Ellipse est une petite société troyenne de vélo lancée en 2020 au business axé principalement sur les entreprises ayant besoin de vélos pour leurs collaborateurs. J’avais testé le premier modèle qui s’en sortait bien dans sa version à cadre ouvert, sa fourche suspendue et sa transmission par chaîne.
Pour l’essai de cette version « deux », j’ai réalisé un revirement à 180°. Comprenez qu’il est question d’un cadre fermé, d’une transmission monovitesse par courroie et d’une fourche rigide. La promesse d’un vélo urbain facile à utiliser et agile est là. Reste à voir si elle est tenue.

Contexte de l’essai
Plusieurs semaines passées au guidon de cet Ellipse E2. Il a servi de vélo urbain mais il a forcément eu droit à divers parcours de test, dont le fameux protocole visant à tester la tenue de la puissance en crête. Je fais autour des 95 kg et le temps était plutôt frais, mais positif (autour des 5°C).
Une configuration à la carte
La force d’Ellipse est la personnalisation, avec pas moins de 12 000 combinaisons revendiquées. Le prix va ainsi de 2 490 euros à 3 108 euros avec les deux paniers, la fourche suspendue, la couleur personnalisée, les sacoches Thule, la béquille centrale (à 39 euros et utile) et le porte-bagages à feu de stop intégré et rappels de clignotants.
Une fois que vous avez choisi votre type de cadre, vous passez à la suite.
Ellipse mise sur une petite configuration à la carte. À commencer par le coloris : blanc, bleu et noir sont gratuits. Les 12 autres couleurs sont à la commande et nécessitent un supplément de 48 euros. Une broutille compte tenu de la palette proposée.

Le guidon est au choix droit ou courbé (cruiser) selon vos préférences. Aucun rajout ici. Vient ensuite la transmission. Point de supplément non plus ici. Vous optez soit pour une monovitesse à courroie, soit pour une transmission Shimano CUES à 9 vitesses en 11-36.
On termine par la fourche. Elle est au choix rigide ou suspendue. Dans le second cas, il vous en coûtera 90 euros et vous aurez une Suntour SF15 Nex E25 offrant 50 mm de débattement. Vous passerez ensuite aux accessoires et ça peut chiffrer, sans jamais tomber dans l’extrême.
Caractéristiques techniques
- Courroie carbone : mono-vitesse, plateau 52 dents, pignon 20 dents
- Chaîne : Shimano CUES 1×9 vitesses, mono-plateau 38 dents, cassette 11-36 dents
- Moteur : Mivice M080 intégré dans la roue arrière
- Puissance / couple : 250 W – 45 Nm
- Assistance : capteur de couple, 3 niveaux (Eco, Normal, Boost)
- Batterie : amovible, 504 Wh
- Temps de charge : 6 h 30 (80 % en 3 h 30)
- Autonomie annoncée : 60 à 110 km et 43 km mesurés
- Cadre : aluminium 6061 T6
- Fourche rigide en aluminium 6061 T6 ou suspendue Suntour SF15 Nex E25 (débattement 50 mm)
- Freins : disques hydrauliques Shimano MT200, disques de 160 mm
- Pneus : Continental Double Fighter III, anti-crevaison, bandes réfléchissantes 584 x 50C
- Selle : Selle Royal Lookin en gel
- Tige de selle rigide (350 mm) ou suspendue (350 mm ou 450 mm)
- Potence : réglable 70 mm (0–60°), compatible SP Connect
- Garde-boue : noir mat, compatibles pneus jusqu’à 584 x 50C
- Béquille : arrière, réglable, aluminium, noire
Design : c’est très classique et passe-partout
Le dessin n’a rien d’incroyable. Tout en sobriété, avec ses soudures lissées, le cadre en alu voit le tube horizontal réaliser un décroché. Les haubans sont plutôt fins et le tube diagonal reste contenu malgré un creux profond pour la batterie de 504 Wh (quand on s’attend à 325 Wh généralement sur ce type de vélo).

Le vélo se décline en trois tailles (S, M et L) pour des personnes allant de 1,55m à 1,95m.
Le cintre a fait l’objet d’un soin particulier : réglable en inclinaison, courbé dans notre modèle d’essai, il se pare de petits clignotants aux extrémités, bien faits et robustes, à défaut d’être très visibles en journée. Ils s’activent via une pression sur les boutons ronds et noirs du guidon.
Le feu arrière est en deux parties : un trait de LED vertical et un feu horizontal. Notre version de porte-sacoche minimaliste (79 euros) n’intègre pas le feu de stop avec rappel de clignotants. Une option à 135 euros, mais élégante et efficace.
Les garde-boues noirs tranchent avec le blanc froid du modèle. Le moteur est logé discrètement dans le moyeu de la roue arrière. Le phare intégré au cadre est joli et offre deux types d’éclairage (position et route). Lui, s’active en pressant les deux boutons ronds du guidon en même temps.

