« Delta signifie “changement” ou “différence” sans modification de la structure. ». Voilà comment Konami justifiait l’appellation Metal Gear Solid Delta : Snake Eater rapidement après son annonce officielle. Le remake de Metal Gear Solid 3, jeu culte paru pour la première fois en Europe en 2005 sur PS2, se voit affubler d’un titre aussi original que déroutant.
Il fallait bien que Konami marque les esprits pour le grand retour de la licence MGS sur le devant de la scène. Le premier Metal Gear Solid majeur sans Hideo Kojima aux manettes tient-il ses promesses ? Oui et non. « Delta » ne lui va finalement pas si bien…
Un scénario toujours aussi passionnant
Avant d’aborder les nouveautés apportées par ce remake, il convient d’évoquer le scénario de Metal Gear Solid 3. L’histoire prend place en pleine guerre froide entre les États-Unis et l’URSS, en 1964, peu après la crise des missiles de Cuba. C’est dans ce contexte que Snake doit se rendre sur le territoire russe pour exfiltrer Sokolov, un ingénieur contraint de développer une surpuissante arme nucléaire, vers les États-Unis.

Évidemment, les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu, donnant un nouveau tournant à la mission de notre espion. Si Metal Gear Solid 3 est considéré comme un monument du jeu vidéo, il le doit en partie à son récit exceptionnel. On apprécie toujours autant de voir MGS s’insérer chronologiquement au cœur de l’Histoire en y apportant une dose de fiction pour nous raconter un scénario d’une rare richesse.
L’histoire, sans grand H cette fois, nous présente une galerie de personnages extrêmement charismatiques, de Snake lui-même en passant par la légendaire The Boss. Vous allez vivre de grands moments de narration grâce à une écriture absolument parfaite et une science de la mise en scène exquise héritée du travail d’Hideo Kojima.

L’Unreal Engine 5, pour le meilleur et pour le pire
En effet Konami ne prend pas le risque de retoucher le scénario du jeu d’origine dans ce Metal Gear Solid Delta : Snake Eater. Le récit est parfaitement identique, tout comme la mise en scène et les dialogues, à la ligne près. Sur ce point, il s’agit d’une très bonne chose aussi bien pour les nouveaux venus que pour les fans de la première heure.
Là où MGS : Delta Snake Eater se distingue grandement du matériau d’origine, c’est du côté graphique. L’Unreal Engine 5 nous gratifie de modèles 3D impeccables et de visages extrêmement détaillés. La végétation et les décors sont également criants de beauté et de réalisme grâce au moteur graphique d’Epic Games. Qu’il est agréable de revivre les multiples séquences et cinématiques cultes de MGS 3 dans ces conditions. On se délecte de chaque apparition de Snake, Eva, The Boss et tous ces personnages mythiques plus fins et expressifs que jamais.

En revanche, nous avons été surpris de constater plusieurs tares techniques au cours de notre périple. Des chutes de framerate peuvent survenir durant les phases d’action et les cinématiques les plus explosives. Pire, le jeu a carrément planté par deux fois, allant jusqu’à nous obliger à redémarrer la PS5. Un troisième crash a failli survenir au moment d’une sauvegarde (qui a pris près de cinq minutes à s’achever), ce qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.
Tactique, espionnage, action, survie et santé
Bien entendu, Metal Gear Solid Delta : Snake Eater mêle toujours infiltration et action de belle manière. Snake, qui passera le plus clair de son temps en milieu forestier, peu se vêtir de différents camouflages pour se fondre dans l’environnement. Un système toujours aussi plaisant qui nous pousse à faire preuve d’une grande vigilance lors de nos déplacements. D’autant plus que les ennemis vous repèrent de très loin dans les modes de difficulté avancés.
Il y a 20 ans, sur PS2, il fallait absolument se rendre dans le menu pour changer de tenue et de peinture pour le visage, ce qui avait tendance à casser un petit peu le rythme, surtout dans les zones où plusieurs textures se chevauchent. Le remake introduit un accès rapide aux camouflages en appuyant sur la flèche du haut. Le changement de tenue se fait alors en une fraction de seconde.
Problème, il est impossible de configurer soi-même des sets de tenues et de peintures pour le visage. Il existe des configurations prédéfinies, tandis que certaines sont générées en fonction de vos choix récents, mais impossible de les paramétrer soi-même. Dommage.

