La différence entre Dyson et les fabricants chinois qui ont investi en masse le marché européen n’est plus aussi abrupte qu’autrefois. Si l’enseigne historique peut compter sur une réputation toujours solide, et quelques bonnes surprises du côté de ses appareils connectés, la concurrence propose de solides alternatives, à des prix largement plus abordables. C’est dans cette catégorie que veut jouer le Pure One A90S de chez Tineco.
Un poids lourd pour faire de l’ombre à Dyson
Dès la sortie du carton, le Pure One A90S envoie du lourd, dans tous les sens du terme. Le châssis offre des finitions précises, l’ensemble inspire la confiance. La brosse 3DSense Master avec ses LED vertes et son design massif attire l’œil, on est sur un modèle solide et (a priori) efficace.

Le problème, c’est que les choix de Tineco en matière de design ont un coût : le A90S est lourd. Avec près de 3,8 kg lorsque ses accessoires sont installés, il se fait sentir. Sur les sols, la répartition des masses reste acceptable, mais dès qu’on l’utilise en aspirateur à main pour attraper une toile d’araignée ou dépoussiérer un meuble, notre avant-bras le ressent. À 699€, on aurait aimé un peu plus de légèreté, surtout quand des concurrents proposent des formats plus agiles pour un tarif équivalent.
Le tube pliable à 180° et la tête pivotante sont en revanche de vraies réussites. Passer sous un canapé sans se mettre à genoux, c’est le genre de détail qui change la vie au quotidien. Le SmartLift System gère les gros débris sans obstruction, et la brosse ZeroTangle limite efficacement l’enroulement des cheveux autour du rouleau. C’est sans doute l’une des améliorations les plus appréciables, surtout si vous avez des animaux ou des colocataires aux cheveux longs.
Des performances solides sur leurs appuis
Sur le terrain, le A90S convainc. Ses 270 AW viennent à bout des poussières fines, miettes, poils d’animaux, et le système 3DSense tient ses promesses, en détectant la saleté via son capteur DustSense et monter en puissance automatiquement là où c’est nécessaire. L’anneau lumineux sur la brosse qui vire du rouge au bleu selon le niveau de saleté détecté est un peu gadget sur le papier, mais on s’en accommode très vite, de même que la gâchette qui permet de sélectionner la taille des saletés environnantes.

L’EdgeSense, qui augmente l’aspiration à l’approche des plinthes et des murs, fonctionne également très bien. La brosse couvre efficacement les bords de la pièce, et l’éclairage LED vert à 150 degrés est bluffant : il révèle la poussière que l’on croyait avoir éliminée depuis des semaines. Sur certains sols clairs, c’est presque anxiogène, mais aussi très satisfaisant. La plupart des modèles concurrents l’ont désormais adopté, et c’est devenu un indispensable pour nous au quotidien.
Le Dyson killer ?
Là où le A90S concède du terrain face à Dyson, c’est sur les surfaces avec des rainures profondes ou les tapis à poils longs très incrustés. Si la force brute de l’aspirateur n’a pas à rougir face au géant de l’aspiration, elle est à la traine sur les sols plus exigeants. Sur un entretien régulier, la différence ne se voit pas, mais c’est le genre de détails susceptible de crisper les maniaques que nous sommes.

L’autonomie : l’autre problème de taille
Sur le papier, le Tineco Pure One A90S promet jusqu’à 105 minutes d’autonomie. Soyons honnêtes, c’est un chiffre qu’on ne verra jamais en usage normal, puisqu’il correspond au mode éco couplé à la brosse 2-en-1, soit la configuration la moins énergivore de sa fiche technique. Avec la brosse 3DSense en mode Auto, qui est le mode utilisé 90 % du temps, l’autonomie réelle tourne entre 30 et 50 minutes selon la surface et le niveau de saleté détecté. Suffisant pour un appartement de 70 m², un peu juste pour une grande maison. Sur nos 100 m², il est nécessaire de couper le ménage en deux sessions distinctes, avec un temps de recharge entre les deux.
La bonne nouvelle, c’est que la batterie est amovible d’une simple pression, ce qui permet d’en acheter une seconde pour doubler l’autonomie. C’est une solution efficace, mais qui a un coût supplémentaire. La recharge complète quant à elle, prend un peu plus de deux heures, et le chargeur se branche uniquement sur la station. Là aussi, on a vu mieux en matière de discrétion.

Entretien sans contact
La technologie ScrapeRing est l’une des innovations les plus concrètes du A90S, et c’est l’un des points que nous avons le plus apprécié pendant notre test. Lors du vidage du bac, une bague interne racle les parois et pousse les déchets vers le bas, limitant très nettement les projections de poussière. Ce n’est pas parfait et ne remplace pas la station de vidage automatique que Tineco propose sur d’autres modèles de la gamme, mais c’est nettement plus propre que chez la concurrence directe. La filtration HEPA se démonte en quelques secondes, les filtres sont lavables. Tout est propre, rapide et pratique au moment de l’entretien. Il fallait au moins ça pour entretenir le bac à poussière de 0,8L, qui doit régulièrement être vidé.
Prix et disponibilité
Le Tineco Pure One A90S est disponible dès maintenant sur le site officiel de la marque ainsi que chez les principaux revendeurs en ligne, au prix de 699€. Un tarif qui le place directement dans le viseur du Dyson V15 Detect, avec lequel il entretient une rivalité évidente. À ce prix, on est en droit d’attendre un appareil sans compromis, et le A90S s’en approche sans tout à fait y arriver.
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