Sur cet ensemble fin sont greffés une selle Royal suspendue (très confortable) et des énormes pneus Continental Double Fighter II très polyvalents de 5 cm de large. L’écran de cette version 2 est revu. En couleurs et cliquable, il bénéficie de petites animations très réussies.
Le résultat manque d’un effet wouah, mais ne montre aucun faux pas. On aurait peut-être aimé un design un peu plus audacieux. Mais difficile alors de revendre ça aux entreprises.
Une sécurité par code
Il n’y a pas de bouton marche à presser. La touche « power » logée sur la tranche gauche de l’écran sert à éteindre le vélo, mais ce dernier se met en veille (comptez une perte de 2 % de batterie max par jour). Il suffit de le pousser pour qu’il se déverrouille.
Si vous l’éteignez, il faudra alors entrer un code en jouant avec les deux touches du guidon pour l’utiliser. Faute de quoi, il sonnera de plus en plus fort. Ellipse a également utilisé des vis antivols sur tous les points critiques du vélo.
Conduite : léger, maniable et joueur
Pour un poids pas si léger que ça, l’Ellipse E2 fait preuve d’une remarquable agilité. Une raison de plus de bien réfléchir avant de succomber à la fourche avant suspendue, qui ajoute du poids.
Le moteur Mivice sait être discret et ses 45 Nm de couple offrent une poussée bienvenue. Le travail sur la réactivité de l’assistance paie et aucune latence n’est à déplorer. L’énergie du coup de pédale subit peu de pertes dans notre configuration rigide. Mais pas de quoi s’époumoner sans assistance. La faute à des pneus tout de même bien larges et la barre des 20 kg presque franchie.
Le freinage, lui, est aux petits oignons. Disons que j’ai essayé tellement de solutions no name ou bas de gamme, que les MT200 de Shimano et leurs disques de 160 mm font office de Rolls. Cela signifie 95 kg de cycliste et 20 kg de vélo lancés à 25 km/h qui s’arrêtent en 3 mètres maximum. Les manettes offrent une belle progressivité et offrent, de fait, un dosage fin. On n’en parle pas assez, mais un bon freinage est un vrai plaisir. À vélo comme en moto d’ailleurs.
La tenue de route est au top, aidée par ces pneus Continental Double Fighter II (qui ne « fight » rien du tout) mais qui sont un bon compromis entre robustesse, terrains accidentés et route. Mais des roues plus lourdes, ce sont des masses non suspendues plus importantes. Cela dit, la maniabilité est présente. Le cadre y participe d’ailleurs beaucoup. Le vélo est joueur et permet de s’amuser sur le trajet du matin.
La selle est délicieusement moelleuse et la tige suspendue atténue grandement les vibrations.
Une assistance offrant trois « vrais » niveaux
L’assistance mérite son paragraphe. Le premier point remarquable vient de la réactivité du moteur lorsqu’il est sollicité et nous en avons parlé précédemment.
Le second point est la segmentation des assistances. En mode Eco, vous pouvez rouler et faire un peu monter le cardio. En mode Normal, vous roulez normalement avec peu d’effort. En mode Turbo, l’effort est quasi inexistant.

Mais ça, c’est sur sol plat. Avec la courroie, dans une montée un poil raide, il faudra vous mettre en danseuse et forcer sur vos mollets. Moralité : si vous vivez en milieu vallonné, même légèrement, il faudra opter pour la version à transmission par chaîne. D’autant que ce kit Shimano CUES en 11-36T à 9 vitesses ne vous coûtera pas plus cher.

Autonomie : de correcte à très bien
L’autonomie réelle en conditions fraîches avec un cycliste de 95 kg sur la selle est de 43 km en mode boost. Vous pourrez grappiller 7-8 km de plus en mode normal.

J’ai cependant noté que la batterie baisse rapidement dès qu’on descend sous les 25 %. En contrepartie, la puissance ne faiblit pas jusqu’à la dernière goutte d’électrons. La recharge m’a pris environ 6 heures. C’était long pour un chargeur de 3 A. Mais l’autonomie étant correcte, ça peut encore aller.
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