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Test Mouse P.I For Hire : tellement plus qu’une simple copie de Mickey

Le jeu indé qui surfe sur l’arrivée du tout premier Mickey dans le domaine public est en fait tellement plus que ça. Il a de quoi en faire tout un fromage.

Voilà un titre que j’attendais avec une curiosité teintée d’un scepticisme certain. Quand le premier trailer de Mouse a débarqué en 2023, j’ai immédiatement pensé à un cash grab facile profitant de l’arrivée du tout premier Mickey Mouse dans le domaine public. Steamboat Willie, le court-métrage Disney de 1928 qui a mis Mickey sur la carte, est tombé dans le domaine public début 2024. Depuis, le web s’est rempli de projets plus ou moins inspirés qui recyclent l’image de la célèbre souris en noir et blanc. Un jeu de tir à la première personne avec un ersatz de Mickey qui dézingue des gangsters ? J’avais un peu rangé Mouse P.I. For Hire dans cette case-là, celle du pastiche malin, mais opportuniste. Finalement j’avais tort, et j’en suis ravi.

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Un hommage à Mickey ? Oui, mais pas que

Les références à Mickey et à l’ère des cartoons animés des années 20-30 sont omniprésentes dans Mouse P.I. For Hire. Les ennemis ont des têtes rondes expressives sorties tout droit d’un dessin animé de Disney. Les animations en rubber hose, ce style où les personnages n’ont pas d’os rigides et se contorsionnent dans tous les sens, sont absolument fidèles à l’époque. Tout ça est assumé et revendiqué.

Mouse P.I For Hire
© PlaySide Studios

Mais le studio derrière le jeu fait quelque chose de bien plus intelligent qu’une simple copie nostalgique. Il prend cette esthétique comme point de départ pour construire quelque chose d’original, avec une vraie identité et une vraie ambition. Très vite, j’ai arrêté de penser à Mickey pour penser à Cuphead, évidemment, dont la filiation est évidente, mais aussi à Bioshock Infinite, pour cette sensation d’être plongé dans un monde cohérent, avec sa propre histoire, sa propre politique, ses propres tensions sociales. Il reprend aussi les codes de Doom, pour la façon dont le jeu nous met sous pression permanente en combat. Trois références qui n’ont a priori rien à voir entre elles, et pourtant Mouse P.I. For Hire réussit à les faire coexister.

Bienvenue à Mouseburg

L’histoire se déroule dans la ville de Mouseburg, peuplée exclusivement d’animaux anthropomorphes. Vous incarnez Jack Pepper, un ancien héros de guerre reconverti en détective privé, dont la voix est assurée par Troy Baker, une valeur sûre dont la voix est présente dans beaucoup des plus grands jeux vidéo de l’histoire (The Last of Us, Uncharted, World of Warcraft pour ne citer qu’eux). Une affaire de personne disparue va rapidement l’entraîner dans un complot beaucoup plus profond, sur fond de corruption politique, de crime organisé et de tensions raciales entre les souris et les musaraignes, une métaphore à peine voilée de dynamiques de domination et de persécution qui rappellent nos heures les plus sombres. C’est assumé et ça donne du poids à l’histoire.

L’écriture est globalement excellente. Les dialogues sont vifs, les personnages sont charismatiques, et le jeu assume pleinement ses références au roman noir avec ses femmes fatales, ses politiciens véreux et ses journalistes tenaces. Mieux encore : tous les dialogues sont intégralement doublés. Dans un jeu indie, c’est loin d’être acquis, et ça fait une vraie différence dans l’immersion. Troy Baker porte Jack Pepper avec un charme naturel, et les personnages secondaires sont globalement bien écrits. L’humour, lui, repose énormément sur les jeux de mots fromagés, et le jeu est suffisamment conscient de son propre ridicule pour que ça fasse sourire plutôt qu’agacer. C’est bête, c’est bien joué, et ça colle parfaitement au ton général.

Du Doom avec des gants blancs

Côté gameplay, Mouse P.I. For Hire est avant tout un très bon FPS. Comme Doom, le jeu pousse à rester en mouvement constant, en utilisant le double saut et le dash pour traverser les niveaux à toute vitesse tout en vidant nos chargeurs sur des gangsters, des flics corrompus et autres cultistes. La sensation de tir est franchement satisfaisante. La sensation de tir et excellente, et le jeu propose une ribambelle d’armes allant de la classique mitrailleuse à camembert aux les plus exotiques qui réservent de bonnes surprises.

