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Test Call of Duty Black Ops 7 : le public a raison, c’est bien le pire COD de l’histoire

Un an après la sortie de Black Ops 6, Call of Duty revient aux affaires, toujours avec Treyarch et Raven Software aux manettes. On a passé pas mal d’heures sur ce Black Ops 7 et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette fois, la recette a beaucoup de mal à fonctionner. Les critiques qui fusent sur le net depuis sa sortie officielle sont loin d’être exagérées et de nombreux éléments du jeu semblent bel et bien avoir été bâclées. Explications.

Licence iconique du genre FPS depuis des lustres, Call of Duty ne peut se résoudre à prendre son temps, à marquer une petite pause, autrement dit, à faire l’impasse sur un épisode annuel de temps en temps. D’abord parce que la formule marche tous les ans, que la soupe est trop bonne pour Activision et pour le public de l’autre, qui va peut-être critiquer ce rythme de sortie ainsi que le manque d’innovations à prévoir, mais replongera tout de même allègrement dedans par habitude et par passion. Du moins, peut-être moins après le cru de cette année 2025.

Ensuite, parce qu’en théorie, le développement d’un Call of Duty se fait par roulement entre plusieurs studios. Infinity Ward, à qui l’on doit Modern Warfare 2 (2022) et que l’on attendait aux fourneaux cette année, Sledgehammer Games, Treyarch et Raven Software. Ces deux derniers avaient déjà sorti du four Black Ops 6, ce sont encore eux qui nous livrent cette fois Black Ops 7. Forcément, un an de battement entre deux jeux, ce n’est jamais un laps de temps suffisant ni un bon signe pour faire des miracles. Forcément, cela se ressent sur le rendu final. Le constat est terrible sur la Toile : 69 % de moyenne sur Metacritic de la part de la presse spécialisée, un user score de 1,7 (même si on soupçonne une belle campagne de review bombing de la part du public) pour les joueurs : Black Ops 7 est catalogué comme l’un des pires de l’histoire de la licence et a profondément déçu tous ceux qui y ont joué et pris le temps d’émettre un avis. Le monde est-il vraiment trop méchant avec cet épisode ? Pas vraiment non.

C’est pas l’hymne de nos campagnes…

Allons-y point par point, car il y a des choses à dire. Commençons donc par le commencement, à savoir la Campagne. Celle-ci a la bonne idée d’être jouable en coopération, jusqu’à 4 joueurs, constituant ainsi une squad digne de Warzone. Si elle peut être jouée en solo, elle a clairement été pensée pour au moins être faite à deux. Certains passages sont véritablement compliqués à passer sans l’aide d’un partenaire et lorsqu’on joue tout seul, les autres personnages de la campagne disparaissent, nous rejoignant seulement lors des cinématiques. On a l’habitude dans CoD d’avoir des compagnons dirigés par l’IA pas très futés et presque fantomatiques par séquences. Là, ils le sont réellement, ce qui est assez déroutant.

La mécanique même de la campagne semble avoir été pensé et hérité du multijoueur. Le menu, la façon de rejoindre la partie, le compte à rebours, tout y est. Avant même de parler d’histoire et d’entrer dans celle-ci, Black Ops 7 arrive à présenter une campagne froide, impersonnelle et qui manque d’une certaine direction finalement. Ou plutôt, qui emprunte beaucoup trop de chemins différents. L’intrigue vient faire écho à celle de Black Ops 2 et nous place face à David Mason, fils d’Alex, qui doit faire tomber avec son équipe un groupe terroriste rompu à l’art de la technologie appelé La Guilde.

Black Ops 7 avion
© Activision

Sa spécialité ? Instiller la peur chez l’autre à travers un gaz spécial, baptisé le Berceau, qui matérialise ni plus ni moins que les traumas et les pires cauchemars de ceux qui le respirent. Et c’est parti pour une campagne de 4 heures environ, répartie sur onze maps et autant de missions qui vont mêler passé, souvenirs douloureux et course poursuite aux quatre coins du monde pour stopper la Guilde et sa psychotique de chef, Emma Kagan.

