Cette « bête folle » était peut-être le plus gros mammifère vivant à l’ère des dinosaures

Science

Par Felix Gouty le

Adalatherium, surnommée la « bête folle », possède un crâne et une dentition jamais vu chez un mammifère. Cet animal préhistorique, semblable au blaireau, vivait à la fin de l’ère des dinosaures sur une île qui allait devenir Madagascar.

Crédits : Denver Museum of Nature & Sciences.

Il n’a l’air de rien en comparaison des monstres reptiliens dont il se cachait, mais cet animal préhistorique était néanmoins sans doute l’un des plus grands représentants des mammifères de son époque. Dans une récente étude scientifique publiée dans la prestigieuse revue Nature, des paléontologues américains, australiens, malgaches et allemands décrivent une nouvelle espèce de mammifère préhistorique qu’ils qualifient de mammifère du Gondwana (l’un des deux super-continents terrestres, à l’origine de l’Afrique et de l’Amérique du Sud) le plus grand du Mésozoïque (l’ère des dinosaures) découvert à ce jour. Ils l’ont nommé Adalatherium hui, ou « bête folle » (voir en mouvement, ci-dessous). Un crâne très complet de cet animal semblable au blaireau a été trouvé à Madagascar et a été daté d’au moins 66 millions d’années avant notre ère, soit à l’extrême fin du Crétacé et des dinosaures.

Si les paléontologues ont appelé l’Adalatherium la « bête folle », ce n’est pas pour rien : la structure de son crâne, et plus particulièrement de sa dentition, n’a apparemment rien de comparable avec le reste des mammifères. « Les dents de cet animal sont incomparables », souligne même Guillermo Rougier, chercheur à l’université de Louisville, dans le Kentucky. « La classification des mammifères préhistoriques dépend beaucoup de la morphologie dentaire, qui nous permet d’en savoir plus sur leur parenté, leur régime alimentaire et leur environnement, mais dans le cas d’Adalatherium, cette morphologie est si bizarre qu’on a du mal à le caser avec le reste des mammifères. » De plus, le museau d’Adalatherium présente aussi un nombre de cavités crâniennes jamais vu chez un autre mammifère, ce qui conduirait à penser qu’il était bardé de nerfs et devait être ainsi ultra-sensible.

Madagascar : théâtre d’une évolution à part ?

Selon les chercheurs, ces bizarreries anatomiques proviendraient du fait que cet animal a évolué dans un milieu insulaire (qui finira par devenir l’île de Madagascar) et donc face à de nombreuses contraintes. Séparées de certaines ressources et des effets de certains écosystèmes continentaux, les espèces insulaires sont en effet connues pour s’adapter, souvent de manière très originale, pour survivre. De retour de Madagascar en 1771, le naturaliste français Philibert Commerson avait notamment qualifié l’île de véritable « terre promise » pour les biologistes : « c’est là que la nature semble s’être retirée dans un sanctuaire particulier pour y travailler sur d’autres modèles que ceux auxquels elle s’est asservie ailleurs. Les formes les plus insolites et les plus merveilleuses s’y rencontrent à chaque pas. »

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