Les environnements regorgent d’opportunités tactiques typiquement cartoon. On y trouve des barils explosifs à ramasser et lancer, des pianos à queue et des enclumes suspendus au plafond qu’on peut faire tomber sur les ennemis, des animations de mort exagérées qui voient les adversaires se transformer en tas de cendres avec des yeux qui clignent. C’est fun et bien équilibré. Petite réserve tout de même sur la gestion des soins où le jeu est franchement généreux en potions et items de récupération, au point de réduire la pression que les combats sont censés exercer. Sur les trois niveaux de difficulté disponibles, il m’est rarement arrivé de me sentir en vrai danger sur les phases de tir classiques. Les boss fights, en revanche, sont une autre histoire. Inventifs, bien construits, exigeant sans être frustrants, ils constituent clairement les moments forts du jeu.

Autre point à soulever quand même, il y a une certaine redondance dans le level design, avec des environnements qui se ressemblent un peu trop. Ce n’est pas rédhibitoire, mais après des niveaux aussi variés que l’opéra, le marécage ou les studios de cinéma, la fatigue des bâtiments de type habitation se fait légèrement sentir.

On a mené l’enquête… enfin pas tant que ça

Mouse P.I. For Hire a la particularité de vouloir être aussi un jeu d’enquête. Entre les missions, on revient au bureau de Jack pour épingler vos indices sur un tableau de liège, les relier entre eux et faire avancer l’investigation. Sur le papier c’est une excellente idée, qui aurait pu donner quelque chose dans la veine d’un L.A. Noire ou au moins d’un jeu narratif classique. En pratique, c’est malheureusement le fromage moisi du jeu.

Premier problème, les indices sur le terrain sont systématiquement signalés par une icône bien visible. Il n’y a aucune exploration active, aucune déduction de notre part, il suffit de suivre les icônes. Deuxième problème, une fois de retour au bureau, le processus d’épinglage est largement automatisé. Jack place les preuves sur le tableau tout seul, les relie sans vraiment demander notre avis.

Tout est dans l’affinage

Là où Mouse P.I. For Hire impressionne vraiment, c’est dans sa finition et dans l’amour du détail qu’il dégage. Le jeu propose une carte interactive en vue de dessus dans laquelle on conduit pour se déplacer entre les missions et les points d’intérêt de la ville plutôt qu’un simple écran de chargement. C’est charmant, cohérent avec l’univers, et ça donne une vraie sensation de vie à Mouseburg.

Mouse P.I For Hire
© PlaySide Studios

Les animations à la première personne de Jack sont impeccables. Ça passe des mains du personnage, les rechargements, les transitions entre les armes, tout est dessiné dans le même style rubber hose et animé avec un soin particulier.

Le jeu propose également plusieurs modes d’affichage, avec des filtres visuels et audio qui simulent différentes expériences pour se rapprocher des l’expérience des années 30 avec le grain, le vieillissement de l’image, ou la saturation sonore comme sur une vieille bobine. C’est le genre de détail qui distingue un jeu fait avec soin d’un jeu simplement bien exécuté.

Le jeu propose aussi de nombreux secrets cachés dans les niveaux, des quêtes secondaires qui développent les relations de Jack avec les habitants de Mouseburg et un mini-jeu de cartes de baseball jouable au bar du coin. Tout ça forme un ensemble cohérent et généreux.

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Mon seul regret ici est que le jeu n’est pas compatible avec les résolutions ultrawide. Pour les joueurs équipés d’un écran 21:9 ou plus large, ça oblige à jouer avec des bandes noires sur les côtés ou à rogner l’image. C’est un peu hommage même si ce n’est pas rédhibitoire.

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Notre avis

Mouse P.I. For Hire m’a vraiment surpris. Là où j’attendais un exercice de style opportuniste, j’ai trouvé un vrai jeu cohérent et bourré de personnalité. Oui, Steamboat Willie est dans l’ADN du projet. Oui, les références à Mickey sont nombreuses et assumées. Mais Fumi Games n’a pas fait un simple pastiche, il a construit un univers, une histoire, avec des mécaniques de jeu qui tiennent la route bien au-delà du premier regard. Le jeu est fun, beau à regarder, drôle au bon moment, et suffisamment ambitieux pour marquer les esprits au-delà de son style visuel.

Ce n’est pas parfait. La partie enquête reste en deçà de son potentiel, le level design fatigue un peu, et les écrans larges sont laissés sur le carreau. Mais dans l’ensemble, Mouse P.I. For Hire est l’une des belles surprises indie de ce début d’année, et clairement un des FPS les plus originaux de 2026.
Note : 8  /  10

Les plus

  • Style visuel
  • Sensation de tir très satisfaisante
  • Troy Baker au top en tant que Jack Pepper
  • Tous les dialogues intégralement doublés
  • Humour et jeux de mots bien dosés
  • Souci du détail

Les moins

  • Pas compatible écrans ultrawide
  • Partie enquête sous-exploitée
  • Level design qui se répète un peu

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