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Malcolm : Rien n’a changé – les tops et les flops d’un rendez-vous manqué

Cela fait vingt ans que Malcolm et sa famille ont rendu les clés de la maison et depuis, chacun a du chemin, parfois en sens inverse. Mais puisque la pa$$ion est encore là, on a droit à un ultime tour de piste en quatre épisodes. Les quatre de trop.

Pour toute une génération, dont l’auteur de ces lignes fait partie, Malcolm (in the Middle de son titre original) est une madeleine de Proust renforcée par ses multiples rediffusions. Le genre de série intemporelle dont on peut tomber, encore aujourd’hui, par hasard sur un épisode en zappant et lâcher la télécommande devant. On avait laissé Frankie Muniz, Jane Kaczmarek ou Bryan Cranston poursuivre leur carrière en 2006, certains avec plus de succès. Mais 20 ans plus tard, Hulu (via Disney+), le créateur original Linwood Boomer et la quasi-intégralité du casting reviennent dans Malcolm : Rien n’a changé.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

Quatre épisodes de moins d’une demi-heure chacun, sur le papier, on ne peut pas parler d’une ambition de revival comme Scrubs, La Fête à la Maison, Dexter, le futur Alerte à Malibu et bien d’autres. On est davantage sur un moment de retrouvailles à la Friends, mais sous le prisme de la fiction. Pour un résultat entre-deux ? On fait le point sur les réussites et les ratés de Malcolm : Rien n’a changé.

Top : un retour qui parvient à se justifier

Il est toujours délicat de composer un scénario crédible pour justifier de retrouver des personnages vingt ans après. Ici, nous approchons du quarantième anniversaire de mariage de Lois et Hal et ils souhaitent que toute la famille et les amis soient présents. Sauf que Malcolm n’a pas l’envie d’y aller. Et pour cause, celui-ci essaie de les tenir éloignés de sa vie depuis plusieurs années, leur cachant qu’il a une fille adolescente et une nouvelle relation amoureuse.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

Dans l’intention, il y a quelque chose à raconter autour de la parentalité de Malcolm et de sa volonté de couper les ponts. Comme s’il s’était bien passé deux décennies depuis que Lois lui a révélé son plan de faire de lui le prochain président des États-Unis. Est-ce que ce dernier a réussi ou échoué ?

Flop : Malcolm : Rien n’a changé et c’est bien le problème

Sauf que le synopsis est peut-être la seule chose de neuf. Le casting a vieilli, mais les personnages sont restés en sommeil cryogénique et cela donne un spectacle assez bizarre : voir des acteurs plus vieux jouer des rôles écrits il y a plus de vingt ans. Linwood Boomer est coincé dans une bulle nostalgique où ses créations n’auraient pas pris une ride, n’auraient pas vécu sans lui. On a l’impression de les avoir littéralement quittés hier et de les retrouver complètement rincés.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

C’est là qu’on touche à un point sensible. Qu’attend-on d’un revival ? En soi, revoir ce qu’on avait aimé autrefois. Sauf que plus les années passent, plus il est délicat de rendre ces retrouvailles naturelles. Malcolm : Rien n’a changé montre de l’envie, mais est incapable de dépasser le souvenir et, encore pire, la capitalisation d’un souvenir. Boomer porte bien son nom et n’a aucune idée de quoi faire avec un casting désormais adulte. Il n’y a rien de drôle à voir des acteurs se débattre dans le sable mouvant d’une mémoire collective où personne n’a évolué et où on fait tout comme avant, avec le coup de vieux en prime.

Top : les nouveaux membres de la famille

Face à un ancien casting piégé dans des rôles mal écrits qu’il ne maîtrise plus, il faut saluer la fraîcheur des nouveaux visages, profitant en pleine conscience de cette liberté créatrice à leur égard. Et on ne parle pas de Caleb Ellsworth-Clark, remplaçant Erik Per Sullivan dans le rôle d’un Dewey aussi peu présent que gênant.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

Non, on salue davantage la prestation de Vaughan Murrae, sixième enfant de la fratrie (Lois se découvrait encore enceinte à l’issue de la série initiale), qui impose rapidement sa personnalité et s’intègre parfaitement à une famille si dysfonctionnelle. Même son de cloche du côté de la vie privée de Malcolm où la jeune Keeley Karsten et Kiana Madeira ont une alchimie immédiate et semblent avoir beaucoup à raconter.

Flop : d’un ennui mortel

Là où les épisodes de Malcolm étaient principalement centrés chacun sur des intrigues courtes ou maximum en deux parties, Rien n’a changé entend raconter un même récit sur quatre épisodes. Un rythme différent que Linwood Boomer et ses équipes ne maîtrisent absolument pas. Ce revival veut en dire beaucoup, alors qu’il ne raconte rien. Ce ne sont pourtant pas les sous-intrigues qui manquent, comme Malcolm et ses problèmes de couple, sa fille cherchant à s’adapter au lycée, Hal face à des remises en question existentielles, etc.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

Sauf qu’il semble avoir conscience dès le début de son incapacité à les développer correctement en une heure (au total), mais ne cherche pas à les abandonner pour autant. Résultat, elles sont bien à l’écran, mais font du surplace. On a le sentiment que le projet partait d’une idée et qu’après ils n’ont pas su quoi en faire. Est-ce un retour éphémère en forme d’hommage comme le laisse entendre la réunion finale ? Est-ce une envie de relancer quelque chose comme le laisse entendre tout l’arc de Leah ?

Et au milieu, on a des blagues pour faire des blagues, souvent poussives et forcées. On décroche un sourire à l’occasion, presque par dépit, et on laisse le malaise s’installer, presque gênés par tous ces efforts déployés à l’écran, qui tombent constamment dans le vide absolu. On a autant envie de relancer Malcolm que de voir ce Rien n’a changé s’arrêter au plus vite.

Flop : le nouveau paragon du caméo gratuit

On ne va pas se mentir, ce Malcolm : Rien n’a changé est surtout l’occasion de voir des personnalités, qui ont quitté le métier pour la plupart, se réunir dans une bonne ambiance. Le problème, c’est que par le prisme d’une fiction, il faudrait du liant, quelque chose capable de tenir tous ces bouts de ficelle ensemble. Boomer nous sort un « vu et s’en tape » spectaculaire où il envoie la cohérence au fond du fond du trou.

Malcolm : Rien n'a changé – les tops et les flops d'un rendez-vous manqué
© Disney+

Malcolm : Rien n’a changé est l’Avengers rassemblement du caméo gratuit. On s’en doutait déjà un peu à l’annonce des têtes présentes au générique durant les mois de développement, mais on espérait encore qu’il y aurait une raison à tout cela. Non. Aucune. On ramène tout le monde, on ne sait pas comment, on ne sait surtout pas pourquoi, on sait juste qu’il y a eu des chèques à la clé.

Même parmi les personnages principaux, il y a un net écart d’implication. Là où Malcolm peut avoir son arc, comment ne pas être triste de voir Reese et Francis grappiller les restes ? Et comme il n’y a pas l’espace pour six enfants, on écarte Jamie et Dewey, plus simple. Tout sonne faux, tout sonne la récupération, tout sonne le projet pensé uniquement pour jouer sur un nom iconique et faire le buzz. Au générique de fin, on est simplement triste. Triste de voir que toute la distribution semble ravie d’avoir cette seconde chance ensemble et que ce revival ne lui fait pas honneur, ni à elle, ni à la série originale.

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