La Turquie lève l’interdiction sur Youtube

Général

Par Elodie le

Après des mois de guerre larvée entre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan et les réseaux sociaux, la levée du blocage de Youtube a été requise par la Cour Constitutionnelle après 67 jours d’interdiction.

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Bis repetita. Après Twitter, la Cour Constitutionnelle turque a eu à se prononcer sur l’interdiction frappant Youtube et décidée par le gouvernement. Comme précédemment, celle-ci a demandé la levée de l’interdiction jeudi dernier la jugeant contraire aux droits et libertés individuelles. Mais ce n’est que ce mardi 3 juin, en fin de journée, que la plateforme était à nouveau rendue accessible, selon un membre du cabinet du 1er ministre interrogé par Reuters
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Les raisons de la colère étaient à trouver du côté de la diffusion de plusieurs enregistrements pirates, sur le site de partage de vidéos et Twitter. Ces enregistrement mettraient au jour un vaste scandale de corruption impliquant Erdogan, son fils mais également des membres de son gouvernement alors en pleine campagne pour les municipales. Municipales décisives pour le régime et remportées haut la main. Recep Erdogan avait alors dénoncé des faux pour mettre en cause sa probité.

Un impératif de « sécurité nationale » avait par ailleurs été prétexté par le gouvernement pour justifier l’interdiction de Youtube, le compte rendu d’une réunion secrète autour d’un scénario devant aboutir à une intervention militaire en Syrie était notamment présent sur ces enregistrements pirates.

Récemment Recep Tayyip Erdogan a accusé les médias étrangers d’espionnage. En pleine commémorations du premier anniversaire du soulèvement de Gezi, fronde contre le gouvernement, des violences ont éclaté samedi à Istanbul entre les manifestants et les forces de l’ordre. Un journaliste de CNN a même été arrêté en direct avant d’être relâché peu après. Néanmoins, le Premier ministre a déclaré devant les députés de son parti :

« Le larbin de CNN […] a été pris en flagrant délit ». Toujours selon lui, les médias étrangers « n’ont rien à voir avec la liberté de la presse. Ils ont une mission, ils agissent comme des espions […] Les médias internationaux qui sont arrivés à Istanbul pour lancer des appels provocants et exagérés sont repartis bredouilles« 

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