À la découverte du Dyson V16 Piston Animal, on reconnaît son ascendance dès le premier coup d’œil. Même si le design a évolué, on sait d’emblée qu’il s’agit d’un Dyson ; cela ne fait aucun doute. Les couleurs ont changé – pas seulement celles des cyclones comme Dyson en a l’habitude, mais aussi celles du châssis et des brosses, qui troquent le traditionnel coloris argenté contre du plastique noir mat. Cela ne change rien à la qualité perçue quand on manipule l’appareil ni à la préhension ; la poignée est agrémentée de fines bandelettes antidérapantes sur les côtés comme celle du Gen5. Les brosses et accessoires paraissent aussi costauds et de qualité. Néanmoins, sur l’unité que nous avons testée, nous avons parfois eu beaucoup de difficulté à détacher le tube de l’aspirateur à main (mais pas systématiquement, bizarrement), le loquet servant à désassembler les deux parties semblant quelquefois se bloquer. Dans ces situations, nous avons dû forcer et jouer sur les deux éléments pour les dissocier.
Une panoplie d’accessoires correcte mais pas pléthorique
Nous avons testé la version la plus abordable, à 849 euros, fournie avec une unique brosse pour les sols, la nouvelle tête auto-démêlante baptisée All Floors Cones. Ensuite, le packaging compte un suceur long, un suceur plat deux-en-un avec brossette, une mini turbo brosse anti-enchevêtrement et la station d’accueil murale avec le chargeur. Dans la gamme, il existe aussi un modèle V16 Piston Animal Submarine, enrichi de la brosse lavante du même nom, tout de même vendu à 999 euros.
Précisons également que le V16 intègre directement deux embouts fixes au bord en biseau, mais sans brossette : un rattaché à l’aspirateur à main quand on détache le tube, l’autre au bout du tube, quand on enlève la brosse pour les sols. Ils sont pratiques pour nettoyer ponctuellement un coin, un rebord ou une plinthe lors d’une séance de ménage car on n’a pas systématiquement les petits accessoires sous la main. Quant à la mini turbo brosse, on apprécie sa présence car si de nombreux fabricants la vendent comme un accessoire destiné aux possesseurs d’animaux, elle est aussi bien utile à tous les autres, pour retirer des cheveux sur des tissus, dépoussiérer des coussins, un canapé ou même un matelas.
Une brosse multifonction All Floors Cones pas totalement convaincante
Nous sommes un peu plus sceptiques quant au nettoyage des sols. On remarque en effet que Dyson est resté fidèle à sa politique tarifaire mais moyennant une réduction des accessoires. Quand les modèles d’ancienne génération V15 et Gen5 sont livrés avec deux brosses pour les sols (multifonction et Optic Fluffy pour les sols durs), le V16 n’inclut qu’une seule brosse destinée aux sols. Si les utilisateurs qui possèdent principalement des tapis et moquettes s’en satisferont, à notre sens, ceux qui ont des sols durs auraient pu espérer mieux. En effet, sur ces revêtements, la nouvelle brosse All Floors Cones ne fournit pas des résultats parfaits. Sur les carrelages et parquets, quand il y a beaucoup de déchets épais, la brosse peut avoir tendance à les projeter vers l’arrière. Il s’avère aussi indispensable de régler le curseur qui se trouve à l’avant de la brosse – si on ne prend pas la peine de le faire, les performances s’en trouvent dégradées. Si ce bouton n’est pas dans la position adéquate, soit on perd de la puissance d’aspiration pour collecter de la poussière fine, soit on a du mal à aspirer les saletés épaisses comme la litière minérale pour chat.

Mais surtout, elle est moins confortable que l’ancienne brosse Optic Fluffy car elle est plus lourde, plus grosse et plus épaisse. De ce fait, elle se faufile moins facilement dans les espaces étroits et son poids n’aide pas à la manœuvrer quand il faut la soulever pour l’y glisser. De plus, sa forme étant légèrement en pointe à l’avant, quand on fait le ménage et qu’on s’approche d’un meuble ou d’une plinthe par l’avant, on ne peut pas y coller totalement la brosse. Cela oblige à se tourner pour longer le mur ou le meuble en plaçant la brosse de profil.