Le pire scénario de l’histoire de COD

Et c’est là qu’on se perd. Et que Blacks Ops 7 nous perd surtout. Si on a déjà vu des choses totalement farfelues par le passé dans la saga Call of Duty, là, on a repoussé la limite de l’absurde. Il faudra bien qu’un jour, celui, celle ou ceux qui ont écrit, pensé et validé le script de cette campagne solo s’expliquent car là, c’est du grand n’importe quoi. Des machettes géantes qui tombent du ciel, avant de servir d’armes pour le joueur, des monstroplantes, un allié qui se transforme en boss géant, des souvenirs de gamin (comme une partie de pèche avec papa) à protéger et des ennemis qui varient entre le robot surarmé et le zombie courant partout, les développeurs ont tout mis, justifiant ainsi les délires psychédéliques et hallucinatoires du Berceau.

Black Ops 7 Boss Harper 2
© Activision

En soi, dans une société où rester dans son pré carré et jouer la sécurité peut toujours rapporter gros, à défaut de se renouveler, on ne peut que saluer sur le papier du moins, l’idée de proposer autre chose, d’aller plus loin et de prendre des risques. Mais, malgré la présence de quelques acteurs modélisés très connus dans la pop culture, comme Milo Ventimiglia (Heroes, This is us) ou encore Michael Rooker (The Walking Dead, Les Gardiens de la Galaxie) pour l’immersion, la sauce ne prend pas. On ne comprend pas les trois quarts de l’histoire, le propos tenu est long et redondant et rien n’est fait pour qu’on s’attache à notre escouade. Sans parler de la qualité des dialogues.

Des choix curieux et pas au service du joueur

Et puis là encore, on sent bien les raccourcis utilisés pour cette campagne. Les monstres cauchemardesques sortent tout droit du mode Zombie, que l’on a littéralement l’impression de jouer par moments. Dommage, car c’est cette même campagne qui permet d’apprécier la puissance et le recul des armes proposés, ainsi que la beauté graphique de ce Black Ops 7. Le jeu est plutôt joli et soigne la modélisation de ces avatars, un détail qui vient un peu nuancer une mise en scène quasi absente. Pourtant, ça reste du Call of. Quelques rares plages de répit, beaucoup d’action, des vagues toujours plus abusées d’ennemis et même des passages de plate-forme, que ne renieraient pas les jeux du genre. Entre pouvoirs spéciaux très stylés, mais qui nous sortent un peu (beaucoup ?) du propos et des armes de couleur, que l’on peut faire évoluer, la campagne de Black Ops 7 confirme surtout que Treyarch et Raven Software ont essayé de faire vite, efficace, et en piochant dans plusieurs genres de jeux et plusieurs licences à succès pour constituer cet épisode..

Black Ops 7 David Mason et Harper
© Activision

La Campagne est donc bel et bien décevante et totalement à l’opposé de ce qu’on pouvait attendre de la part d’un volet de Call of Duty. Pour ne rien arranger, elle souffre de choix curieux de la part de ses équipes : pas de pause possible en cours de partie, pas de checkpoint et une connexion obligatoire pour pouvoir la faire, ce qui est forcément problématique en cas de mise à jour impromptue (on a également testé le jeu sur Xbox et ce cas-là s’est bel et bien présenté) ou de coupure internet. Et si on veut “tricher” en se planquant le temps d’un petit besoin, la sanction tombe : on est exclu du jeu pour inactivité et bon pour tout recommencer. Quant au Endgame, il est vite ennuyeux et repoussant, autant parce qu’il ne fait que reprendre et répéter à l’envie toutes les capacités débloquées dans l’histoire de base. Ensuite parce que l’intelligence des ennemis, déjà pas toujours au top pendant la Campagne, est d’une faiblesse affligeante. Oui, ils sont lourdement armés. Mais non, ils ne sont pas intelligents et tactiques dans leurs déplacements.

