Prise en main de la Renault Twizy

Le 19 janvier dernier, nous avons eu l’occasion de tester la citadine électrique issue des laboratoires du constructeur Renault : la Twizy.

Parce qu’un Geek des villes ou un Geek des champs est concerné de la même manière par les problématiques écologiques, quoi de plus normal que d’essayer pour vous cette petite (mais vraiment petite) citadine munie d’une batterie au lithium-ion.

La Twizy est un compromis, tel a été le maître mot de Renault lors de la conception de ce véhicule électrique, entre un scooter et une petite citadine (ou un quad au choix) bien connue des résidents des grandes agglomérations (la Smart pour ne pas la citer). Disponible en deux versions, cette « voiture » est au choix équipée d’un moteur électrique de 20Ch (15kW, jusqu’à 80km/h) dans la version avec permis et de 5Ch (4kW, jusqu’à 50km/h) dans sa version sans permis. Avec un poids de seulement 450Kg, la Twizy bénéficie d’une autonomie effective de 100 kilomètres. Signalons que la voiture est fabriquée en Espagne presque entièrement « à la main » (trés peu de robots utilisés contrairement aux autres voitures).


Lorsque nous avons pu apercevoir pour la première fois la Renault Twizy, nous avons été surpris de la relative étroitesse de l’habitacle sachant que nous étions face à la version « sans portes » de la Twizy, car oui, il existe ainsi deux variantes : l’une possédant des demies-portes en élytre (s’ouvrant vers le haut, sans vitres) et l’autre dépourvue de ces portes et laissant ainsi la place à des barres de renfort afin d’assurer la sécurité des occupants. L’habitacle donc, étroit certes, mais pas moins fonctionnel pour autant, à la manière d’un scooter le passager sera situé juste derrière le conducteur (le privant au passage d’un espace de rangement qui se font rare sur la Twizy). La visibilité offerte par l’ajournement des deux côtés de la Twizy est bienvenue surtout que les créneaux ne seront pas le point fort de la petite citadine, point de rétroviseur ou de vitre arrière sur cette dernière il va falloir, à la manière d’une moto pencher la tête et juger de la distance.

Vidéo de la Renault Twizy en action

Au chapitre des reproches, bien que sécurisante, la Twizy aura du mal à s’imposer notamment dans le trafic parisien lorsqu’il s’agira de jouer des coudes pour se frayer un chemin en pleine heure de pointe. Le véhicule est bas, très bas, et bien que nous ne l’ayons testé que sur circuit, nous imaginons déjà les difficultés que pourraient représenter le manque de visibilité en plein embouteillage…

Ensuite, les portes en option : Renault nous a affirmé que les barres de renfort censées remplacer les portes en l’absence de l’option adéquate étaient en mesure d’assurer une protection tout à fait correcte aux passagers de la Twizy, des réserves sont là aussi à observer surtout lorsque l’on constate les dégâts d’un simple choc à 30Km/h sur un véhicule traditionnel. Sans compter bien évidemment les déconvenues liées aux intempéries, à l’instar d’un scooter, Renault livre une « jupe » à placer sur les ajournements du véhicule et qui font office de protection contre la pluie, nous n’avons pas été en mesure de tester le dispositif, mais quid du froid et de la poussière ? Car sans, nous avons par contre testé (voir photos) et autant vous dire que conduire sans portes par 3°C c’est spécial…

Au niveau de la sécurité toujours, la version sans portes offre certes une vision légèrement accrue des environs, mais procure un sentiment d’insécurité dans certaines situations : arrêté à un feu rouge à 22h il est (malheureusement) très aisé pour une personne mal intentionnée d’avoir accès au conducteur, à ses effets personnels voire carrément au véhicule si tant est que ce soit l’objectif de l’individu en question. Ici pas de fermeture centralisée ni de vitres prudence donc. Par contre, quand la voiture est à l’arrêt, quand elle est garée, il y a un système de blocage des roues et d’antivol comme grosso modo sur un scooter.

Enfin, son prix en fera réfléchir plus d’un, à 6 990 TTC hors avantages fiscaux et subventions éventuelles, la Twizy devra proposer davantage qu’un coût d’entretien réduit afin de faire oublier son tarif élevé tributaire d’une technologie encore peu répandue sur ce segment de marché. Renault visant un public jeune, il faudra à notre avis revoir ce tarif à l baisse !

Pour les bonnes choses maintenant : Nous avons testé les deux versions de la Twizy, 20Ch et 5Ch, les accélérations sont étonnamment franches, la conduite a un seul pied (il n’y a pas d’embrayage sur la Twizy) est un vrai régal et elle offre une maniabilité que l’on ne rencontre sur aucun autre véhicule du marché (à moins que vous ne conduisiez un kart pour aller au bureau, mais ceci est une autre histoire).

La Twizy vous fera réaliser des économies substantielles et c’est peu de le dire en matière de dépenses en carburant : si vous habitez en proche banlieue voire carrément en ville vous ne devriez pas avoir de mal à trouver une borne de rechargement électrique (Autolib serait compatible à Paris), et si cela n’était pas le cas, tout est pensé pour pouvoir la recharger chez soi. Avec une autonomie de 100 Kilomètres, vous devriez être à même de réaliser les tâches du quotidien (en gardant malgré tout un œil sur le compteur). Par contre, Twizy n’est pas homologuée pour rouler sur autoroute, il vous faudra donc emprunter des itinéraires bis si vraiment vous voulez effectuer de « longs » trajets.

En ce qui concerne les coûts d’entretien, sachez qu’ils sont moins élevés ramenés à l’année qu’un scooter et même si la location de la batterie est obligatoire (à partir de 50€ par mois), Renault propose une assistance à vie (comprendre tant que vous payez votre loyer donc) qui inclus le dépannage si vous tombez en panne d’énergie et les réparations éventuelles. Notez que lors de l’achat d’une Twizy, vous êtes engagé, comme pour un forfait téléphonique, sur une période de 12 mois renouvelables.

En conclusion, après l’enthousiasme des premiers tours de piste, il faut admettre que la Renault Twizy est un produit qui arrive sur un marché où la concurrence est bien armée, entre les scooters à deux et trois roues, les voitures « low-cost » plus polyvalentes et les nouvelles voitures électriques ainsi que celles sans permis, qui occupent désormais le paysage parisien, on a du mal à trouver LE critère qui nous ferait pencher (en tout cas à ce prix) pour la petite électrique de Renault.
C’est donc un paris audacieux du constructeur français qui pourrait s’avérer payant dans certains cas et certaines utilisation, mais bien compliqué dans d’autres. Car la Twizy a tout de même « le cul entre deux chaises » (pardonnez-nous l’expression). Par contre, le prochain modèle de la gamme Z.E. nommé Zoe devrait être beaucoup plus intéressant pour ceux qui recherchent une véritable voiture électrique.

NB: la Twizy fait partie de la gamme Z.E. (Zéro Émission) de Renault et n’est donc pas la seule électrique du constructeur français. Par contre, c’est la seule de la gamme qui n’est pas connectée ! En effet, les autres modèles embarquent une carte SIM qui dialogue Renault pour fournir des informations sur la consommation et l’état de la batterie. De plus, ces véhicules sont Bluetooth, ce qui permet via une application mobile (iPhone, Android) d’avoir certaines fonctionnalités inédites (état de la batterie, planification de charge, état du véhicule, etc).