Deux petites sondes qu’on croyait perdues ont été retrouvées autour de la Lune

Espace

Par Henri le

Il peut paraître difficile, voir impossible de retrouver une place dans l’immensité (relative!) de notre système solaire. Mais en cherchant avec les bons outils, on peut forcer les miracles.

Il n’est pas si rare de perdre des sondes pour les différentes agences spatiales dans le monde. C’était d’ailleurs le cas de la Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO)de la NASA ainsi que de son équivalent indien Chandrayaan-1. Lancées en 2009 et 2008, elles ont été placées en orbite autour de la lune pour en étudier la surface avec précision.

Perdues en orbite

L’organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO) avait perdu contact avec Chandrayaan-1 en aout 2009, un an à peine après son départ. Le LRO était lui resté actif, mais les retrouver semblait extrêmement compliqué d’autant plus que ces appareils mesurent à peine plus de 1,50 mètre. La reconnaissance est en effet dérangé par de nombreux débris, mais aussi par l’éblouissement lunaire. Il est donc particulièrement délicat à repérer pour des télescopes optiques terrestres, situés à 380 000 km de distance.

La sonde LRO / Crédits : ISRO

Grâce à une nouvelle technique de radar, des ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) ont réussi à les repérer depuis la Terre. Ils ont pour cela utilisé la gigantesque antenne de l’observatoire de Goldstone Deep Space Communications (en Californie) pour envoyer un important faisceau de micro-ondes directement vers le pôle Nord de la lune. Les chercheurs avaient estimé que la sonde indienne se trouvait environ 200 kilomètres au dessus de la surface.

L’antenne de l’observatoire de Goldstone / Crédits : Wikimedias

Une idée ingénieuse

En rebondissant sur notre satellite naturel, les échos radar ont pu confirmer sa présence. Le petit engin spatial traversait le chemin des micro-ondes toutes les quatre heures, soit la période orbitale complète de Chandrayaan-1. La même technique a permis de relocaliser LRO, même si la tâche était plus simple puisque la NASA disposait de données plus précises grâce au navigateur de la mission. Marina Brozovic, une des scientifiques du JPL, a évoqué ce travail laborieux.

 » Trouver (la position) de LRO était relativement simple, car nous travaillions avec les navigateurs de la mission et possédions des données précises concernant son orbite […] Trouver Chandrayaan-1 a demandé plus de travail, car le dernier contact avec le vaisseau avait eu lieu en août 2009 « 

La NASA a donc littéralement su retrouver une aiguille dans une botte de foin.