Free poursuit son inexorable chute et continue de perdre des abonnés

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Par Remi Lou le

Les abonnés Free ont continué de quitter le navire durant le dernier trimestre, et ce même si l’opérateur se félicite de bons résultats, notamment grâce à son lancement en Italie.

Crédits : Iliad

La débandade continue pour Free, celui qu’on appelait autrefois le « trublion des télécoms ». Les résultats du deuxième trimestre sont tombé pour l’opérateur, et ne font que confirmer une hémorragie qui ne ralentit plus depuis le début de l’année dernière, révèle aujourd’hui Les Echos. Ainsi, l’entreprise gérée par Xavier Niel a perdu près de 77 000 abonnés mobile et 15 000 abonnés Freebox au trimestre qui s’achève. Au total, l’opérateur affiche une lourde perte de plus de 500 000 abonnés depuis début 2018. Pourtant, malgré une perte assez conséquente d’abonnés, le groupe affirme que « le premier semestre se caractérise par un retour à la croissance », le chiffre d’affaires ayant malgré tout augmenté de +8% sur les six premiers mois de l’année, notamment grâce au lancement en Italie. Hélas, cela ne suffit pas à calmer les inquiétudes, puisque le groupe Iliad, maison mère de l’opérateur, a enregistré un lourd recul de 60% de son bénéfice net au premier semestre.

Pourquoi une telle chute ?

Si Free avait fait sensation lors de son arrivée en 2012, c’est notamment en offrant aux consommateurs un forfait qui n’existait nul part ailleurs : celui à 2 euros avec deux heures d’appels et 50 Mo de data. Sauf qu’aujourd’hui, ce type de forfait n’est plus tellement prisé en raison de son faible taux en données mobile, et car la concurrence a dégainé des forfaits toujours plus agressifs venant déloger le forfait presque illimité à 19,99 euros de son piédestal, jusqu’à offrir mieux, pour moins cher. On peut également mentionner le réseau de l’opérateur, longuement critiqué pour sa qualité laissant à désirer. Encore aujourd’hui, Free accuse un sérieux retard côté couverture, avec seulement 13 000 sites 4G actifs au début du mois d’août, quand l’opérateur historique Orange en compte plus de 20 000.

Free a bien une stratégie, en souhaitant échapper à son statut d’opérateur qui casse les prix pour proposer une offre plus qualitative. En témoigne sa dernière box haut de gamme, la Freebox Delta, son débit jamais vu de 10 Gb/s et sa panoplie d’accessoire pour la maison connectée. Pourtant, son prix élevé (mais pas tant que ça au vu des spécifications annoncées) semble avoir refroidi aussi bien les consommateurs que les actionnaires, alors que le cours de l’action d’Iliad a perdu la moitié de sa valeur en l’espace d’un an et demi.

Crédits : Iliad