Un multi classique, efficace mais…

A côté de cela, et probablement par manque de temps toujours ou par souci d’efficacité, le reste du contenu proposé dans Black Ops 7 est à la fois riche, classique et pas franchement révolutionnaire, notamment pour ceux qui avaient déjà pris part à l’aventure précédente il y a un an. Dans les 16 maps proposés au lancement – 6 vs 6 – La mobilité mise en avant est toujours de mise, renforcée par le walljump, qui comme son nom l’indique, consiste à se servir des murs pour rebondir dessus et atteindre des hauteurs. On glisse, on court, on saute, on rebondit parfois, voilà comment on pourrait résumer les déplacements dans Black Ops 7, avec une nervosité requise pour ne pas mourir trop rapidement. Car cet épisode reste fidèle à l’essence même des précédents : des gunfights rapides, des morts expéditives (trois balles et c’est ciao) et des maps faites et pensées pour offrir des sessions de jeux ultra rythmées.

Parfois, l’environnement est assez dégagé pour offrir un peu de profondeur à l’ensemble. Dans d’autres cas, la map est si petite que l’on se retrouve tous au même point, avec un effet entonnoir, avec la fâcheuse tendance à respawn dans des zones de tirs ou littéralement là où on est mort, attendu, vous vous en doutez bien, de pied ferme par la patrouille. Des défauts déjà vus avant et qui ne bougent toujours pas finalement. Ce qui est vraiment dommage, c’est que le design des maps ne met pas assez en valeur le walljump, ce qui est aussi un constat fait pour la Campagne. D’ailleurs, pour revenir brièvement sur celle-ci, son exploration est paradoxale : le jeu veut s’affranchir du modèle classique en proposant des maps façon open-world mais finalement, le déplacement du joueur est balisé et tous les éléments de la carte ne sont pas utiles ou exploitables dans les missions. On a tout de même remarqué parmi les modes proposés, le mode Surcharge, qui revisite un peu la capture de drapeau, en y ajoutant un aspect plus stratégique.

Black Ops 7 Le Berceau
© Activision

Reste le mode Zombies. Un mode apprécié et d’autant plus appréciable que cette fois, les choses ont été pensés en grand, avec une map dédiée, Ashes of the Damned, plus grande et donc, avec plusieurs objectifs différents à réaliser. Comme dans la Campagne, on peut se déplacer avec des véhicules, à la différence que ces derniers peuvent être améliorés pour attaquer et se défendre. Il y a de quoi faire dans Black Ops 7, c’est certain, mais avec le sentiment diffus, en dehors de la Campagne, que rien n’a réellement été abouti pour se démarquer. Encore moins quand la concurrence a décidé de muscler son jeu, avec le retour très réussi de Battlefield et le succès récent d’Arc Raiders.

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Notre avis

Fallait-il vraiment sortir un Call of Duty cette année ? Le cas de Black Ops 7 devrait faire réfléchir, tant la qualité n’est pas au rendez-vous. Même si la Campagne n’est plus le principal argument de vente et ce depuis longtemps de la licence, celle-ci est de très loin la pire de toutes. Le multi est efficace et ne prend pas trop de risques, si ce n’est le mode Engagement et ses parties en 20 contre 20 qui peine à soutenir la comparaison avec ce que propose Battlefield 6 aujourd’hui. Les fans de Cod et de Black Ops y joueront, du moins ceux qui n'ont pas déjà délaissé le jeu ou passé les dernières heures à le critiquer allégrement sur les réseaux sociaux. Les autres, en revanche, se tourneront certainement vers d’autres contrées pas si lointaines à explorer.
Note : 4.5  /  10

Les plus

  • Plutôt joli, notamment la modélisation des acteurs et certains effets (reflets, explosions)
  • Le walljump
  • Le mode Zombies, toujours aussi efficace...
  • ... tout comme le multi, à l'exception du mode Engagement

Les moins

  • La pire Campagne à ce jour de la licence
  • Pas de pause possible pendant la Campagne ainsi que la connexion obligatoire pour jouer
  • Le Endgame vraiment pas engageant sur la durée
  • Le walljump pas si exploité que ça
  • Pas de réels ajouts au mode Zombies
  • Du recyclage de partout, dans les modes, comme dans les maps
  • Ça sent trop l'épisode fait à la va vite et ça se ressent surtout
  • Trop de mélanges de genre et d'éléments vu ailleurs, pour une identité loin d'être claire
  • Cette année, la concurrence fait BEAUCOUP mieux

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