aussi réputée. D’autant plus que depuis le début de l’année, Mega Construx a mis fin à sa production de sets Pokémon. Les monstres de poche ont clairement choisi leur camp. Reste à savoir si ce nouveau partenaire sera à la hauteur des attentes sur la durée.

Lego Pikachu Pokemon (1)
© JDG

Un potentiel inexploité

Ce qui frustre vraiment dans ce set, c’est la sensation d’une occasion manquée. Tout était réuni pour faire quelque chose d’exceptionnel : une licence iconique, un budget conséquent, une cible adulte et passionnée, une marque capable du meilleur. À 200€, pour l’une des mascottes les plus reconnaissables de l’histoire de la pop culture, la barre était très haute. Et la promesse n’est malheureusement pas tenue. On est les premiers déçus.

Les technologies récentes (on pense évidemment aux Smart Bricks) auraient pu apporter ce supplément d’âme qui manque à Pikachu. À la place, on se retrouve avec un set figé, qui malgré sa volonté de mouvement, peine à vraiment prendre vie sous nos yeux.

Pour autant, tout n’est pas à jeter, loin de là. LEGO ne perd pas son savoir-faire, et nous offre un sens du détail dont il a le secret : il est par exemple possible de changer la queue du Pokémon pour passer d’un spécimen mâle à une femelle en quelques secondes. Le Pokémon peut être exposé debout, ou bondissant sur son socle, les oreilles et les quatre pattes sont orientables à notre guise… Après quelques heures à s’en moquer, on finit contre toute attente à s’attacher au Pokémon et à son visage difforme, comme on se prendrait d’affection pour un animal blessé au bord de la route. Plus le temps passe, plus on s’habitue, et moins on s’attarde sur ses défauts. C’est peut-être ça, finalement, la force de LEGO : nous faire lâcher 200€ dans un set qu’on trouvait moche de prime abord, mais qu’on a pris tant de plaisir à construire qu’on finit par oublier tout le reste.

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© JDG

Du coup on achète ou pas ?

Ce Lego Pikachu n’est pas un mauvais set. L’expérience de construction vaut le détour, l’ensemble impressionne vu de loin, et la collaboration en elle-même ouvre des perspectives enthousiasmantes. Le diorama à 650€ nous fait déjà de l’œil, et pour un budget autrement plus modeste, on aime déjà le Pokécenter et l’écrin qui rassemble les badges de Kanto.

Peut-être que l’attente était trop grande. Peut être que le prix est trop élevé aussi. Si vous êtes fan inconditionnel et cherchez une pièce collector à exposer dans votre salon, vous serez probablement satisfait. Pour les gros budgets, on vous conseille quand même de miser sur set starters, pour lequel la marque a indéniablement mis le paquet.

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