L’aspect survie reste lui aussi inchangé dans ce remake. Le mangeur de serpent doit toujours chasser pour maintenir son endurance au plus haut et ainsi rester performant. Même chose pour le système de soin. Il faut traiter chaque blessure de Snake individuellement en appliquant le bon traitement (onguent pour une brûlure, sérum pour le poison, couteau pour extraire une balle…).
Le CQC, techniques de combat rapproché, est toujours de la partie. Snake peut ainsi frapper les ennemis pour les assommer, faire des prises ou les saisir par derrière pour les interroger. Il est toujours possible de les prendre en joue pour récupérer leurs objets. Dans ce remake, certains d’entre eux donnent des bobines de film 8 mm servant à accéder à des cinématiques parodiques dans le théâtre secret. Un des très rares ajouts qu’a osé faire Konami…
Un remake qui ne surprend jamais
Vous l’aurez compris, Metal Gear Solid Delta : Snake Eater n’apporte quasiment aucune innovation par rapport à son modèle. Il est très regrettable de ne pas constater d’évolutions même sur des pans a priori un peu plus faciles à repenser.
Par exemple, les niveaux sont toujours aussi agréables à traverser grâce aux différents chemins qui s’offrent à nous si l’on ouvre bien l’œil. Mais aussi excellent soit-il, le level design reste strictement le même qu’en 2005. Il ne nous livre pas la moindre surprise. Pas de zones annexes supplémentaires comme dans certains remakes récents. Même le placement des ennemis est strictement repris de MGS 3. Pire, on retrouve exactement les temps de chargement de l’époque entre chaque zone.

Certes, il aurait été difficile de faire sans aucun écran noir, ne serait-ce que pour délimiter la zone d’alerte des ennemis. Pour autant, nous nous attendions à voir ce remake délesté de certains d’entre eux pour gagner en immersion. Pas non plus de nouvelles armes ou encore de camouflages innovants à se mettre sous la dent. La boussole, qui n’a aucune utilité, est le seul objet inédit.
Rien de neuf non plus du côté des combats de boss cultes contre l’unité Cobra, de The Fear à The Fury en passant par le mythique The End. Un ou deux affrontements aurait quand même mérité une modernisation pour coller un peu plus aux standards actuels.

Par exemple, le combat contre Ocelot est d’un classicisme qui passait sans souci en 2005, un petit peu moins en 2025. Konami aurait clairement pu retoucher ces duels sans altérer le moins du monde l’aura de MGS 3. Là encore, une occasion manquée de faire parler les talents encore présents dans ses studios.
Au moins, les astuces pour venir à bout de chacun d’entre eux fonctionnent encore dans ce remake, ce qu’apprécieront les puristes et les amateurs de speedruns.
Un nouveau style pas si nouveau que ça
Alors oui, Snake est un petit peu plus mobile qu’il y a 20 ans, puisqu’il peut maintenant se mettre sur le dos et avancer accroupi. Il aurait été indécent de ne pas retrouver ces mouvements tirés des derniers MGS dans Delta. La caméra du mode « nouveau style » vient aussi souffler un petit vent de fraîcheur sur le bandana de Snake. Elle se veut bien plus immersive étant donné qu’elle se place bien plus proche de lui.

Il convient quand même rappeler qu’il s’agit peu ou prou du point de vue introduit par la version Metal Gear Solid 3 : Subsistence. Certes, la disposition des touches évolue quelque peu dans cette configuration, mais rien qui ne vaut toute la communication faite par Konami sur ce nouveau style avant la sortie.
Nous attendions de Metal Gear Solid 3 Remake qu’il sorte un peu de sa zone de confort comme Silent Hill 2, autre titre de Konami, a su le faire en 2024. Raté. Heureusement, le gameplay de Metal Solid Delta : Snake Eater est tellement bien huilé, tant côté infiltration qu’action, qu’on passe outre la frilosité de Konami. Le plaisir de jeu est là à chaque instant.

Pas de mode multijoueur au lancement pour Metal Gear Solid Delta : Snake Eater
Le mode multijoueur en ligne intitulé Fox Hunt aurait pu donner une autre dimension à Metal Gear Solid Delta : Snake Eater. Malheureusement, il faudra patienter jusqu’à cet automne pour le découvrir. L’infiltration basée sur les camouflages sera au cœur du gameplay de ce nouveau mode.
Une fois l’aventure bouclée en 10 à 12 heures, il est toujours possible de lancer un new game+. Vous retrouverez toutes les tenues et objets spéciaux (comme le camouflage optique) déjà débloqués. Le mode photo inédit permet de les admirer sous tous les contours. Snake vs Monkey, dans lequel il faut capturer les singes d’Ape Escape à travers différents niveaux, vient aussi rallonger la durée de vie de Delta.
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