Dernier défaut : du fait de sa conception, sur les sols durs, elle est également bien plus bruyante. On entend en effet le frottement des rangées de poils en nylon alors que le rouleau doux de la brosse Fluffy est bien plus discret. C’est d’ailleurs principalement à cela que tient le niveau sonore du V16 (aux environs de 70 dB), toutefois pas supérieur à la moyenne. Dans ces circonstances, dommage que Dyson n’ait pas prévu une version spéciale du V16 dédiée aux sols durs, quitte à ce qu’elle contienne seulement l’ancienne tête Optic Fluffy.
Souple et « éclairée » malgré tout
À côté de ça, cette brosse n’a pas que des défauts. Le système auto-démêlant, basé sur deux cônes et un capot enrichi de poils rigides pour les gratter, est très efficace. Lors de nos tests, nous n’avons pas retrouvé de cheveux longs enroulés autour de la brosse ni de poils de chat coincés. Ensuite, elle profite du savoir-faire de Dyson dont les brosses sont généralement bien articulées. C’est le cas ici puisqu’elle tourne dans tous les sens et malgré le fait qu’elle soit un peu lourde, elle reste maniable. Enfin, le laser vert révélant la poussière fine qu’on trouvait sur la brosse Optic Fluffy est reconduit ; il a même été amélioré. Il n’est plus placé sur un côté mais au centre. De plus, il est plus puissant, ce qui permet d’éclairer plus loin, avec un champ plus large. On peut sans difficulté nettoyer des pièces sans fenêtre sans même avoir besoin d’allumer la lumière tellement la brosse All Floors Cones éclaire fort.

Pour faire apparaître les poussières invisibles ou les poils d’animaux cachés, c’est toujours aussi efficace. Même si c’est moins étonnant aujourd’hui qu’au lancement de cette technologie car Dyson n’en a plus le monopole et elle tend à se démocratiser. Quand on commence à faire le ménage, même si le sol a l’air propre en apparence, dès que le laser s’active, on ressent toujours ce besoin impérieux d’aspirer encore un peu, une pièce de plus, puis deux… Précisons tout de même que le laser n’a jamais été présenté comme efficace sur les tapis et moquettes. Dans le cas de la nouvelle brosse, qui détecte automatiquement les surfaces, sur les tapis et moquettes, le laser, inutile, s’éteint automatiquement en modes auto et boost (pas en mode éco).
Il aspire fort, mais la puissance ne fait pas tout
Comme nous l’avons évoqué précédemment, sur les sols durs, l’aspiration de déchets épais comme des grains de litière minérale ou des morceaux de croquettes en quantité peut se montrer délicate : la brosse en projette par l’arrière (surtout en mode boost) et il faut repasser plusieurs fois. Et il faut aussi avoir pris la peine de régler correctement la hauteur de la brosse (grâce au bouton à glissière à l’avant). En revanche, salissures fines et légères ne posent aucun problème, par exemple les cheveux, poils d’animaux, peluches et poussières sont récoltés sans difficulté.

Sur les moquettes et tapis, la puissance et la vitesse de rotation de la brosse s’ajustent automatiquement. Malgré tout, il faut repasser plusieurs fois sur la surface pour aspirer les saletés épaisses comme la litière – augmenter la puissance pour la faire passer en mode boost n’y change rien.
Qu’on souhaite nettoyer des sols durs ou bien des tapis/moquettes et quels que soient les saletés qu’on aspire, le mode éco se révèle un peu court, surtout s’il y a beaucoup à aspirer. Le mode auto fournit les meilleures performances. C’est donc celui que nous recommandons sans réserve. Nous avions déjà salué son efficacité et sa réactivité sur les aspirateurs balais Dyson de générations précédentes.

Le mode boost, lui, fait naturellement fondre l’autonomie alors qu’il n’améliore pas toujours la collecte de saletés – à utiliser avec parcimonie, donc. L’endurance reste proche de ce que nous avions mesuré lors de notre test du Gen5 : 77 minutes en mode éco, 45 min en mode auto et seulement 16 min en mode boost. Pour être complet, signalons tout de même que l’autonomie qu’avec l’ancienne brosse motorisée Digital Toolbar, en mode éco, l’endurance était moindre (environ 60 min).

Comme souvent lors de nos tests, on constate que la puissance d’aspiration, pourtant plus élevée ici, ne fait pas tout : les accessoires contribuent beaucoup à l’efficacité de dépoussiérage. À ce propos, la mini turbo-brosse fait des miracles et déloge les poils d’animaux ou cheveux des textiles en moins de deux – sans avoir à augmenter la puissance, d’ailleurs. Et quand on enlève les accessoires (notamment la brosse principale), la puissance augmente légèrement, si bien qu’en mode auto, on aspire sans difficulté des moutons logés dans les espaces étroits avec le seul tube.
Une ergonomie qui a évolué, mais pas tant que ça et en conservant ses petits défauts
L’apparence générale du V16 a légèrement changé. En plus de l’apparition du noir mat, le collecteur s’est vraiment affiné, ce qui le fait paraître plus compact que ses prédécesseurs. On est immédiatement déçu de constater que le poids n’est pas allégé pour autant puisque le V16 pèse presque 3,4 kg équipé pour dépoussiérer les sols – un poids qu’on ne va certes pas totalement supporter dans la mesure où une partie repose au sol, mais l’aspirateur à main seul pèse déjà plus de 2 kg. Malgré sa cure d’amincissement, le V16 est donc au moins aussi lourd que le Gen5 et plus que le V15. De plus, sur le marché actuel, certains fabricants parviennent désormais à proposer des appareils bien plus légers. Le V16 reste néanmoins maniable, la souplesse de sa brosse participant au confort d’usage.

