Il fut un temps où les bracelets connectés ressemblaient à des promesses d’avenir. Jawbone en fut le pionnier : un petit capteur sous forme de bracelet sans écran, qui mesurait nos pas et notre sommeil à une époque où le quantified self faisait encore rêver. Dix ans plus tard, le concept a été affiné — voire radicalisé — par Whoop, cette marque américaine haut de gamme qui a bâti son succès sur son bracelet minimaliste avec suivi continu de la récupération et du stress physiologique… et un abonnement mensuel digne d’une salle de sport (de 199 à 399€ par an).
Entre les deux mondes — celui du gadget de masse et celui de la donnée premium – le chinois Amazfit tente une percée avec son Helio Strap. Pas d’écran, pas de fioritures, mais un capteur optique de dernière génération et un suivi avancé du sommeil, de la fréquence cardiaque et de la variabilité du rythme cardiaque (HRV). Juste sous la barre des 100€, et sans abonnement, le bracelet promet de démocratiser ce que Whoop facture au prix fort : comprendre comment son corps encaisse, récupère et progresse.
Design et confort : le trackeur invisible qui s’assume
À première vue, l’Helio Strap ne cherche pas à séduire. Il ressemble à un simple bandeau de nylon noir de 20 g, discret, sans écran ni bouton. Son seul signe de vie ? Une vibration lorsqu’on le synchronise à l’application Zepp, l’interface d’Amazfit. C’est ce dépouillement total qui fait tout son charme : on le porte 24 heures sur 24, sans jamais se dire qu’on a un gadget au poignet. Même la nuit, il se fait oublier — un atout non négligeable pour ceux que les montres réveillent au moindre mouvement.
Autre bonne surprise, l’autonomie. Amazfit annonce dix jours, et c’est à peu près ce qu’on obtient : une semaine pleine d’entraînements, de sommeil suivi, et encore de la marge avant de sortir le petit chargeur magnétique. En revanche, le bracelet en nylon, s’il est souple et agréable, retient un peu l’humidité après les séances cardio ou au sortir de la douche. Pas dramatique, mais on aurait apprécié un second bracelet en option pour alterner éventuellement.
Capteurs et précision : du sérieux pour le prix
Sous ce design simplissime se cache un vrai capteur, très pro : le BioTracker 6.0, avec cinq photodiodes et deux LED. Un duo qui assure une mesure précise du rythme cardiaque, même sur des efforts intenses ou saccadés. Sur le terrain, lors de quelques sorties footing, le bracelet Helio Strap a tenu tête à une ceinture Polar H10 et à une montre Garmin Fenix sur plusieurs sorties : en course comme en vélo, les courbes se superposent presque parfaitement.
Sur un fractionné 30″/30″ en côte, la montée du cardio est fluide, avec un léger lag mais rien de dramatique. Même constat sur un home trainer : les variations d’intensité sont très correctement captées, là où beaucoup de capteurs optiques perdent pied. Pour un bracelet à 99,90€, c’est une belle performance, surtout qu’il peut diffuser les données cardio en Bluetooth vers Strava, ou TrainingPeaks par exemple. En revanche, pas de GPS intégré : pour suivre un itinéraire, il faudra garder le smartphone à portée.
Sommeil et récupération : des promesses à affiner
Sur le terrain du suivi physiologique aussi, Amazfit veut rivaliser avec Whoop. Le Helio Strap mesure la variabilité du rythme cardiaque (HRV), le stress, et le sommeil. L’application Zepp en tire deux indicateurs phares : BioCharge, qui estime votre niveau d’énergie, et Exertion, qui mesure la charge d’effort quotidienne.

Sur le papier, c’est clair. Dans les faits… un peu moins. Les scores varient parfois sans qu’on en comprenne bien la logique, et la courbe de récupération semble parfois décalée. Rien de dramatique, mais on sent que l’algorithme a encore besoin d’affinage. En revanche, la détection du sommeil est convaincante : les heures d’endormissement et de réveil collent bien à la réalité, et le score global correspond au ressenti du dormeur. Cependant, les phases (REM, profond) semblent mal identifiées, très différentes d’autres outils portés en parallèle et considérés comme fiables.
Sur le terrain : un vrai compagnon de progression
Lors d’une sortie trail d’une bonne dizaine de kilomètres, le bracelet a suivi sans broncher les variations de fréquence cardiaque entre montées abruptes et descentes techniques. Les transitions sont fluides, les zones de travail bien identifiées. Sur une séance de renforcement type Hyrox, il reconnaît automatiquement les exercices les plus courants (burpees, squats, kettlebell swings…) et compte les répétitions avec une précision correcte.

C’est aussi un bon compagnon de musculation en salle de gym pour enregistrer vos différents exercices. En revanche, l’application Zepp reste parfois trop dense : on navigue entre onglets et sous-menus sans toujours savoir où chercher les infos clés. Le logiciel progresse, mais il lui manque encore la cohérence de l’interface Whoop ou d’une montre connectée type Samsung, Garmin ou Apple.
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