Une baleine préhistorique à quatre pattes découverte au Pérou

Science

Par Julie Hay le

Cet animal de 42.6 millions d’ années permet de découvrir comment ces cétacés ont atteint l’Amérique. Le squelette de l’animal permet de compléter le tableau de l’évolution des cétacés.  

Sur la côte pacifique au sud de Lima, le squelette d’un cétacé quadrupède de 4 mètres de long a été retrouvé. Ce spécimen est le plus vieux jamais retrouvé au Nouveau Monde et permet de mieux comprendre l’évolution de ces animaux et leurs déplacements.

Une loutre préhistorique

Les parties des pattes avant et arrière, ainsi que les doigts retrouvés par les scientifiques, permettent de mieux comprendre le comportement de ces animaux. Capables de marcher et de nager, les spécimens se déplaçaient vraisemblablement à la façon des loutres, en s’aidant de leur large queue. “L’anatomie des premières vertèbres caudales rappelle celle de mammifères amphibies comme les loutres et les castors” explique Olivier Lambert, le paléontologue qui a découvert le fossile. En plus de sa queue, l’animal était doté de longs doigts palmés qui lui permettait d’être encore plus à l’aise dans l’eau. Cette découverte constitue une avancée énorme pour la paléontologie puisque jusqu’ici, les squelettes retrouvés ne permettaient pas de savoir si l’animal était capable de marcher.

Un voyage de 1300 km

Si les chercheurs ont longtemps pensé que les baleines avaient atteint le continent américain par le Groenland, la découverte de ce spécimen élimine complètement cette hypothèse. La baleine du Pérou aurait traversé l’Atlantique depuis la côte africaine pour arriver en Amérique du Sud. Les continents étant deux fois plus rapprochés à cette période, son voyage aurait duré 1 300 km. Certains animaux amphibiens sont ensuite remontés vers l’Amérique du Nord et ont donné naissance à des basilosauridés, aux pattes très réduites. Leur évolution les a rendu complètement aquatiques. Deux groupes de cétacés vont émerger ensuite, les mysticètes (baleines à bosse, rorquals ou baleines à franches…) et les cétacés à dents(dauphins, marsouins et cachalots).

La côte péruvienne réserve encore beaucoup de surprises aux paléontologues selon Olivier Lambert. “C’est du travail pour au moins les 50 ans à venir”.