En outre, malgré sa taille de guêpe, le collecteur contient autant que les précédents, même plus, et ce grâce au système de compactage de poussière (1,3 L quand ses prédécesseurs pouvait récolter 0,77 L). L’idée est très simple : pour que le bac puisse contenir un maximum de saleté, on compresse son contenu. Pour cela, Dyson a tout simplement prévu un loquet (rouge) à l’arrière du collecteur, qu’on pousse pour faire descendre une bague raclant toute la poussière entre les parois et le bloc de filtration central. C’est plutôt efficace pour tout ce qui est mou (cheveux, poils d’animaux, peluches, poussières…). Autre bon point : cela limite la poussière qui vole au moment de la vidange. La vidange, elle, s’effectue en ouvrant la trappe à l’aide d’un second poussoir (gris cette fois).

On regrette que le panneau de commande n’ait pas évolué. Lors de notre test du Gen5, on saluait la disparition de la gâchette qu’on n’avait donc plus à presser constamment. En revanche, on notait que la position des boutons, en haut et en bas de l’écran, obligeaient à utiliser ses deux mains pour passer l’aspirateur et le contrôler. Le bouton de changement de mode, en bas de l’écran, est à peu près accessible avec le pouce, mais pas celui servant à démarrer/arrêter, situé dans la partie supérieure. Dyson aurait pu profiter de cette dernière génération pour améliorer ce point.

En y regardant de près, on voit également apparaître une sorte d’anneau rouge tout en haut du tube. Il sert à détacher la brosse sans les mains, ce qui est plutôt astucieux, d’autant qu’on peut aussi la remettre sans se baisser. Dommage, on déchante un peu quand on se rend compte que le V16 s’arrête quand on remet la brosse, ce qui peut être très agaçant, d’autant qu’on a besoin de ses deux mains pour tenir le V16 (qui ne tient toujours pas debout en position de parking) et le redémarrer. D’autre part, si l’idée de retrait/remise en place de la brosse principale sans devoir se baisser est plutôt bonne, cela perd de son intérêt si jamais on a de grosses particules à aspirer car dans ce cas, il est nécessaire de régler le curseur placé à l’avant de la brosse…
La forme générale étant toujours la même, la poignée dépasse copieusement à l’arrière de l’aspirateur à main et le tube est toujours fixé au centre du collecteur. De ce fait, quand veut nettoyer sous certains meubles, par exemple un lit ou un canapé, la poignée bute sur le sol et empêche d’aller très loin.
Quant à l’affichage qui apparaît sur l’écran, il reste en couleur et bien lisible. On apprécie que l’autonomie s’affiche de manière précise, en minutes et secondes. Le mode s’y affiche également. Dyson reconduit aussi son compteur de particules qu’il tente de rendre un peu plus compréhensible grâce à un diagramme en bâtons – même si ça n’est pas encore la panacée. Les particules aspirées sont classées par dimensions et chaque bâtonnet change de couleur selon la quantité aspirée – par exemple, c’est celui de gauche qui devient rouge si on aspire des saletés épaisses. Mais nous restons convaincus que cette approche très scientifique n’intéressera pas tous les utilisateurs. D’où l’ajout pertinent d’un cercle lumineux autour de l’écran, dont la couleur varie en fonction de la quantité de déchets aspirée (vert, jaune, puis rouge) – bon point, cela fonctionne dans tous les modes (pas seulement auto).
Dernière remarque : le savoir-faire en matière de filtration faisant partie des expertises de Dyson, le fabricant parvient toujours à doter son V16 d’un unique filtre, quand la majorité des concurrents en comptent plusieurs. De plus, cet élément lavable à l’eau se salit peu.
L’application MyDyson en soutien
Le V16 Piston Animal se connecte en Bluetooth à l’application MyDyson (commune à tous les appareils de la marque). S’agissant d’un aspirateur, on apprécie qu’elle propose des réglages supplémentaires sans qu’on soit absolument obligé de s’y connecter. Ce qui est tout de même recommandé car on peut aussi bénéficier de mises à jour.
On y trouve le mode d’emploi ainsi que des vidéos et tutos bien pratiques pour apprendre comment utiliser et comment entretenir l’appareil. Des alertes y apparaissent également (notamment pour l’entretien) qui s’affichent en double à l’écran, sous forme d’animations. On peut y modifier la langue, la vitesse de la brosse (nous avons préféré conserver la vitesse automatique), de même que son éclairage (marche, arrêt ou gestion automatique que nous avons conservée aussi). Enfin, on y trouve des informations en temps réel sur le niveau de batterie, l’état du filtre et un historique des utilisations (qui lui, ne prend pas toujours en compte nos sessions et semble le faire de manière aléatoire).
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